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Anything Else
Woody Allen

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2003-11-02
UGC Forum - Encore un bon Woody ! Et pourtant rien de nouveau :) Si ce n'est que le personnage central est campé par Jason Biggs, qui "reprend" comme Keneth Brannagh en son temps, le personnage d'intellectuel torturé que joue d'habitude Allen. Le maître est pourtant dans le film, mais dans un rôle plus périphérique de mentor.
Après bien sûr les ingrédients habituels sont là : les dialogues au cordeau, les séances de psychothérapie aussi. La narration, au premier degré, est peut-être inédite chez Allen : Jason Biggs interrompt régulièrement la scène en cours pour la commenter en face caméra.
En quelques mots, très réussi, même si il n'est qu'une pièce du puzzle...
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2003-11-16
Et encore un Woody Allen, qui n'a vraiment pas grand chose pour le distinguer d'un autre Woody Allen, hormis le rôle du pourvoyeur de bons mots psychanalysé et un peu gauche avec les femmes est divisé en deux personnages (d'humoristes), Woody Allen et un jeune disciple. Et ce passage de relais est décidemment tout sauf intéressant: les dialogues tournent à vide, on se fiche un peu de l'un et de l'autre. Allen essaie de tirer son personnage vers un terrain un rien différent en jouant un parano (mais toujours professeur d'université juif hein, ne bouleversons pas tout).
Reste une jolie idée de mise en scène: la voix "off" portée par le personnage à l'écran, et souvent dans la continuité de la scène ou en aparté. Casse-gueule mais réussi.
Finalement, les seuls à s'en sortir sont Danny DeVito en agent incompétent et surtout, surtout Christina Ricci, en fille complètement névrosée, mangeuse d'hommes, flanquée d'une mère tout aussi frappée, volage, libidineuse, en manque d'amour, superbe.
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2003-10-29
Allez, un petit avis pour dire que je pense que je considère Anything else comme un excellent Woody, l'un des meilleurs depuis bien longtemps.
Tout d'abord, une petite précision pour Kali, la narration à la première personne était déjà présente dans Annie Hall.

L'originalité de ce Woody ne réside pas dans sa forme, certes très proche d'Annie Hall ou de Manhattan, mais plutôt dans la dualité qu'il crée entre les deux personnage de Jerry et celui de Dobel (dont le nom ne nous cache pas qu'il est conçu comme un "double" vieilli du premier, impression confirmée par l'anecdote du taxi).

Le film - en utilisant habilement des éléments connus dans les précédents films du cinéaste - part pourtant dans une direction moins explorée jusqu'à présent. Plus qu'un mentor, Dobel est une sorte d'apparition pour Jerry. Il jouera à la fois le rôle de guide - en lui ouvrant les yeux sur ses erreurs, en lui montrant que sa vie est en train de s'engager dans une impasse - et de repoussoir, par ses accès paranoïaques (ici, il ne s'agit plus d'humour comme dans Annie Hall mais bien de névroses dangereuses).

Ainsi Dobel joue - tel le fantôme des Noël passés du Conte de Dickens - un rôle de catalyseur pour engager Jerry à reprendre sa vie en main, à éviter la dérive. Cette dimension de conte n'est pas involontaire, selon moi, car elle trouve un écho visuel dans la dernière apparaition de Dobel sous le pont, véritable arche menant sur une forêt presque irréelle. Dobel apparaît de nulle part et repart tout aussi subitement. Il est plus une projection de la conscience de Jerry qu'un simple ami. C'est par cet artifice que le cinéaste aborde ainsi la question des choix, la nécessité de garder le contrôle sur sa vie sans se laisser mener par faiblesse ou sentimentalisme.

Je pense qu'Anything Else est un film encore sous-estimé et j'espère qu'il prendra avec le temps la place qu'il mérite au sein de la dense filmographie du prolifique et décidément toujours talentueux réalisateur new-yorkais.

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