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Marie-Antoinette
Sofia Coppola

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2006-05-24
UGC Bercy - Sofia Coppola signe ici une adaptation osée du roman contant la vie de Marie-Antoinette, de son arrivée à Versailles à son emprisonnement par les révolutionnaires de juillet 1789. C'est le portrait d'une jeune fille à la fois forte et fragile, ingénue mais énergique, timide mais audacieuse. Sofia Coppola joue des anachronismes que constitue la bande-son tout entière, illustrant de superbes images d'acteurs magnifiquement costumés façon XVIIIè par des morceaux de New Order, The Cure ou encore Aphex Twin. Plongée dans un univers codifié et strict, Marie Antoinette subit plus qu'elle ne vit, aime plus qu'elle n'est aimée, et Kirsten Dunst la rend si belle et désirable que le spectateur se surprend encore à espèrer un dénouement heureux.
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2006-05-24
MK2 Quai de Loire - C'est très curieux: je trouve que Marie-Antoinette est un film qui ne fonctionne pas du tout. Mais j'ai énormément de mal à mettre le doigt sur ce qui cloche.

Je n'ai pas de problème avec le parti-pris de Sofia Coppola: montrer la reine principalement dans ses années d'insousciance et traité cela comme une version XVIIIème de la vie dorée de la jet set. Au contraire, d'ailleurs, et le style de la bande annonce m'avait totalement convaincu. Mais dans le film, on ne retrouve pas cette énergie, ce coté jusqu'auboutiste dans la décadence.

Alors pourquoi ? Problème de construction ? avec un film déséquilibré entre une ouverture et un final assez courts et un long tunnel d'amusements au milieu ? Problème de dialogues ? Ce n'est sûrement pas le choix de l'anglais qui me gène ici (Les Liaisons Dangereuses ont prouvé que ce n'était pas un problème), peut-être plus le fait de ne pas l'assumer et de parsemer le tout de bribes de français ou d'anglais si manifestement parlé par des français ? Le fait que le texte manque singulièrement de mordant ?

Un autre endroit où le film ne fonctionne pas du tout non plus, c'est quand il s'agit de faire passer le grondement souterrain qui va aboutir à la fuite de la royauté. Quelques répliques parlent de modération financière, quelques plans très mal intégrés montrent Louis face à ses ministres, et les emeutes à Versailles sont présentées d'une manière tellement cheap qu'on frôle le ridicule. Là encore, ce qui me gène n'est pas de faire l'impasse sur la situation extérieure aux palais - c'est le principe du film -, mais c'est de le voir le film l'amener par la bande d'une manière si maladroite. D'autant qu'avant les émeutes populaires il y a eu bien des coups de semonce, et certains relevant franchement des intrigues de cour, comme l'affaire du collier qui a continué à démolir la réputation de la reine.

Alors qu'est-ce qu'il reste ? pas grand chose. Kirsten Dunst s'en tire merveilleusement bien, Asia Argento est parfaite en Du Barry, ancienne courtisane méprisée par la cour. Visuellement, à part quelques moments génant, c'est très réussi, même malgré une mise en scène un peu sage. En fait, c'est le début du film qui est le plus impressionnant: les cérémonies glaciales de passage de la frontière, l'arrivée à Versailles parmi une foule hiératiques, figée et poudrée - et on pense à Barry Lyndon aux masques de Eyes Wide Shut, ce qui n'est pas un mince compliment.

Et c'est ensuite que cela se gâte, avec ce long trajet sans rythme dans les fastes de Versailles, comme si Sofia Coppola, aveuglée par les ors et la singularité de son projet n'avait plus rien trouvé à raconter.

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2007-03-26
DVD - Petite déception, mais un premier film qui fait l'effet d'une grosse bouffée d'air après la mi-thèse.

Le film s'ouvre sur l'atterrissage forcé au milieu de la cour de Versailles d'une Marie-Antoinette à peine sortie de l'enfance. Comment ne pas éprouver de la sympathie pour cette future reine si adorablement naïve, enfermée dans cette prison dorée pour la noblesse, dont les rouages se sont ironiquement retournés contre ses inventeurs ?

D'autant plus que l'on comprend dès les premières minutes du film qu'il n'y aura aucune échappatoire entre un roi ennuyeux, une cour malveillante et une vie politique dépourvue d'intérêt. Peut-être un peu trop vite, il est clair que Marie-Antoinette a opté pour la fuite en avant. L'essentiel du film nous montre alors une femme qui s'enfonce inexorablement dans son rêve éveillé. Et inévitablement en parallèle, se construit la désagréable impression que c'est Kirsten Dunst qui porte le film à bout de bras. Il y a bien quelques artifices de montage pour essayer de donner de l'énergie, mais c'est insuffisant.

Or le rêve doit se muer en cauchemard, c'est écrit. Et la transition est si subite que l'on n'y croit pas l'espace d'un instant. De toute façon, c'est déjà trop tard, le film est terminé. Quelle déception.

Pourtant il y a tellement de bonnes choses... D'abord les couleurs : le film est un véritable kaléïdoscope. Des plans d'escaliers interminables. Un lit royal filmé en champ-contrechamp. Et puis encore une arrivée au château au milieu d'une inquiétante foule de courtisants ectoplasmiques (cf. notule d'Ol : c'est un des moments marquants du film.) Quoi d'autre encore ? Une bande son avec Squarepusher, Aphex Twin et The Cure (liste non exhaustive), qui sert remarquablement bien le film. Et puis, merde, Kirsten Dunst, quoi... Allez, 4 étoiles.

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