UGC Forum -
J'attendais énormément de ce film. D'ailleurs je l'attendais depuis très longtemps. Et je ne suis pas déçu. Rien que ça, ça vaut 4 étoiles. Pour la cinquième il faudra attendre la deuxième vision. Je crois que je n'ai jamais donné la cinquième étoile à la première projection toute façon...
Il va falloir que je me refrenne dans ce commentaire pour arriver à rien spoiler... Essayons quand même.
A première vue, ça pourrait ressembler à une pâle suite de 11. On reprend les mêmes acteurs (et quels acteurs) et on remet le couvert. Sauf que c'est beaucoup plus subtil. Dans 11, tout est organisé, planifié, mesuré au millimêtre près. Pour 12, c'est la débandade. Il s'agit d'improviser un casse monstrueux pour rembourser sous deux semaines le grand méchant Terry Benedict - ça, c'est pas un vrai spoiler, tout est dans la bande annonce. Ce qui est génial, c'est que l'aspect du film - et peut-être, qui sait, sa production ? - rappelle en tout point cette urgence et cette improvisation. La caméra est sur l'épaule, le montage oublie les splits screen ahurissants de 11 pour une succession ultra nerveuse de plans très courts à l'exception de deux scènes qui me paraissent un peu en deça. Ne cherchez pas le directeur de la photo, Peter Andrews, c'est Steven Soderbergh lui-même.
Le film répond donc, avec talent à mon avis, à la question du "comment refaire ce que vous avez réussi une fois avec une classe incroyable, avec des contraintes quatre fois plus dures". On imagine très bien que la plus grosse difficulté du film a été d'arranger les calendriers respectifs des acteurs. Dans ce film comme dans l'autre, on sent le plaisir que chacun prend à jouer avec la caméra et avec les copains, avec son image d'acteur, avec le public. On a l'impression que Soderbergh maîtrise les réactions du public aussi bien que Rusty et Danny maîtrisent le bluff et la négociation.
J'en dirais facilement beaucoup plus, mais ca tournerait vite au spoiler maintenant... Un petit mot pour les costumes qui restent aussi flamboyants, pour les pectoraux - rhaaa ces chemises en soie - et le sourire de Brad Pitt et ses 42 ans, et pour la musique de David Holmes, inimitable.
Revu le 18/12. Décidément très bien. 5 étoiles. Au même niveau pour moi que Spiderman 2. Ce seront d'ailleurs les deux films de 2004 pour moi.
Tâche redoutable pour Soderbergh, réussir à maintenir l'élégance et la légereté du premier opus. Il s'en tire tout à fait bien en gardant le ton d'Ocean's Eleven, mais en éclatant le scénario et la forme: au lieu d'un film centré sur un gros coup, on multiplie les situations. Au lieu d'une unité de lieu et de temps, 12 rassemble des pièces disparates, s'amuse à faire apparaître et disparaître des figures majeures, tels Andy Garcia et Vincent Cassel. Même les liens au sein de la bande ne sont pas aussi marqués que dans le premier film, et filmés comme des regards en coin, des asticotages, des fractions des 11, regroupés selon les moments et les circonstances.
Alors 12 ? Un éloge de la dispersion, par un réalisateur qui sait s'affranchir de l'histoire, des épisodes attendus, et ne faire tenir un édifice fragile que par la puissance d'un style faussement cool et nonchalant.
C'est clair que si ce film avait été réalisé et joué par des inconnus, on aurait crié à la merde infâme venant d'Hollywood. Mais là c'est différent c'est du Soderbergh et on voit les pectoraux de Brad Pitt, donc c'est splendide.
Peu importe que le scénario soit inexistant, et que le film ne soit qu'une suite de sketches, plaisants de temps en temps, mais sans grand lien. C'est un film faits entre copains, tourné "quand on avait le temps", à ne voir uniquement que si vous avez du temps à perdre.
Il va falloir que je me refrenne dans ce commentaire pour arriver à rien spoiler... Essayons quand même.
A première vue, ça pourrait ressembler à une pâle suite de 11. On reprend les mêmes acteurs (et quels acteurs) et on remet le couvert. Sauf que c'est beaucoup plus subtil. Dans 11, tout est organisé, planifié, mesuré au millimêtre près. Pour 12, c'est la débandade. Il s'agit d'improviser un casse monstrueux pour rembourser sous deux semaines le grand méchant Terry Benedict - ça, c'est pas un vrai spoiler, tout est dans la bande annonce. Ce qui est génial, c'est que l'aspect du film - et peut-être, qui sait, sa production ? - rappelle en tout point cette urgence et cette improvisation. La caméra est sur l'épaule, le montage oublie les splits screen ahurissants de 11 pour une succession ultra nerveuse de plans très courts à l'exception de deux scènes qui me paraissent un peu en deça. Ne cherchez pas le directeur de la photo, Peter Andrews, c'est Steven Soderbergh lui-même.
Le film répond donc, avec talent à mon avis, à la question du "comment refaire ce que vous avez réussi une fois avec une classe incroyable, avec des contraintes quatre fois plus dures". On imagine très bien que la plus grosse difficulté du film a été d'arranger les calendriers respectifs des acteurs. Dans ce film comme dans l'autre, on sent le plaisir que chacun prend à jouer avec la caméra et avec les copains, avec son image d'acteur, avec le public. On a l'impression que Soderbergh maîtrise les réactions du public aussi bien que Rusty et Danny maîtrisent le bluff et la négociation.
J'en dirais facilement beaucoup plus, mais ca tournerait vite au spoiler maintenant... Un petit mot pour les costumes qui restent aussi flamboyants, pour les pectoraux - rhaaa ces chemises en soie - et le sourire de Brad Pitt et ses 42 ans, et pour la musique de David Holmes, inimitable.
Revu le 18/12. Décidément très bien. 5 étoiles. Au même niveau pour moi que Spiderman 2. Ce seront d'ailleurs les deux films de 2004 pour moi.
Tâche redoutable pour Soderbergh, réussir à maintenir l'élégance et la légereté du premier opus. Il s'en tire tout à fait bien en gardant le ton d'Ocean's Eleven, mais en éclatant le scénario et la forme: au lieu d'un film centré sur un gros coup, on multiplie les situations. Au lieu d'une unité de lieu et de temps, 12 rassemble des pièces disparates, s'amuse à faire apparaître et disparaître des figures majeures, tels Andy Garcia et Vincent Cassel. Même les liens au sein de la bande ne sont pas aussi marqués que dans le premier film, et filmés comme des regards en coin, des asticotages, des fractions des 11, regroupés selon les moments et les circonstances.
Alors 12 ? Un éloge de la dispersion, par un réalisateur qui sait s'affranchir de l'histoire, des épisodes attendus, et ne faire tenir un édifice fragile que par la puissance d'un style faussement cool et nonchalant.
C'est clair que si ce film avait été réalisé et joué par des inconnus, on aurait crié à la merde infâme venant d'Hollywood. Mais là c'est différent c'est du Soderbergh et on voit les pectoraux de Brad Pitt, donc c'est splendide.
Peu importe que le scénario soit inexistant, et que le film ne soit qu'une suite de sketches, plaisants de temps en temps, mais sans grand lien. C'est un film faits entre copains, tourné "quand on avait le temps", à ne voir uniquement que si vous avez du temps à perdre.