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Les Indestructibles
Brad Bird

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2004-11-25
tout à fait à voir, subtil, efficace mais pas sensationnel.

c'est beau, c'est joli, c'est efficace, concis, presque trop : la grosse rigolade se fait désirer. l'étonnement est au rendez-vous, mais retenu, d'une certaine façon : les contorsions d'Elastigirl sont naturelles et ne vous pêtent pas à la gueule dans le seul but de vous étonner, façon The Mask. c'est intégré au film, très bien, tant mieux, mais quelque part il manque un poil d'action ou de pêche... d'un autre coté, ça nous évite le cliché de la brute épaisse et bras droit du méchant qui rote et qui pête, c'est toujours ça de pris.

l'héroïne Elastigirl est donc très bien, l'ile tropicale très jolie et j'ai eu un coup de foudre pour le vilain méchant robot. c'est très équilibré, trop équilibré : il manque le petit quelque chose pour épicer le film, pour le rendre plus profond. on le voit parfois pointer le bout de son nez, mais jamais assez longtemps

la bande-son, mhhh... dans des décors qui évoquent James Bond, avec des engins qui évoquent Star Wars, on aurait aimé au moins une vague allusion, ben non, même pas, ceinture, ce n'est pas ce genre de film.

il faut bien être méchant, alors :

* les plantes font parfois fausses, et ça détonne. c'est con, bien sûr qu'elles sont fausses, mais le reste est tellement parfait que les quelques plans ratés se voient. "oh, regarde, des plantes en plastique en pleine jungle".
* l'eau, la mer, là, on dirait de la gelée. elle est... calme. trop. tout le temps. on aurait aimé un peu plus de vie, pas la tempête de fin de Bug's Life, mais bon, là, ça se voit, ils ne se sont pas foulés, ou bien se sont *trop* retenus, des fois qu'on en oublie l'action devant le décor.
* le générique de fin est... de travers. là. en 3D qui bouge, en plus. le texte tourne doucement, les titres sont vaguement roses et flous, je vais vomir, bleuargh, merci, merci.
*il n'y a pas de bonus à la fin du film, rien à part le générique avec des scènes de prérendu dedans, intéressantes néamoins.

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2004-11-27
MK2 Bibli - Pas une surprise extraordinaire, juste pile poil dans l'esprit du cinéma d'animation américain de ces dernières années : ultra-référent (Spiderman II, Schreck, Matrix, James Bond, pour citer les plus flagrants...), décomplexé (pas de morale à deux balles, juste le souhait de distraire efficacement), suffisament politiquement incorrect (ou politiquement neutre) pour pas exacerber l'anti-américanisme, qu'il soit primaire ou secondaire.
Donc ça marche, et c'est efficace. Pourquoi trois étoiles seulement ? Parce que ça n'apporte absolument rien, ni au cinéma à mon sens (rien de nouveau ou d'extraordinaire, techniquement ou visuellement dans ce film) et que c'est quand même du pur cinéma de consomation, qui sera donc oublié immédiatement. Du bon travail, bien mené, bien géré. Voilà.
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2004-11-27
C'est quand même un peu étrange - et symptomatique - que les meilleurs films vus ce mois-ci soient "The Incredibles" et "Aaltra".

Le pitch est excellent, une famille de super-héros condamnée à vivre une vie ordinaire. C'est peut-être les scènes d'actions qui sont un petit peu plus classiques, tout le reste est plus que savoureux: la vie de famille, le personnage hallucinant d'Edna Mode, la banlieue et l'entreprise... et de tout ça c'est sans doute Mrs Incredible la plus belle réussite du film.
Ah oui, et c'est de l'image de synthèse aussi. Mais on s'en fout. Ou presque.

Evidemment, The Incredibles est une savoureuse réinterprétation de l'ambiance des premiers James Bond, des Avengers, du Prisonnier, de leur côté base-secrète-île-perdue-meubles-design-d'époque. Mais on ne cherchera pas dans le film une citation directe d'une autre pellicule, c'est juste d'une influence complice et souriante dont il s'agit (la discrète esthétique Fifties est une des plus belles réussites du film).
Et c'est pour moi un des traits de ce qui sort de ce studio d'éviter de surcharger leurs films de parodies directes, de reprise, de clins d'oeils. Ce coté ogresque de Shrek, bouffeur de scènes cultes, déconstructeur, n'apparait presque jamais dans les Pixar. Et je ne vois pas du tout dans Incredibles, comme je l'ai lu pas loin, un film ultra-référent.
Si j'avais à faire un parallèle avec Spiderman par exemple, ce n'est surement pas dans une scène particulière (même le train dans l'introduction), mais dans la manière subtile de mêler les moments obligés d'un cinéma qui se réclame du "film d'action" et des personnages filmés à hauteur d'homme, dans leurs petits soucis prosaïques. Et on retrouve la démarche de Sam Raimi dans celle de Brad Bird ou Pixar en général: pas de second degré gratuit, filmer un film fantastique comme si c'était une histoire très ordinaire.

Alors évidemment, c'est bien plus difficile de travailler au premier degré, d'avoir une histoire qui tienne la route, des caractères solides. Des fois (Nemo ?) c'est limite, mais quand ça marche (Monsters, Incredibles), ça donne de vrais films - mémorables.

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2004-11-28
Brad Bird, fort de son expérience sur The Simpsons et The Iron Giant, signe donc son premier film chez Pixar. Et pour un coup d'essai, on est pas loin du coup de maître. Personnages réjouissants (le boss de Bob, Edna Mode), réalisation technique impeccable (les effets pyrotechniques et aquatiques sont saisissants), excellentes idées et passages étonamment "adultes" pour un film estampillé Disney (pas envie de spoiler, mais disons que dans les Disney d'habitude il est déjà pas courant que le méchant du film meure, alors que des gentils meurent... c'est carrément impossible). La patte Bird se reconnaît dans de courtes scènes flash-back hilarantes. En bon fan de super-héros, je jubile.

Alors, pourquoi 4 étoiles et pas 5 ? Eh bien parce que de méchantes longueurs vers le milieu du film m'ont arraché quelques baillements bien sentis. Que j'ai moins ri que devant Toy Story 2, voire même devant Nemo. Jamais de vraie grosse poilade. Inhabituel, pour du Pixar. Le reste du film étant excellent, ces passages n'en sont que plus perturbants. Pas de déception, donc, mais le sentiment qu'une demie-douzaine de gags supplémentaires n'auraient pas été de trop.
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