Landmark Sunshine Cinema - New York -
Sans aucun doute la plus fidele adaptation de Philip K. Dick. C'est un peu court a mon gout pour rendre la charge emotionelle du roman. Je suggere donc a tous ceux qui aimeront ce film de se jeter sur le livre.
UGC Bercy -
Philip K. Dick, inadaptable ? Le mythe a la vie dure depuis Paycheck, Minority Report ou surtout Total Recall... mais Richard Linklater s'en tire avec les honneurs. Jouant sur un étonnant et osé parti-pris visuel (des acteurs rotoscopés puis insérés dans un monde de cel-shading), A Scanner Darkly est très fort pour brouiller les pistes et prendre le spectateur à revers comme il le fait pour son personnage principal. Le flic infiltré obligé d'enquèter sur lui-même est joué avec justesse par Keanu Reeves (pour une fois) mais c'est Robert Downey Junior qui vole systématiquement chaque plan dans lequel il apparaît (ce mec est un génie). En bref, plutôt une bonne surprise, si vous êtes amateur de films visuellement différents et de Dick, vous ne devriez pas être déçu.
UGC Forum -
Voui, bha ouais, c'est bien ça aussi. Intéressant techniquement, un peu léger scénaristiquement encore à mon goût.
Jolie perf effectivement de Robert Downey Junior. Peut-être parce que sa façon de parler si caractéristique, le type d'humour qui le poursuit depuis Ally McBeal, la paire de lunette à écaille, font qu'on perçoit très facilement l'acteur à travers le rotoscoping. Moins convaincu par Neo, mais il faut dire à sa décharge qu'il hérite encore du personnage ectoplasme junkie. Le paumé de service quoi. Et puis la barbe de deux jours, ça lui va pas du tout.
Ouais, et alors sur le scénar, et bien... je trouve que c'est léger. Ça ne m'étonne pas vraiment, les rares adaptation de K. Dick que j'ai vue et les quelques romans que j'ai lu m'ont toujours fait cette impression : univers riches, histoires creuses.
MK2 Quai de Seine -
Deux audaces en un seul film. Primo, tenter de faire la mythique bonne adaptation de Philip K. Dick - ce qui est déjà un défi intéressant. Secundo: le faire en innovant sur la forme.
Donc, "a scanner darkly" (joli titre, soit dit en passant), c'est la plongée dans le monde glauque, psychotique et paranoïaque d'un agent des stups infiltré dans un groupe de petits dealers, dans une amérique encore plus glaque, psychotique et paranoïaque que la réalité. Et, comme souvent chez Dick, le double jeu ne suffit pas, et le personnage se retrouve au croisement de trois personalités, plusieurs épaisses couches de mensonges, quelques manipulations, et complètement paumé - au moins autant que le lecteur, euh, spectateur. Donc, sur ce point, "a scanner darkly" est une réussite: l'ambiance des écrits de Dick est fidèlement retranscrite: drogue, folie, persécution... toutes les qualités, mais aussi les défaults, les passages à vide, le manque de rythme.
Et l'autre bonne tentative réussie c'est d'avoir trouvé une forme originale pour raconter le tout: un film classique avec force effets spéciaux serait probablement tombé bien à plat (cf. Total Recall). Le rotoscoping des prises de vues fonctionne bien, très bien, et ce monde où les objets eux mêmes sont parfois un peu changeants, mobiles, hésitant, stylisé est parfaitement raccord avec la trame. On pourrait juste regretter qu'à part quelques séquences (quasiment toutes autour du personnage de junkie Charles Freck), Linklater ne pousse pas les possibilités du medium encore plus loin dans le mélange entre réalité et hallucinations. Le générique de début, mi-dégoûtant, mi-comique est une grande réussite, mais reste trop isolé.
Qu'est-ce qui empêche "A Sacnner Darkly" de monter au niveau de l'Adapatation indépassée de Dick, Blade Runner ? Peut-être un film trop fidèle à l'oeuvre originale et à son esprit ? Moins universel ? peut-être qu'un film plus rythmé, plus vaste aurait été possible ? peut-être la plongée dans la confusion du malheureux protagoniste est-elle, justement, un peu trop confuse ? peut-être que le film aurait mérité 'un peu plus de cinéma, de mise en scène ?
Bref, une belle réussite, mais frustrante, on n'échappe pas au regret de n'avoir pas vu LE film qui aurait réussi à passer totalement l'univers de Dick sur grand écran.
Jouant sur un étonnant et osé parti-pris visuel (des acteurs rotoscopés puis insérés dans un monde de cel-shading), A Scanner Darkly est très fort pour brouiller les pistes et prendre le spectateur à revers comme il le fait pour son personnage principal. Le flic infiltré obligé d'enquèter sur lui-même est joué avec justesse par Keanu Reeves (pour une fois) mais c'est Robert Downey Junior qui vole systématiquement chaque plan dans lequel il apparaît (ce mec est un génie).
En bref, plutôt une bonne surprise, si vous êtes amateur de films visuellement différents et de Dick, vous ne devriez pas être déçu.
Jolie perf effectivement de Robert Downey Junior. Peut-être parce que sa façon de parler si caractéristique, le type d'humour qui le poursuit depuis Ally McBeal, la paire de lunette à écaille, font qu'on perçoit très facilement l'acteur à travers le rotoscoping. Moins convaincu par Neo, mais il faut dire à sa décharge qu'il hérite encore du personnage ectoplasme junkie. Le paumé de service quoi. Et puis la barbe de deux jours, ça lui va pas du tout.
Ouais, et alors sur le scénar, et bien... je trouve que c'est léger. Ça ne m'étonne pas vraiment, les rares adaptation de K. Dick que j'ai vue et les quelques romans que j'ai lu m'ont toujours fait cette impression : univers riches, histoires creuses.
Donc, "a scanner darkly" (joli titre, soit dit en passant), c'est la plongée dans le monde glauque, psychotique et paranoïaque d'un agent des stups infiltré dans un groupe de petits dealers, dans une amérique encore plus glaque, psychotique et paranoïaque que la réalité. Et, comme souvent chez Dick, le double jeu ne suffit pas, et le personnage se retrouve au croisement de trois personalités, plusieurs épaisses couches de mensonges, quelques manipulations, et complètement paumé - au moins autant que le lecteur, euh, spectateur. Donc, sur ce point, "a scanner darkly" est une réussite: l'ambiance des écrits de Dick est fidèlement retranscrite: drogue, folie, persécution... toutes les qualités, mais aussi les défaults, les passages à vide, le manque de rythme.
Et l'autre bonne tentative réussie c'est d'avoir trouvé une forme originale pour raconter le tout: un film classique avec force effets spéciaux serait probablement tombé bien à plat (cf. Total Recall). Le rotoscoping des prises de vues fonctionne bien, très bien, et ce monde où les objets eux mêmes sont parfois un peu changeants, mobiles, hésitant, stylisé est parfaitement raccord avec la trame. On pourrait juste regretter qu'à part quelques séquences (quasiment toutes autour du personnage de junkie Charles Freck), Linklater ne pousse pas les possibilités du medium encore plus loin dans le mélange entre réalité et hallucinations. Le générique de début, mi-dégoûtant, mi-comique est une grande réussite, mais reste trop isolé.
Qu'est-ce qui empêche "A Sacnner Darkly" de monter au niveau de l'Adapatation indépassée de Dick, Blade Runner ? Peut-être un film trop fidèle à l'oeuvre originale et à son esprit ? Moins universel ? peut-être qu'un film plus rythmé, plus vaste aurait été possible ? peut-être la plongée dans la confusion du malheureux protagoniste est-elle, justement, un peu trop confuse ? peut-être que le film aurait mérité 'un peu plus de cinéma, de mise en scène ?
Bref, une belle réussite, mais frustrante, on n'échappe pas au regret de n'avoir pas vu LE film qui aurait réussi à passer totalement l'univers de Dick sur grand écran.