MindFood
Gang de requins
Bibo Bergeron, Vicky Jenson, Rob Letterman

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2004-10-20
bon, alors on va vite être clair : si on regarde les Disney, il y en a deux sortes : ceux surtout pour les petits enfants, et ceux pour toute la famille. euh, je la refais : il y a les Disney débiles sans envergure style "Kuzco, l'empereur mégalo", et les vrais Disney style "finding Nemo". là, c'est un Dreamworks, mais ça a autant de tenue qu'un Disney nul et sans âme. pourtant, ça danse, ça chante, et ça gesticule de tout les côtés...

le héros risque de plaire à une catégorie ethnique bien précise et de faire hurler à la mort tous les ennemis de cette même ethnie : si vous ne supportez pas les pitreries scéniques de Eddy Murphy ou Will Smith, passez votre chemin. le scénario n'est pas exactement convenu mais les rebondissements, oui. on sait d'avance comment vont se terminer la plupart des scènes. si vous zappez devant votre télé parce que les ficelles d'un feuilleton ou film pourri sont vraiment trop grosses et que vous avez envie de hurler "mais non, il va pas faire ça, il est vraiment trop con, on a déjà vu ça 500 000 fois, c'est quoi ce film de merde ?", là, vous y aurez droit encore et encore. cette envie de se lever et de partir peut être frustrante dans un cinéma. les quelques très rares vrais rebondissements sont totalement artificiels, gratuits et incongrus, j'en viens à croire qu'ils ont été mis là pour étoffer l'histoire vraiment trop quelconque sinon.

bon, les grands enfants trouveront des tas de bonnes idées et de perles en tout genre, par exemple l'adaptation du monde réel au monde sous-marin avec les boites aux lettres avec un logo redessiné - très discret et bien vu. non, vraiment, des tas de gags qui ne peuvent pas être vu ou compris par les plus petits enfants, et visent donc les parents. comme ça au moins ils ne s'emmerderont pas trop en accompagnant les gosses.

la technique elle-même se passe de commentaires : c'est très joli, la scène dans un herbier de posidonies (herbes sous-marines) fait baver de réalisme, le poisson à tête de Jessica Rabbit est une splendeur - j'aimerais voir la tête du jouet dérivé - et celui du héros donne envie de lui donner des claques, encore des claques et toujours des claques, mais c'est son rôle, faire des grimaces de débile, ça vise un certain public. aaargh. (imaginez faire un repas d'affaires ou une réunion très sérieuse avec quelqu'un qui d'un seul coup se prend pour Jim Carrey et vous fait tout son répertoire. il faut en vouloir.)

histoire de râler, je vais une fois me plus me plaindre d'une localisation toute pourrite d'un film d'animation fait par ordinateur : il y a par exemple une séquence où le héros parait en couverture de magazines, dont les titres sont des pastiches de vrais titres de presse américaine, avec de bons jeux de mots sur le thème "poisson" ou "monde sous-marin". oui, mais ce n'est pas adapté en français, donc ça ne rend strictement rien. c'est juste une pile de magazines avec des mots à la con et des poissons dessus. de nombreux gags sont perdus ainsi.

bref, marrant quand même si on oublie le poisson débile au premier plan mais ce n'est pas Nemo, loin de là. paradoxalement, le décor de fond est beaucoup plus riche que celui de Nemo : une ville peuplée au lieu d'un petit paradis sous-marin, visuellement parfait mais vide, creux.
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