Studio 28 -
Film curieux, intéressant, Un producteur de série B sur le retour, vrai fou de cinéma - très Roger Corman dans l'esprit - se retrouve avec un embarrassant scénario entre les mains, une transcription fidèle de l'épopée de Berlusconi. Et contre toute attente, il donne sa chance à sa jeune et charmante scénariste et réalisatrice, malgré ses studios qui battent de l'aile, et malgré sa vie personnelle qui est en train d'exploser.
S'ensuit un curieux mélange de chronique femme-et-enfants, de réalisatrice dépassée par son sujet, d'acteurs égocentriques, de film dans le film. Et ça patine un peu: le début de film est un peu bancal, l'intrigue familiale met du temps à se placer, la réalisatrice reste longtemps un peu creuse, et les passages imaginaires sur le film en train font envie et frustrent. Et puis, subitement, les pièces tombent en place, et la seconde moitié du film devient passionnante. Les personnages ont pris de l'épaisseur, le Berlusconi de fiction prend chair, et le final arrive enfin à faire naître des émotions. Curieusement, c'est une fois les gamins absents des scènes que la trame familiale arrive à quelque chose de fort, et le film dans le film trouve enfin sa conclusion frontale, réelle, et totalement glaçante.
Mais finalement, la grande question posée par le film, c'est: est-ce qu'il est encore possible de faire un film politique en 2006 ? Comme les grands films politiques des décennies précédentes, à la manière de ce que jouait Gian Maria Volontè, comme rappelé à l'envi dans ce film ?
Et la réponse est simple: non. Impossible, c'est plus l'époque, terminé, y'a rien à voir, circulez. Comme le remarque Nanni Moretti lui-même dans le film, c'est fini, Berlusconi a gagné il y a 20 ou 30 ans. Et finalement, les raisons économiques (cf. la scène de la RAI tout de suite gênée par le sujet) ne sont pas forcément le noeud du problème: comme le film dans le film le pointe, Berlusconi a réussi à changer la société. Et là encore l'acteur Nanni Moretti le dit: il n'y a plus rien à révéler: tout le monde sait exactement ce qu'il en est, il n'y a plus de masques à faire tomber, plus de régime à dénoncer. La mise à nu n'en est plus une. Il n'ya plus qu'à tourner autour, louvoyer, montrer ces personnages consumés par la volonté de faire ce film, qui eux, êtres de fiction, ont encore le luxe de croire pouvoir changer les choses.
Et du coup, on comprend mieux le choix de Moretti, tout en restant frustré du film qu'on ne verra jamais.
S'ensuit un curieux mélange de chronique femme-et-enfants, de réalisatrice dépassée par son sujet, d'acteurs égocentriques, de film dans le film. Et ça patine un peu: le début de film est un peu bancal, l'intrigue familiale met du temps à se placer, la réalisatrice reste longtemps un peu creuse, et les passages imaginaires sur le film en train font envie et frustrent. Et puis, subitement, les pièces tombent en place, et la seconde moitié du film devient passionnante. Les personnages ont pris de l'épaisseur, le Berlusconi de fiction prend chair, et le final arrive enfin à faire naître des émotions. Curieusement, c'est une fois les gamins absents des scènes que la trame familiale arrive à quelque chose de fort, et le film dans le film trouve enfin sa conclusion frontale, réelle, et totalement glaçante.
Mais finalement, la grande question posée par le film, c'est: est-ce qu'il est encore possible de faire un film politique en 2006 ? Comme les grands films politiques des décennies précédentes, à la manière de ce que jouait Gian Maria Volontè, comme rappelé à l'envi dans ce film ?
Et la réponse est simple: non. Impossible, c'est plus l'époque, terminé, y'a rien à voir, circulez. Comme le remarque Nanni Moretti lui-même dans le film, c'est fini, Berlusconi a gagné il y a 20 ou 30 ans. Et finalement, les raisons économiques (cf. la scène de la RAI tout de suite gênée par le sujet) ne sont pas forcément le noeud du problème: comme le film dans le film le pointe, Berlusconi a réussi à changer la société. Et là encore l'acteur Nanni Moretti le dit: il n'y a plus rien à révéler: tout le monde sait exactement ce qu'il en est, il n'y a plus de masques à faire tomber, plus de régime à dénoncer. La mise à nu n'en est plus une. Il n'ya plus qu'à tourner autour, louvoyer, montrer ces personnages consumés par la volonté de faire ce film, qui eux, êtres de fiction, ont encore le luxe de croire pouvoir changer les choses.
Et du coup, on comprend mieux le choix de Moretti, tout en restant frustré du film qu'on ne verra jamais.