Bowling for Columbine est le dernier documentaire du pétillant Michael Moore. Celui-ci s'attaque cette fois au deuxième amendement en prenant pour point de départ la fusillade de lycée de Columbine. Le résultat est édifiant, on passe de l'hilarité à la consternation au fur et à mesure des interviews. Michael pose les bonnes questions et poussent ses "victimes" dans leur retranchement, même Charlton Heston président de la puissante "National Rifle Association" ne parvient pas à s'en dépétrer. Mon seul bémol sera le ton un peu trop partisan du réalisateur/producteur. Sa démonstration aurait gagné en impact s'il avait fait preuve d'un peu plus de recul.
C'est jubilatoire, forcément. Un américain qui s'aligne les fous de la gachette pendant 90 minutes, c'est forcément jouissif. C'est aussi un film extrèmement habile: Michael Moore joue à merveille de son personnage de 'beauf' américain auto-revendiqué, mais pendant que l'on se focalise là-dessus, utilise avec une maîtrise consommée les finesses du montage. L'interview du frère d'un des terroristes d'Oklahoma City est très révélatrice: on commence dans la banalité de considérations sur un champ de soja bio, et on passe progressivement à la parano la plus hallucinée. Le tout saucissoné par d'autres séquences. Très efficace. Tout comme le son des enregistrement de tragédies sur fond noir ou split-screen. Et ça marche très bien: la succession de franche rigolade (ah, l'histoire des USA par South Park), d'interviews revoltantes de pro-guns et l'enquête "bon enfant" de Moore donne un film qui évite de sombrer dans le second degré ou l'apitoiement. C'est aussi la grande limite du film: Moore manie à merveille un style de montage qui est très similaire à celui des grands divertissements TV, celui-là même qu'il atomise dans son documentaire. On se fait balader d'un bout à l'autre, dans des interviews et mise en scène qui ne laissent finalement aucune chance au parti adverse, sans avoir le temps de souffler ou réfléchir. Et on en redemande. On sort avec l'impression d'un grand défrichage, et l'envie d'en savoir plus (en particulier sur la différence USA/Canada pour la violence, ou la 'culture de la peur'): Michael Moore n'est pas pédagogique, juste polémique, et c'est déjà pas mal. J'ai du mal me souvenir quand j'ai pu voir un film français aussi ouvertement engagé et politique. Pour ça aussi, "Bowling for Columbine", malgré ses défauts, est captivant.
Haaaaaaa, ça fait du bien, d'avoir un autre son de cloches sur les USA. Comprenons nous bien : ce film est partisant et militant, et il serait inquétant de se faire une opinion en se basant sur lui seul. Michael Moore y traite de la problématique de la violence liée aux armes à feu aux Etats Unis, sans se focaliser uniquement sur le 2nd amendement de la consitution des USA mais en montrant que le problème est bien plus vaste et plus complexe.
C'est aussi un film extrèmement habile: Michael Moore joue à merveille de son personnage de 'beauf' américain auto-revendiqué, mais pendant que l'on se focalise là-dessus, utilise avec une maîtrise consommée les finesses du montage. L'interview du frère d'un des terroristes d'Oklahoma City est très révélatrice: on commence dans la banalité de considérations sur un champ de soja bio, et on passe progressivement à la parano la plus hallucinée. Le tout saucissoné par d'autres séquences. Très efficace. Tout comme le son des enregistrement de tragédies sur fond noir ou split-screen. Et ça marche très bien: la succession de franche rigolade (ah, l'histoire des USA par South Park), d'interviews revoltantes de pro-guns et l'enquête "bon enfant" de Moore donne un film qui évite de sombrer dans le second degré ou l'apitoiement.
C'est aussi la grande limite du film: Moore manie à merveille un style de montage qui est très similaire à celui des grands divertissements TV, celui-là même qu'il atomise dans son documentaire. On se fait balader d'un bout à l'autre, dans des interviews et mise en scène qui ne laissent finalement aucune chance au parti adverse, sans avoir le temps de souffler ou réfléchir. Et on en redemande.
On sort avec l'impression d'un grand défrichage, et l'envie d'en savoir plus (en particulier sur la différence USA/Canada pour la violence, ou la 'culture de la peur'): Michael Moore n'est pas pédagogique, juste polémique, et c'est déjà pas mal.
J'ai du mal me souvenir quand j'ai pu voir un film français aussi ouvertement engagé et politique. Pour ça aussi, "Bowling for Columbine", malgré ses défauts, est captivant.
Comprenons nous bien : ce film est partisant et militant, et il serait inquétant de se faire une opinion en se basant sur lui seul.
Michael Moore y traite de la problématique de la violence liée aux armes à feu aux Etats Unis, sans se focaliser uniquement sur le 2nd amendement de la consitution des USA mais en montrant que le problème est bien plus vaste et plus complexe.