Bon alors, voila, "le dernier film de" ... Pierre Carles, réalisateur découvert avec "Pas vu pas pris", "La sociologie est un sport de combat" et "Enfin Pris".
En réalité, ça n'est pas véritablement "le dernier film de Pierre Carles" car il n'en est pas le seul réalisateur, le film étant plutôt une succession de diverses séquences : un Jeune Cadre Dynamique dans une boite de télémarketing (il faut le voir pour le croire), plusieurs témoignages de personnes refusant de travailler (suite à des licenciements ou tout simplement suite à une réflexion personnelle), des chansons, des extraits d'un documentaire sur les (ex)employés de Michelin à Clermont-Ferrand et différentes séquences tournées par Pierre Carles justement avec son style inimitable.
Pour ceux qui n'auraient jamais vu de film de Pierre Carles, en gros, Pierre Carles fait réagir des gens sur des idées dont ils ne soupconnent même pas l'existence, pour en tirer des séquences surréalistes.
Dans ce film, on verra donc notre cher Ernest-Antoine Seillières, ce brave Douste Blazy, quelques chefs d'entreprise et Claude Allègre, confit de suffisance béate pour ne pas changer, interrogé à l'université du MEDEF sur cette question : "Certaines personnes aujourd'hui ne veulent plus travailler. Qu'en pensez-vous ?"
On y verra aussi Jean-Pierre Raffarin, dans une séquence hallucinante de lavage de cerveau, nous expliquer pourquoi il faut aimer l'entreprise et les patrons. En faisant abstraction du pupitre orné du logo "MEDEF" et du costume, j'ai vraiment eu l'impression d'y voir un prêtre en chaire ou un gourou d'une secte millénariste. Les mots, l'attitude, les gestes, tout y était.
Mais le meilleur de ce film est sans conteste les mots d'une demi douzaine de personnes officiellement "sans activité". Concrètement, à la suite d'une rupture ou d'une réflexion, elles décident qu'elles ne se leveront plus le matin et n'auront plus de chef. Ce qui est assez étonnant dans tous ces témoignages, c'est l'absence de certains thèmes, l'argent, le pouvoir, la réussite sociale, le "tu fais quoi dans la vie ?" et l'humour et la bonne humeur communicative de ces chomeurs heureux, surtout lorsque ces séquences sont mises en contre-point de celles des pontes du MEDEF et de la grisaille de leur costume.
Au final, un film décousu donc, une impression de bric-a-brac, une accumulation de morceaux qui au final, pose plus une question qu'autre chose. Les réalisateurs en sont d'ailleurs bien conscients, ils n'ont pas voulu donner une recette (comment ne plus travailler), le film ne répond pas à plusieurs questions essentielles (que se passe-t-il si personne ne travaille plus, ces gens ne sont-ils pas des profiteurs ?) mais le propos n'est pas de cette nature. Il s'agit plutôt de décrire (il s'agit d'un documentaire après tout) et de faire s'interroger sur cette réalité. Les voies ouvertes par ce film seront justement explorées par le suivant dont la sortie est prévu pour le 1er mai 2004.
Ce film est quand même salutaire, original dans son fond et sa forme (merci la DV pour certaines séquences) et à ce titre pas inintéressant. Sinon, vous avez toujours Matrix 3 hein, si vous avez envie d'aller voir un film mauvais et de vous exclamer "ah bah oui en fait, c'était vraiment mauvais" ...
En attendant, comme le dit si bien le patron des patrons "Monsieur Raffarin, vous avez sifflé la fin de la récréation". Pour info, cette phrase avait été dite par le Général de Gaulle à la fin de Mai 68.
Attention danger film subversif ...
Bon alors, voila, "le dernier film de" ... Pierre Carles, réalisateur découvert avec "Pas vu pas pris", "La sociologie est un sport de combat" et "Enfin Pris".
En réalité, ça n'est pas véritablement "le dernier film de Pierre Carles" car il n'en est pas le seul réalisateur, le film étant plutôt une succession de diverses séquences : un Jeune Cadre Dynamique dans une boite de télémarketing (il faut le voir pour le croire), plusieurs témoignages de personnes refusant de travailler (suite à des licenciements ou tout simplement suite à une réflexion personnelle), des chansons, des extraits d'un documentaire sur les (ex)employés de Michelin à Clermont-Ferrand et différentes séquences tournées par Pierre Carles justement avec son style inimitable.
Pour ceux qui n'auraient jamais vu de film de Pierre Carles, en gros, Pierre Carles fait réagir des gens sur des idées dont ils ne soupconnent même pas l'existence, pour en tirer des séquences surréalistes.
Dans ce film, on verra donc notre cher Ernest-Antoine Seillières, ce brave Douste Blazy, quelques chefs d'entreprise et Claude Allègre, confit de suffisance béate pour ne pas changer, interrogé à l'université du MEDEF sur cette question : "Certaines personnes aujourd'hui ne veulent plus travailler. Qu'en pensez-vous ?"
On y verra aussi Jean-Pierre Raffarin, dans une séquence hallucinante de lavage de cerveau, nous expliquer pourquoi il faut aimer l'entreprise et les patrons. En faisant abstraction du pupitre orné du logo "MEDEF" et du costume, j'ai vraiment eu l'impression d'y voir un prêtre en chaire ou un gourou d'une secte millénariste. Les mots, l'attitude, les gestes, tout y était.
Mais le meilleur de ce film est sans conteste les mots d'une demi douzaine de personnes officiellement "sans activité". Concrètement, à la suite d'une rupture ou d'une réflexion, elles décident qu'elles ne se leveront plus le matin et n'auront plus de chef. Ce qui est assez étonnant dans tous ces témoignages, c'est l'absence de certains thèmes, l'argent, le pouvoir, la réussite sociale, le "tu fais quoi dans la vie ?" et l'humour et la bonne humeur communicative de ces chomeurs heureux, surtout lorsque ces séquences sont mises en contre-point de celles des pontes du MEDEF et de la grisaille de leur costume.
Au final, un film décousu donc, une impression de bric-a-brac, une accumulation de morceaux qui au final, pose plus une question qu'autre chose. Les réalisateurs en sont d'ailleurs bien conscients, ils n'ont pas voulu donner une recette (comment ne plus travailler), le film ne répond pas à plusieurs questions essentielles (que se passe-t-il si personne ne travaille plus, ces gens ne sont-ils pas des profiteurs ?) mais le propos n'est pas de cette nature. Il s'agit plutôt de décrire (il s'agit d'un documentaire après tout) et de faire s'interroger sur cette réalité. Les voies ouvertes par ce film seront justement explorées par le suivant dont la sortie est prévu pour le 1er mai 2004.
Ce film est quand même salutaire, original dans son fond et sa forme (merci la DV pour certaines séquences) et à ce titre pas inintéressant. Sinon, vous avez toujours Matrix 3 hein, si vous avez envie d'aller voir un film mauvais et de vous exclamer "ah bah oui en fait, c'était vraiment mauvais" ...
En attendant, comme le dit si bien le patron des patrons "Monsieur Raffarin, vous avez sifflé la fin de la récréation". Pour info, cette phrase avait été dite par le Général de Gaulle à la fin de Mai 68.