UGC Bercy -
Bon. C'est très bon. Peut-être parce que finalement c'est bien plus sobre et léger que cela pourrait l'être.
Ce film est largement spoilé dans tout les sens, par la bande annonce et l'affiche en particulier, par les critiques aussi. On va essayer de pas en rajouter. Alors voilà. Romain a 31 ans et est le pédé stéréotype maraisien parfait. Et à la fin du film, et bien, il meurt.
Un peu comme dans 5x2, on connait la fin dès le début. Ozon aurait donc pu faire Titanic. Un peu comme dans "Sous le sable", il est question de deuil et d'acceptation.
Joyeux, hein ? On peut craindre le bon gros mélo de base, le jeu sur l'émotion facile. C'est tout le contraire. Romain donne l'impression de mourir bien plus serrein et heureux qu'il ne l'est au début du film. On sort de la salle sans la tristesse que laissent certains films sur le même sujet. Emu, oui, mais pas triste, pas déprimé. Même un 28 novembre pluvieux. Parce que la déchéance physique du personnage - impressionante - est contrebalancée par la maturité et la sagesse qu'il acquiert. Par ce qu'il accomplit. Rien d'héroïque, tout ici est a peu près réaliste, sans grande extravagance.
Amusant de voir aussi comment Ozon se venge une fois de plus avec la filiation. Christine Deneuve a dit de lui malicieusement que s'il aimait les actrices, il était bien possible qu'il n'aime pas les femmes. Je me demande quel genre de relation il avait avec son papa, l'animal pour leur en vouloir autant... Sitcom, 5x2, 8 femmes... Les pères sont soit morts, soit absents. Ici c'est bien plus subtil, mais pas franchement plus tendre.
Sur la forme, c'est très sobre, mais finalement autant éviter les violons. Pas la peine de déprimer la moitié du public et d'énerver l'autre. Ozon sait cela depuis bien longtemps, la musique se fait discrète donc a l'exception d'une scène où elle est très explicite et introduit un décalage salvateur qui permettra peut-être de calmer les censeurs. Ouais, censeurs, parce que le film montre quand même pas mal de choses, parfois sans élipse. J'ai pas souvenir d'avoir vu souvent une bite en érection dans un film grand public, même à contre jour. Alors deux sur le même plan... miam. Mais François, va faloir être pédagogue.
Sur la forme également, c'est bref, nerveux, "tourné gras, monté sec" pour reprendre les termes de Ozon. Mais de tout façon, on n'a pas de temps à perdre, et Romain non plus.
Un petit mot sur Poupaud quand même. Au moins pour dire qu'il est beau - en tout cas au début du film. Et qu'il est très très bon, là. Bien entouré, de très belles interprétations pour les personnages secondaires. Oui ! Hors Poupaud, pas d'autre personnage principal. Pas de chorus de merde ! Valeria Bruni et Jeanne Morreau en rôles secondaires, hop, merci, c'est fini pour vous, au revoir, retour sur Romain.
Que dire de plus ? On dit tellement de truc sur ce film... Le meilleur film de Ozon ? Peut-être. Un film clé ? Mmmm... sûrement, si la moitié de ce qu'on entend sur l'identification à faire de Ozon et Romain est exacte. Un film tournant, alors ? On va voir ce qui vient derrière. Une hybridation réussie entre Sitcom et Sous le sable ? Oui.
A voir donc. Peut-être MON film français pour 2005.
Ma notule pour Novembre en tout cas.
Broadway (Genève) -
Rholala quel navet... C'est mal fait, mal filmé, mal joué. Romain est lamentable ! Pas un gramme de conviction dans le personnage. Dégradation physique ? Mouais... mal rasé et un maquillage raté, rien de plus. Très mauvais.
L'histoire est bonne pourtant, c'est vraiment dommage de la gacher comme ça.
Pour résumer, c'est un brouillon de film avec des pd qui baisent dedans.
Studio 28 -
Un trentenaire hype, condamné à courte échéance, fait le vide autour de lui avant la mort.
Ozon réalise quelque chose de très bizarre: un film qui se veut totalement réaliste, et dans le même temps, traversé de fantasmes.
Double fantasme de paternité: laisser une vie derrière soi, et en plus le faire en étant homosexuel. Fantasme de contrôle: vivre sa vie totalement, absolument comme on l'entend, sans laisser la moindre prise aux conventions sociales. Choisir qui voir, quoi faire. Garder l'ultime pouvoir, l'information, en refusant d'informer quiconque. Fantasmes de jouissances, en accumulant les moments de plaisirs purs, les envies, les découvertes, le sexe, une glace au chocolat.
"Le temps qui reste" n'est jamais aussi bon que lorsqu'il reste dans ces extrèmes: le personnage se met en scène en expérimentateur de sa propre marche à la mort, et regarde assez détaché l'impact de ses gestes, de ses vérités sur les autres.
Alors, quoi ? Grand film ? Peut-être par son sujet, c'est si rare de voir un cinéaste français se prendre de front le thème de la mort ? Mais alors, pourquoi plomber périodiquement le film par des flash-backs franchement pas finauds ? Pourquoi forcer le constraste en faisant de Romain un photographe de mode, en caricaturant à outrance le début du film ?
C'est d'autant plus incompréhensible que le film est tout autant traversé de moments de grâce: un simple plan d'yeux hagards tressautant dans un rétroviseur, le temps suspendu, adossé à un arbre, les adieux à Jeanne Moreau. Parce que les acteurs sont excellents, sans exception. Et parce que globalement, le film, sec comme un coup de trique, ne laisse que très peu la place au mélo.
Ce film est largement spoilé dans tout les sens, par la bande annonce et l'affiche en particulier, par les critiques aussi. On va essayer de pas en rajouter. Alors voilà. Romain a 31 ans et est le pédé stéréotype maraisien parfait. Et à la fin du film, et bien, il meurt.
Un peu comme dans 5x2, on connait la fin dès le début. Ozon aurait donc pu faire Titanic. Un peu comme dans "Sous le sable", il est question de deuil et d'acceptation.
Joyeux, hein ? On peut craindre le bon gros mélo de base, le jeu sur l'émotion facile. C'est tout le contraire. Romain donne l'impression de mourir bien plus serrein et heureux qu'il ne l'est au début du film. On sort de la salle sans la tristesse que laissent certains films sur le même sujet. Emu, oui, mais pas triste, pas déprimé. Même un 28 novembre pluvieux. Parce que la déchéance physique du personnage - impressionante - est contrebalancée par la maturité et la sagesse qu'il acquiert. Par ce qu'il accomplit. Rien d'héroïque, tout ici est a peu près réaliste, sans grande extravagance.
Amusant de voir aussi comment Ozon se venge une fois de plus avec la filiation. Christine Deneuve a dit de lui malicieusement que s'il aimait les actrices, il était bien possible qu'il n'aime pas les femmes. Je me demande quel genre de relation il avait avec son papa, l'animal pour leur en vouloir autant... Sitcom, 5x2, 8 femmes... Les pères sont soit morts, soit absents. Ici c'est bien plus subtil, mais pas franchement plus tendre.
Sur la forme, c'est très sobre, mais finalement autant éviter les violons. Pas la peine de déprimer la moitié du public et d'énerver l'autre. Ozon sait cela depuis bien longtemps, la musique se fait discrète donc a l'exception d'une scène où elle est très explicite et introduit un décalage salvateur qui permettra peut-être de calmer les censeurs. Ouais, censeurs, parce que le film montre quand même pas mal de choses, parfois sans élipse. J'ai pas souvenir d'avoir vu souvent une bite en érection dans un film grand public, même à contre jour. Alors deux sur le même plan... miam. Mais François, va faloir être pédagogue.
Sur la forme également, c'est bref, nerveux, "tourné gras, monté sec" pour reprendre les termes de Ozon. Mais de tout façon, on n'a pas de temps à perdre, et Romain non plus.
Un petit mot sur Poupaud quand même. Au moins pour dire qu'il est beau - en tout cas au début du film. Et qu'il est très très bon, là. Bien entouré, de très belles interprétations pour les personnages secondaires. Oui ! Hors Poupaud, pas d'autre personnage principal. Pas de chorus de merde ! Valeria Bruni et Jeanne Morreau en rôles secondaires, hop, merci, c'est fini pour vous, au revoir, retour sur Romain.
Que dire de plus ? On dit tellement de truc sur ce film... Le meilleur film de Ozon ? Peut-être. Un film clé ? Mmmm... sûrement, si la moitié de ce qu'on entend sur l'identification à faire de Ozon et Romain est exacte. Un film tournant, alors ? On va voir ce qui vient derrière. Une hybridation réussie entre Sitcom et Sous le sable ? Oui.
A voir donc. Peut-être MON film français pour 2005.
Ma notule pour Novembre en tout cas.
L'histoire est bonne pourtant, c'est vraiment dommage de la gacher comme ça.
Pour résumer, c'est un brouillon de film avec des pd qui baisent dedans.
Ozon réalise quelque chose de très bizarre: un film qui se veut totalement réaliste, et dans le même temps, traversé de fantasmes.
Double fantasme de paternité: laisser une vie derrière soi, et en plus le faire en étant homosexuel. Fantasme de contrôle: vivre sa vie totalement, absolument comme on l'entend, sans laisser la moindre prise aux conventions sociales. Choisir qui voir, quoi faire. Garder l'ultime pouvoir, l'information, en refusant d'informer quiconque. Fantasmes de jouissances, en accumulant les moments de plaisirs purs, les envies, les découvertes, le sexe, une glace au chocolat.
"Le temps qui reste" n'est jamais aussi bon que lorsqu'il reste dans ces extrèmes: le personnage se met en scène en expérimentateur de sa propre marche à la mort, et regarde assez détaché l'impact de ses gestes, de ses vérités sur les autres.
Alors, quoi ? Grand film ? Peut-être par son sujet, c'est si rare de voir un cinéaste français se prendre de front le thème de la mort ? Mais alors, pourquoi plomber périodiquement le film par des flash-backs franchement pas finauds ? Pourquoi forcer le constraste en faisant de Romain un photographe de mode, en caricaturant à outrance le début du film ?
C'est d'autant plus incompréhensible que le film est tout autant traversé de moments de grâce: un simple plan d'yeux hagards tressautant dans un rétroviseur, le temps suspendu, adossé à un arbre, les adieux à Jeanne Moreau. Parce que les acteurs sont excellents, sans exception. Et parce que globalement, le film, sec comme un coup de trique, ne laisse que très peu la place au mélo.
Il lui sera donc beaucoup pardonné.