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Immortel (ad vitam)
Enki Bilal

*****
2004-03-28
UGC Forum - Bon, bha 4 étoiles. C'est bien dommage, j'arrive pas à aller à 5. Mais je vais y revenir pour être sur. Bon, alors, quoi qui n'ya dans ce film ? Surtout un univers. Impressionant de richesse et de densité. Beaucoup moins cartoonesque que celui du 5ème élément (on peut pas s'empécher d'y penser et de comparer...) d'un faux réalisme troublant... Technologie automobile presque crédible, des engins volants dimansionés de façon à peu près plausible. Saleté et décrépitude très convaincantes. Au milieu de ça évoluent quelques personnages interprétés en live, d'autres recréés en 3D, en motion capture, ce qui donne quand même un bon gros semblant de réalisme à ces personnages. Et pour une fois, des vrais acteurs. J'avais pas percuté que Charlotte Rampling jouait dans le film, mais c'est une idée lumineuse. Une vraie actrice dans un film de science fiction ! Quelle drôle d'idée. N'empêche que sa présence ancre le film dans le domaine du jeu, des personnage et l'extrait de la contemplation d'un univers si fantastique soit-il. A noter par ailleurs que les deux autres acteurs principaux se tirent plutôt bien de l'exercise, et parviennent réellement à donner une épaisseur aux personnages. Bon, on est pas dans un drame psychologique non plus, mais au moins leur jeu est crédible.
En deux mots, c'est très beau, ca pourrait être plus riche en contenu scénaristique, d'autant qu'on entreapercoit des pans entiers de l'histoire qui pourraient être creusés. Le passé de Nikopol, par exemple. Mais le choix de Billal était visiblement de rester sur le trio Horus Nikopol Jill, et en celà, son choix est cohérent et raisonable... Je vais y revenir pour voir si je peux pas lui mettre 5 étoiles.
Revu le 04/04. 5 étoiles.
*****
2004-03-30
C'est un pari ultra-gonflé et gagné.

Première réussite d'Immortel: éviter le piège de l'adaptation. La BD est inadaptable ? Ok, pas de problème, on fait comme s'il s'agissait d'un récit de troisième main, trituré, réinterprété. Garder l'esprit et non la forme.

Seconde réussite: faire du judo avec les contraintes techniques. Faire des personnages secondaires humains des créations digitales ne peut que paradoxalement renforcer l'émotion autour des personnages principaux, de chair ou non.

Troisième réussite: laisser en suspens. Hormis quelques scènes vaguement d'action très vite désamorcées, Immortel est intimiste, flottant. Horus attend la mort, Jill ne sait ce qui l'attend, Nikopol ne maîtrise rien. Le personnage le plus volontaire étant peut-être celui de Charlotte Rampling, autre passeur, à l'instar de John. Linda Hardy, Thomas Kretschmann sont excellents.

Quatrième réussite: charger, trop charger. Le film regorge de pistes, de lectures, de bribes d'histoires dont très peu sont résolues.

Cinquième réussite: l'humour, tant visuel (les ectoplasmes de salle de bain) que dans le décalage ("j'aime beaucoup ce que vous faites"), les citations (Brazil, ..), l'ironie et l'auto-dérision de la Trilogie.

Sixième réussite: la cohérence de l'ensemble, et pas seulement visuelle (même si la patte Bilal dans les textures, les architectures, les visages, ... est toujours là).

Ah, et j'adore la conclusion de la dernière scène. Complètement en ligne avec le reste.

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