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  <title>Ol MindFeed</title>
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  <updated>2008-10-11T12:18:02+02:00</updated>
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    <updated>2008-06-29T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2008-06-29T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Indiana Jones and the kingdom of the crystal skulls (****)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/1004.jpg width=80 style="float:right"/&gt;"Plus ça change, plus c'est la même chose" (devise Shadok). C'est qu'il faudrait avant tout féliciter Spielberg et Lucas d'avoir réussi ce qui n'était pas gagné au départ: garder la saveur et l'esprit d'Indy. 
&lt;p&gt;
Et c'est quoi l'esprit d'Indiana Jones ? C'est avant tout ce bon vieux fantasme de Lucas et Spielberg sur les "matinees", ces petits films de série B projetés en journée ou le matin. Les feuilletons sur grand écran. Les aventures de Roger l'explorateur dans les mines transylvaniennes du Roi Salomon. L'aventure de la mite géante. Etc. Et le duo ne s'est jamais caché de vouloir retrouver cette esprit là, en l'adaptant au cinéma des années 80 pour Indy (et même pour Starwars, Lucas a toujours défendu de vouloir faire du space-opera à cette sauce là).
&lt;p&gt;
Alors bon, Indy a toujours été nourri à ce lait là: du vrai héros reconnaissable à 100 mètres, des effets spéciaux comme à la maison, le scénario qui ne cherche pas à construire des cathédrales, et surtout des méchants, de la jungle, des courses-poursuite et de l'humour.
&lt;p&gt;
Et à cette aune, Indy 4 est une réussite, et dépasse même les 3 premiers opus: merci à Spielberg et Lucas de n'avoir pas essayé de revamper la série dans du soigné-packagé-digital-bien tourné. Des vrais méchants (Cate Blanchett, qui prouve encore que Lucas n'a aucun goût en matière de coiffure). Le contexte est même plus riche que d'habitude (les nazis étaient là pour le décor ou le gag dans I-II-III) avec la paranoïa des 50" finalement pas si mal rendue, les grandes peurs de l'époque, et un petit goût de complot et d'histoire parallèle un peu plus riche qu'avant. Et puis ce n'est pas désagréable de voir des héroïnes qui ne sont plus justement dans le type même des premiers Indy, les héros ont vieillis, les héroïnes aussi, et c'est très bien. Et on retouve encore l'artisanal, les effets spéciaux qui se voient comme à l'ancienne, les courses en bagnole - incroyables, au sens propre -. Le scénario ? on s'en fout autant qu'avant, du moment qu'on voit de la jungle, des fouets, des artefacts maléfiques et des trajets d'avion qui se dessinent sur une carte.
&lt;p&gt;
Ça serait pour le coup assez paradoxal de reprocher tout cela à Indy IV, c'est exactement ce qu'on aimait dans les trois premiers opus, et pour le coup, Spielberg et Lucas ont été beaux joueurs en se contenant et respectant l'esprit et la lettre, et envoyant balader les ronchons du "c'était mieux avant" qui ne se rendent pas compte que justement, c'est tout aussi mauvais qu'avant et que c'était justement ce qu'on adore.



    </content>
    <mindfood:rating>3</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Steven Spielberg</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0367882/</mindfood:url>
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    <updated>2006-10-15T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-10-15T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Thank You for Smoking (***)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/882.jpg width=80 style="float:right"/&gt;Comment Nick Naylor, lobbyiste des fabricants de cigarettes, gagne sa vie, magouille pour obtenir du placement de produit à Hollywood, bouffe avec ses copains lobbyistes (alcool et armes, rien de moins), use d'une rhétorique à la finesse toute nord-coréenne, élève son fils, donne des interviews et plus si affinités, se bataille avec un sénateur, etc.
&lt;p&gt;
Le tout donne un film assez léger et agréable, qui réussit quand même l'exploit de ne rendre personne (à commencer par le personnage principal) foncièrement antipathique, ce qui n'est pas son moindre mérite. Pour le reste, c'est pétillant et ça passe vite: la mise en scène n'est pas révolutionnaire (voix off, petits arrêts sur images, etc - on se croirait dans les poupées russes), les seconds rôles sont plus grands que nature (mention spéciale au Grand Agent hollywoodien), c'est divertissant, et on en demande ni n'attend beaucoup plus.
&lt;p&gt;
Et un bon point au générique de début (j'adooore les bons génériques), au graphisme de paquets de cigarettes années 50, nerveux, élégant et très réussi.    </content>
    <mindfood:rating>2</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Jason Reitman</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0427944/</mindfood:url>
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    <updated>2006-09-30T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-09-30T00:00:00+02:00</modified>
    <title>A Scanner Darkly (***)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/868.jpg width=80 style="float:right"/&gt;Deux audaces en un seul film. Primo, tenter de faire la mythique bonne adaptation de Philip K. Dick - ce qui est déjà un défi intéressant. Secundo: le faire en innovant sur la forme.
&lt;p&gt;
Donc, "a scanner darkly" (joli titre, soit dit en passant), c'est la plongée dans le monde glauque, psychotique et paranoïaque d'un agent des stups infiltré dans un groupe de petits dealers, dans une amérique encore plus glaque, psychotique et paranoïaque que la réalité. Et, comme souvent chez Dick, le double jeu ne suffit pas, et le personnage se retrouve au croisement de trois personalités, plusieurs épaisses couches de mensonges, quelques manipulations, et complètement paumé - au moins autant que le lecteur, euh, spectateur. Donc, sur ce point, "a scanner darkly" est une réussite: l'ambiance des écrits de Dick est fidèlement retranscrite: drogue, folie, persécution... toutes les qualités, mais aussi les défaults, les passages à vide, le manque de rythme. 
 &lt;p&gt;
Et l'autre bonne tentative réussie c'est d'avoir trouvé une forme originale pour raconter le tout: un film classique avec force effets spéciaux serait probablement tombé bien à plat (cf. Total Recall). Le rotoscoping des prises de vues fonctionne bien, très bien, et ce monde où les objets eux mêmes sont parfois un peu changeants, mobiles, hésitant, stylisé est parfaitement raccord avec la trame. On pourrait juste regretter qu'à part quelques séquences (quasiment toutes autour du personnage de junkie Charles Freck), Linklater ne pousse pas les possibilités du medium encore plus loin dans le mélange entre réalité et hallucinations. Le générique de début, mi-dégoûtant, mi-comique est une grande réussite, mais reste trop isolé. 
&lt;p&gt;
Qu'est-ce qui empêche "A Sacnner Darkly" de monter au niveau de l'Adapatation indépassée de Dick, Blade Runner ? Peut-être un film trop fidèle à l'oeuvre originale et à son esprit ? Moins universel ? peut-être qu'un film plus rythmé, plus vaste aurait été possible ? peut-être la plongée dans la confusion du malheureux protagoniste est-elle, justement, un peu trop confuse ? peut-être que le film aurait mérité 'un peu plus de cinéma, de mise en scène ?
&lt;p&gt;
Bref, une belle réussite, mais frustrante, on n'échappe pas au regret de n'avoir pas vu LE film qui aurait réussi à passer totalement l'univers de Dick sur grand écran.    </content>
    <mindfood:rating>2</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Richard Linklater</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0405296/</mindfood:url>
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    <updated>2006-08-15T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-08-15T00:00:00+02:00</modified>
    <title>La Mouche (****)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/870.jpeg width=80 style="float:right"/&gt;"La mouche", c'est un très bon exemple de ce que Cronenberg est capable de faire en se glissant dans les oripeaux du film de genre: un film, comme il le dit lui-même, totalement dépressif sur un amour brisé par la maladie et la mort. 
&lt;p&gt;
Le film, comme souvent chez Cronenberg, est sec comme un coup de trique, l'ouverture ne s'embarrasse pas longues scènes d'expositions, le final est un crescendo coupé brusque et même les scènes "de genre" n'en respectent guère les codes: au lieu de longues scènes en faux départs pour faire monter l'angoisse, Cronenberg filme une juxtaposition de petits pics horrifiants en forme de coups de poing.
&lt;p&gt;
Un peu comme plus tard eXistenZ, la Mouche n'est pas dépourvu d'un humour un peu décalé, souvent lié à l'énorme de certaines situations, on n'est pas loin du "rire panique" cher à Topor. Même si quelques minutes plus tard, on n'a plus envie de rire du tout: avec des séquences comme la scène onirique, Cronenberg réussit à toucher du doigt des angoisses diablement profondes.
&lt;p&gt;
Autre trait caractéristique: le "statut" du monstre qui bouge en permanence dans le film: humain ? surhumain ? monstre ? victime ? bourreau ? enviable ? méprisable ? la métamorphose - physique et psychologique (cf. le monologue sur 'la politique des insectes') de Seth Brundle est un glissement vers "autre chose" répugnant peut-être, mais qu'aucun des personnages ne refuse en bloc. J'ai été frappé de voir le thème de la chair revenir aussi souvent et clairement dans les dialogues.
&lt;p&gt;
 Le final est fascinant car totalement dans la logique de fuite en avant du film, loin de revenir vers une situation connue, la Mouche finit dans une fusion encore plus totale, les cartes sont battues une dernière fois, et de façon radicale.    </content>
    <mindfood:rating>3</mindfood:rating>
    <mindfood:director>David Cronenberg</mindfood:director>
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    <updated>2006-07-25T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-07-25T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Tournage dans un jardin anglais (****)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/867.jpg width=80 style="float:right"/&gt;J'avais un a-priori négatif sur Michael Winterbottom, sans avoir vu un seul de ses films. Je ne sais pas trop pourquoi: cinéaste engagé et oubliant le film ? effet de quelques mauvaises critiques sur ses sorties récentes ?
&lt;p&gt;
Bref, Tournage dans un jardin anglais est une heureuse surprise. Film dans le film, récit de tournage d'une adaptation inadaptable, foutoir total pas loin du non-sense anglais, coups de griffe hilarants au tout à l'ego du monde du cinéma, enrobé dans un contexte de film historique, où l'on parle de la difficulté de naître, de l'effet circoncisant des guerres et des éléments d'architecture, de l'expérimentation de forceps sur divers accessoires et de vodka tonic. Et de l'érotisme du cinéma allemand.
&lt;p&gt;
Bref, c'est l'éclate, et les acteurs sont pas les derniers à se régaler. En particulier les chamailleries pince sans rires des deux co-vedettes, Steve Coogan et Rob Brydon. 
&lt;p&gt;
Le plus beau ? Pendant tout le film, j'ai admiré l'idée de faire un film sur un film adaptant un livre imaginaire. Et que le tout est tellement loufoque, bien fichu et prenant que je me disais que l'idée dudit roman "post-moderne du XVIIIème" fictif était superbement trouvé, que les quelques scènes qu'on en voyait étaient tellement jubilatoires qu'on marchait à fond. Et ce n'est qu'à la fin du film, pendant le (très drôle) générique que j'ai percuté que "l'inadaptable roman" -dont je n'avais, honte à moi, jamais entendu parler- existait bel et bien. Chapeau.

    </content>
    <mindfood:rating>3</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Michael Winterbottom</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0423409/</mindfood:url>
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    <updated>2006-07-19T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-07-19T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Qu'elle était verte ma vallée (***)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/866.jpg width=80 style="float:right"/&gt;C'est intéressant parfois de faire un petit voyage dans le passé. "Qu'elle était verte ma vallée", immense succès public en 1941, basé sur un roman lui-même très populaire, dresse le portrait d'une famille de mineurs, dans une petite vallée du pays de Galles. Mariages, accidents, amours impossibles, grêves, et même un bon petit morceau de lutte des classes, shocking.
&lt;p&gt;
Il y a plusieurs choses curieuses dans ce film, en le voyant avec le regard d'un spectateur de 2006. 
Déjà une certaine fraîcheur dans les rapports humains (en particulier le père et la mère) qui rend difficile la caricature (il serait aisé de classer le père en chef de famille rigoriste et borné ... mais non). 
&lt;p&gt;
Ce qui est aussi assez étonnant, c'est le contraste entre un ton qui est finalement très, très sirupeux, et un fond souvent assez brut, socialement parlant: mise en cause de l'hypocrisie religieuse, les appels à la grève, les injustices sociales. La mise en scène et la photo est d'ailleurs souvent très soignée, et assez moderne. La voix-off est probablement ce qui a le plus vieilli, avec son texte assez pompeux et le ton de la voix un peu chantant, on se croirait parfois dans une des Silly Symphonies de Disney de l'époque.
&lt;p&gt;
Bref, un mélange assez étonnant:  ni tout à fait grande tragédie, ni comédie romantique, ni grand film social de l'époque, un mélange de tout ça, qui, si l'on enlève quelques couches de sucre et de bons sentiments, fonctionne toujours très bien.
    </content>
    <mindfood:rating>2</mindfood:rating>
    <mindfood:director>John Ford</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0033729/</mindfood:url>
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    <updated>2006-06-25T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-06-25T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Créatures célestes (**)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/862.jpg width=80 style="float:right"/&gt;Dans la Nouvelle-Zélande des années 50, jeunes filles en uniformes, rigueur morale, enseignement à l'ancienne. Deux adolescentes arrivent à s'échapper du quotidien en s'imaginant des mondes fantastiques et se perdent dans une amitié fusionnelle, extrème, qui ira jusqu'au meurtre de qui voudrait les éloigner. Bref, un joli sujet, entre imaginaire extrême, troubles ados et film presque d'époque, et Kate Winslet est plutôt ensorcellante. 
&lt;p&gt;
Mais.
&lt;p&gt;
Mais c'est frappant de voir Peter Jackson, dans un de ses premiers films, sujet aux mêmes tics et problèmes que maintenant. Les mouvements de caméra un peu kitsch (ah, la prise de vue qui tourne autour du personnage en haut d'une colline, ah, la caméra au ras du sol). Les fins de films sans rythme qui tombent à plat. La tendance au plus gros, plus fort, plus de grimaces. Bref, on se retrouve à regarder ça avec un brin d'ennui et d'abattement, un peu comme regarder le gus d'à coté au café qui roule des mécaniques en racontant des platitudes.    </content>
    <mindfood:rating>1</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Peter Jackson</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0110005/</mindfood:url>
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    <updated>2006-06-24T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-06-24T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Dans la peau de Jacques Chirac (****)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/863.jpeg width=80 style="float:right"/&gt;On ne sait pas trop sur quel pied danser. Le problème du film, c'est qu'il n'est pas assez drôle pour être un vrai film comique, une vraie caricature, ni assez engagé pour être un film politique, ni assez rigoureux pour être un portrait. On se retrouve donc avec cet OVNI, montage d'images d'archives de Jacques Chirac avec en voix-off une imitation de Jacques Chirac promettant de dire toute la vérité et révéler tous ses trucs. Bref, pas franchement le même esprit que le "1974, partie de campagne" de Depardon (qui suivait Giscard). 
&lt;p&gt;
"Dans la peau de Jacques Chirac" est assez bien vu pour pas mal d'aspects: l'ancrage local - parce qu'il faut une base arrière et les parcours en long, large et travers de la Corrèze par l'éternel candidat sont savoureux. Et même plus largement, voir l'éternel candidat en pilotage automatique, serrant les mains sans cesse, répétant robotiquement la même petite phrase à faire mouche, les petits dessous des rencontres avec le peuple, la presse, les dignitaires. Les mises en scène grandiloquentes et ridicules (ne manquez pas le film d'horreur de l'hotel de ville, ou les chansons de campagne du RPR, de 1977 ou de 1981).
&lt;p&gt;
Pour les cotés frustrants: on reste sur sa faim pour le Chirac grand prédateur, redoutable tueur politique. Le tableau de chasse est bien brossé, de Chaban à Balladur, de Séguin aux rénovateurs. Quelques scènes sont absolument terribles, comme Giscard évitant de serrer la main de Chirac ou un long travelling sur les jeunes loups aux dents longues du RPR, tous flingués politiquement ou judiciairement. Le Chirac qui trouve plus fin politique que lui avec Mitterrand (et qui resservira certains trucs dûment appris à Jospin).
&lt;p&gt;
Et finalement, c'est le plus attendu qui intéresse presque le moins: les revirements incessants, la capacité à défendre sans sourciller tout et son contraire, les affaires, les pschit abracadabrantesques. Parce qu'on a le sentiment de tout savoir. Et parce qu'on se retrouve presque un peu gêné à se retrouver à considerer ça comme banal, et que le film fait de même.
&lt;p&gt;
Deux derniers détails frappants. Une phrase terrible du pseudo-Chirac en voix off, qui remarque en passant qu'il a toujours été très fort pour conquérir le pouvoir, sans jamais vraiment savoir qu'en faire ensuite. Et aussi une impression floue et tenace de reconnaître dans le Chirac de la marche au pouvoir un Nicolas Sarkozy bien actuel: mêmes jeux avec les thèmes 'qui marchent', même énergie politique totale, même pragmatisme - pour ne pas dire opportunisme - constant.



    </content>
    <mindfood:rating>3</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Micher Royer, Karl Zéro</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0798417/</mindfood:url>
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    <updated>2006-06-17T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-06-17T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Le Caïman (****)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/861.jpeg width=80 style="float:right"/&gt;Film curieux, intéressant, Un producteur de série B sur le retour, vrai fou de cinéma - très Roger Corman dans l'esprit - se retrouve avec un embarrassant scénario entre les mains, une transcription fidèle de l'épopée de Berlusconi. Et contre toute attente, il  donne sa chance à sa jeune et charmante scénariste et réalisatrice, malgré ses studios qui battent de l'aile, et malgré sa vie personnelle qui est en train d'exploser.
&lt;p&gt;
S'ensuit un curieux mélange de chronique femme-et-enfants, de réalisatrice dépassée par son sujet, d'acteurs égocentriques, de film dans le film. Et ça patine un peu: le début de film est un peu bancal, l'intrigue familiale met du temps à se placer, la réalisatrice reste longtemps un peu creuse, et les passages imaginaires sur le film en train font envie et frustrent. Et puis, subitement, les pièces tombent en place, et la seconde moitié du film devient passionnante. Les personnages ont pris de l'épaisseur, le Berlusconi de fiction prend chair, et le final arrive enfin à faire naître des émotions. Curieusement, c'est une fois les gamins absents des scènes que la trame familiale arrive à quelque chose de fort, et le film dans le film trouve enfin sa conclusion frontale, réelle, et totalement glaçante.
&lt;p&gt;
Mais finalement, la grande question posée par le film, c'est: est-ce qu'il est encore possible de faire un film politique en 2006 ? Comme les grands films politiques des décennies précédentes, à la manière de ce que jouait Gian Maria Volontè, comme rappelé à l'envi dans ce film ?
&lt;br&gt;
Et la réponse est simple: non. Impossible, c'est plus l'époque, terminé, y'a rien à voir, circulez. Comme le remarque Nanni Moretti lui-même dans le film, c'est fini, Berlusconi a gagné il y a 20 ou 30 ans. Et finalement, les raisons économiques (cf. la scène de la RAI tout de suite gênée par le sujet) ne sont pas forcément le noeud du problème: comme le film dans le film le pointe, Berlusconi a réussi à changer la société. Et là encore l'acteur Nanni Moretti le dit: il n'y a plus rien à révéler: tout le monde sait exactement ce qu'il en est, il n'y a plus de masques à faire tomber, plus de régime à dénoncer. La mise à nu n'en est plus une. Il n'ya plus qu'à tourner autour, louvoyer, montrer ces personnages consumés par la volonté de faire ce film, qui eux, êtres de fiction, ont encore le luxe de croire pouvoir changer les choses. 
&lt;p&gt;
Et du coup, on comprend mieux le choix de Moretti, tout en restant frustré du film qu'on ne verra jamais. 
    </content>
    <mindfood:rating>3</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Nanni Moretti</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0429727/</mindfood:url>
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    <updated>2006-05-30T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-05-30T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Volver (****)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/860.jpg width=80 style="float:right"/&gt;Trois remarques. 
&lt;p&gt;
Un: Almodóvar signe un film à la fois dans la lignée des précédents (et en particulier le tiré au cordeau et théorique "La mauvaise éducation") et des plus anciens. Couleurs, folies, femmes, rouge, mères, mort. Les actrices sont évidemment formidables. Histoire de femmes, de filles, de mères, de morts, de fraternités et un grand tourbillon pour mélanger tout ça.
&lt;p&gt;
Deux: Almodóvar est un extraordinaire raconteur d'histoires. Parce que parler d'excellence du scénario ou de la mise en scène ne serait pas faire justice à l'ensemble. Tout fonctionne, tout s'imbrique, et il est capable de faire avaler absoluement n'importe quoi au spectateur,  tout et son contraire, sans qu'à aucun instant on ne sorte du récit. Si Almodóvar posait à un moment comme principe que si danser le jerk en lisant l'annuaire permet d'aller sur la lune, on serait prêt à admirer les cratères l'instant d'après. Et réussir ça sans passer par les artifices du second degré et autres connivences avec le spectateur, c'est fort, très fort et il est un des très rares à réussir cela maintenant (peut-être avec Jeunet).
&lt;p&gt;
Trois: pourquoi Volver n'est pas tout à fait un chef d'oeuvre ? Parce que le film manque quand même un peu d'enjeu ? Parce que certains personnages (surtout les hommes) sont vraiment trop à l'état d'ébauches ? Parce qu'hormis le plaisir tient de la satisfaction de l'amateur de puzzles et que l'on reste un peu en dehors ? Dur à dire.
    </content>
    <mindfood:rating>3</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Pedro Almodóvar</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0441909/</mindfood:url>
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    <updated>2006-05-24T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-05-24T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Marie-Antoinette (***)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/857.jpg width=80 style="float:right"/&gt;C'est très curieux: je trouve que Marie-Antoinette est un film qui ne fonctionne pas du tout. Mais j'ai énormément de mal à mettre le doigt sur ce qui cloche.
&lt;p&gt;
Je n'ai pas de problème avec le parti-pris de Sofia Coppola: montrer la reine principalement dans ses années d'insousciance et traité cela comme une version XVIIIème de la vie dorée de la jet set. Au contraire, d'ailleurs, et le style de la bande annonce m'avait totalement convaincu. Mais dans le film, on ne retrouve pas cette énergie, ce coté jusqu'auboutiste dans la décadence.
&lt;p&gt;
Alors pourquoi ? Problème de construction ? avec un film déséquilibré entre une ouverture et un final assez courts et un long tunnel d'amusements au milieu ? Problème de dialogues ? Ce n'est sûrement pas le choix de l'anglais qui me gène ici (Les Liaisons Dangereuses ont prouvé que ce n'était pas un problème), peut-être plus le fait de ne pas l'assumer et de parsemer le tout de bribes de français ou d'anglais si manifestement parlé par des français ? Le fait que le texte manque singulièrement de mordant ?
&lt;p&gt;
Un autre endroit où le film ne fonctionne pas du tout non plus, c'est quand il s'agit de faire passer le grondement souterrain qui va aboutir à la fuite de la royauté. Quelques répliques parlent de modération financière, quelques plans très mal intégrés montrent Louis face à ses ministres, et les emeutes à Versailles sont présentées d'une manière tellement cheap qu'on frôle le ridicule. Là encore, ce qui me gène n'est pas de faire l'impasse sur la situation extérieure aux palais - c'est le principe du film -, mais c'est de le voir le film l'amener par la bande d'une manière si maladroite. D'autant qu'avant les émeutes populaires il y a eu bien des coups de semonce, et certains relevant franchement des intrigues de cour, comme l'affaire du collier qui a continué à démolir la réputation de la reine. 
&lt;p&gt;
Alors qu'est-ce qu'il reste ? pas grand chose. Kirsten Dunst s'en tire merveilleusement bien, Asia Argento est parfaite en Du Barry, ancienne courtisane méprisée par la cour. Visuellement, à part quelques moments génant, c'est très réussi, même malgré une mise en scène un peu sage. En fait, c'est le début du film qui est le plus impressionnant: les cérémonies glaciales de passage de la frontière, l'arrivée à Versailles parmi une foule hiératiques, figée et poudrée - et on pense à Barry Lyndon aux masques de Eyes Wide Shut, ce qui n'est pas un mince compliment. 
&lt;p&gt;
Et c'est ensuite que cela se gâte, avec ce long trajet sans rythme dans les fastes de Versailles, comme si Sofia Coppola, aveuglée par les ors et la singularité de son projet n'avait plus rien trouvé à raconter.


    </content>
    <mindfood:rating>2</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Sofia Coppola</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0422720/</mindfood:url>
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    <updated>2006-05-16T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-05-16T00:00:00+02:00</modified>
    <title>L'iceberg (***)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/853.jpeg width=80 style="float:right"/&gt;Petit film burlesque et imaginatif. Après une nuit imprévue dans une chambre froide, une femme plaque tout: maison, mari, enfants, boulot, et part, direction l'océan et les icebergs. 
&lt;p&gt;
C'est complètement fauché, rigolo, avec pas mal de jolis petits gags visuels. C'est quasiment un film sans dialogue qui fait penser à un Aaltra en moins méchant, bref un OVNI. Le seul vrai reproche qu'on pourrait lui faire, c'est qu'un film qui joue comme ça du décalage, du visuel, se doit de tenir la distance, et l'iceberg manque parfois un peu de rythme. &lt;p&gt;
Raffraîchissant.    </content>
    <mindfood:rating>2</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Fiona Gordon, Dominique Abel, Bruno Romy</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0484113/</mindfood:url>
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    <updated>2006-04-27T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-04-27T00:00:00+02:00</modified>
    <title>OSS 117 : Le Caire nid d'espions (**)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/847.jpg width=80 style="float:right"/&gt;OSS 117, c'est le modèle même du film comique où on gagne à tout les coups. C'est nul ? C'est lourdaud ? Les moindres blagues tombent à plat ? Mais c'est normal, voyons, c'est du second degré. C'est mal joué, poussif, sans rythme ? De quoi vous plaignez-vous, on ne fait que reprendre le pire du film franchouillard des années 50, c'est vo-lon-tai-re. 
&lt;p&gt;
Et évidemment, tout détracteur aura forcément manqué l'objet du film, et devrait d'ailleurs avoir honte de son manque d'humour, l'ignoble personnage.
&lt;p&gt;
Mais à la réflexion, le meilleur moment du film, c'est probablement le générique de début, en pur délire graphique années 50, un peu dans ce qu'avait imaginé Pixar pour Monsters, Inc. Ça a l'autre avantage que l'on y voit pas Jean Dujardin, qui tente de faire un mix entre Buster Keaton et Peter Sellers, et n'aboutit qu'à un rejeton batard de Louis de Funès croisé au Michel Galabru. On a mal pour lui.    </content>
    <mindfood:rating>1</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Michel Hazanavicius</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0464913/</mindfood:url>
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    <updated>2006-04-11T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-04-11T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Renaissance (**)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/838.jpg width=80 style="float:right"/&gt;Très frustrant, très énervant. Graphiquement, "Renaissance" est aussi réussi et innovant que "Sin City", et va peut-être plus loin en n'étant pas enfermé dans un trait B.D. Certains plans urbains sont véritablement à couper le souffle et les décors vont très loin dans l'invention d'un monde - pour le coup, on peut faire le compliment d'une comparaison avec Blade Runner. 
&lt;p&gt;
Mais le problème, le gros, l'énorme problème est que le film est franchement gâché par un scénario faible (trop d'enjeu tue l'enjeu... - et pourant il y avait à faire dans le parano/complot futuriste) et des dialogues ratés. Alors oui, on flirte avec les codes du film noir, mais le dialogue - ou le doublage ? - a un coté un peu amateur qui fait grincer des dents devant pas mal de scènes, et paradoxalement, en fait oublier la splendeur visuelle.
&lt;br&gt;
Bref, c'est crispant, et on repense au motto d'un John Lasseter au sujet des Pixar: "l'histoire, l'histoire, toujours l'histoire". Alors oui, c'est agréable de voir un studio français sortir un film qui en flanque plein les yeux, mais les américains restent encore devant en 'storytelling', et savent éviter de gâcher la forme avec le fond.    </content>
    <mindfood:rating>1</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Christian Volckman</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.renaissance-lefilm.com/accueil.htm</mindfood:url>
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    <updated>2006-04-10T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-04-10T00:00:00+02:00</modified>
    <title>L'ivresse du pouvoir (***)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/827.jpg width=80 style="float:right"/&gt;En fait, c'est un Chabrol zen. La trame de l'affaire Elf est transparente, et il ne faut pas s'attendre à une grande fresque à la Syriana qui suivrait les multiples brins d'une complexe affaire judiciaro-politico-financière. Non, manifestement l'idée de Chabrol ici est beaucoup plus de faire dans la galerie de personnages, dans la peinture d'atmosphère, et c'est finalement pas si mal. La galerie de portait est d'envergure, sans trop verser dans le cabotinage (Huppert pas si terne, Berléand, Balmer, Bruel en requins affairistes). Et même si il ne faut pas s'attendre à une intrigue policière palpitante - là n'est pas l'esprit - , le film arrive à garder un charme certain, de raccords ironiques (ah, les piranhas / sushis) en situations floues (le personnage de Félix), et le tableau brossé, mi amusé, mi cynique n'est finalement pas si désagréable.     </content>
    <mindfood:rating>2</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Claude Chabrol</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://imdb.com/title/tt0463486/</mindfood:url>
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    <updated>2006-04-09T00:00:00+02:00</updated>
    <modified>2006-04-09T00:00:00+02:00</modified>
    <title>Truman Capote (***)</title>
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    <content mode="escaped" type="html">
&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/835.jpg width=80 style="float:right"/&gt;C'est ennuyant ces films que l'on trouve bons, tout en ne pouvant s'empêcher de se dire qu'on en gardera pas une grande trace d'ici quelques mois. &lt;p&gt; Parce que "Capote" est vraiment intéressant, tant pour son objet que dans le traitement. Le scénario tient en quelques lignes: après un quadruple meurtre dans le Kansas, Truman Capote se rend sur place pour espérer y trouver matière pour un article ou un livre et se retrouve fasciné par le fait-divers et les deux meurtriers, qu'il suivra jusqu'à l'exécution.&lt;br&gt;
Loin d'être un film de procès à l'américaine, un thriller, ou un combat contre la peine de mort, le film se sert de ces matériaux pour traiter de quelque chose de très différent: la création artistique et comme l'écrivain peut devenir obsessionnel, un véritable vampire pour son sujet. 
&lt;br&gt;
Et c'est très bien traité: Philip Seymour Hoffman est absolument formidable en génie et monstre égocentrique, charmeur et pitoyable, et la collection de second rôle (Chris Cooper et Catherine Keener en tête) participe au charme. Mais mais mais... il manque quelque chose. Du rythme ? Le film n'a pas vraiment d'aspérités dans son déroulement ? Un peu de mise en scène ? Certains plans de campagne désolée et plate Kansas se retrouvent posés là un peu au hasard, sans que le film n'y gagne vraiment quelque chose (rien à voir avec Fargo ou Paris Texas où l'environnement était un vrai personnage du film), et même la montée vers le dénouement final est un peu plan-plan. Curieux
&lt;br&gt;
Un bon point pour finir: ça donne envie de lire le "De sang-froid" de Capote.    </content>
    <mindfood:rating>2</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Bennett Miller</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://imdb.com/title/tt0379725/</mindfood:url>
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    <updated>2006-03-21T00:00:00+01:00</updated>
    <modified>2006-03-21T00:00:00+01:00</modified>
    <title>De battre mon coeur s'est arrêté (***)</title>
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    <content mode="escaped" type="html">
&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/637.jpg width=80 style="float:right"/&gt;Ennuyeux, un film que je n'arrive pas à trouver formidable, sans réussir à mettre le doigt sur ce qui cloche. La mise en scène est réussie, nerveuse, sans trop tomber dans les pièges de la caméra portée. Romain Duris joue un beau salaud, et devient pour le coup nettement plus intéressant que son jeu uniforme habituel, l'histoire est un tissage de trames plutôt réussi, entre polar qui n'irait pas à son terme, tranche de réalisme sur agents immobiliers véreux, et curieuse histoire de passion musicale. Mais quelque chose manque, de l'ampleur ? un peu d'enjeu ? un minimum d'empathie pour certains des personnages ?     </content>
    <mindfood:rating>2</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Jacques Audiard</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://imdb.com/title/tt0411270</mindfood:url>
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    <updated>2006-02-24T00:00:00+01:00</updated>
    <modified>2006-02-24T00:00:00+01:00</modified>
    <title>Syriana (****)</title>
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    <content mode="escaped" type="html">
&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/825.jpg width=80 style="float:right"/&gt;Ce n'est pas un film sur la perte de l'innocence au moyen-orient, et principalement parce manifestement, il n'y a jamais eu de temps de l'innocence.
&lt;p&gt;
La scène-cle du film, c'est ce moment où un agent de la CIA, usé par trop de terrain, se retrouve confronté avec des éminents membres de l'administration américaine qui s'attendent à entendre une confirmation de leur théories simplistes. Et où il ne peut que lâcher, renonçant à la fois à entrer dans le jeu et à s'opposer, un désabusé "C'est compliqué".
&lt;p&gt;
Alors oui, c'est compliqué. C'est pas simple de mêler dans une intrigue une lutte de succession dans un émirat, des magouilles financières et légales de supernationales du pétrole, les services de renseignements manipulant et se faisant manipuler, sur le terrain ou dans les bureaux, et  les éminences grises, les guerres d'influences, la guerre sale des coups tordus, les intégristes et les endoctrinements.
&lt;p&gt;
"Syriana" joue très habilement avec cette complexité, refusant de prémâcher les intrigues et de guider le spectateur par la trame habituelle d'une fiction.  "Syriana" c'est une tranche de réel, de magouille géopolitique, déformée, tordue, fictionisée, une de ces inventions qui en révèlent plus sur le monde que la bête réalité. Alors oui, il faut s'accrocher, ou plutôt accepter de ne pas tout saisir d'emblée, de ne voir passer que des pièces éparses de puzzle qu'on arrivera - ou non - à réunir au fil du film. "Syriana", c'est ces bribes de mise en scène, d'information, un dialogue, qui peu à peu composent un tableau terrible des guerres du pétrole, du moyen-orient. 
&lt;p&gt;
La scène précitée sur les conceptions caricaturales de l'administration sur l'Iran en dit beaucoup sur d'autres conceptions primaires de certains faucons. Un "comité de libération" washingtonien et mondain rappelle les manoeuvres d'un Chalabi autour de l'Irak. On y voit aussi que la situation de certains  musulmans au coeur des pays du Golfe n'a rien de reluisant, et que la barrière de la langue y est aussi haute qu'ailleurs. Mais "Syriana" ne se cantonne pas à l'explication, au démontage de rouages, c'est un film, un vrai film, qui regorge de plans sec, magnifiques d'autoroutes traversant le désert, de palaces uniformisés, de piscines vides à la gloire passée qui ont comme le parfum des mondes d'Enki Bilal.
&lt;p&gt;
Georges Clooney est impressionnant, changé, marqué, empaté, et Matt Damon, comme la plupart des personnages secondaires sont totalement investis. Pour moi, "Syriana" est un un cran très nettement au dessus de "Traffic", moins en effet de style, plus en ampleur. Et m..., ils sont forts ses américains, y aller au culot, de front, se coltiner des sujets politiques, chauds, sans  compromis. Chapeau.
    </content>
    <mindfood:rating>3</mindfood:rating>
    <mindfood:director>Stephen Gaghan</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://www.imdb.com/title/tt0365737/</mindfood:url>
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    <updated>2006-02-17T00:00:00+01:00</updated>
    <modified>2006-02-17T00:00:00+01:00</modified>
    <title>Good night, and good luck (****)</title>
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    <content mode="escaped" type="html">
&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/748.jpg width=80 style="float:right"/&gt;George Clooney est décidemment quelqu'un d'intéressant. Son premier film, sans être un chef d'oeuvre absolu, était plus que digne d'intérêt avec un scénario ambigu et une vraie mise en scène, élégante et bourrée d'idées. "Good night, and good luck" ne fait que confirmer.
&lt;p&gt;
"Good night, and good luck" retrace la fin du McCarthysme et comment Ed Murrow, chef de l'information et présentateur a décidé de montrer les contradictions et le danger pour les libertés de la croisade du sénateur.
&lt;p.
On sent aussi une vraie jouissance à faire revivre l'époque, les anciens studios, l'entassement entre petits boxes, bureaux encore très Citizen Kane, et salles de montages faisant encore la part belle à la pellicule. L'ouverture du film est à ce titre particulièrement réussie, où sur un morceau de Jazz, Clooney filme une soirée mondaine, passant de visage en visage, et sans une parole réussit à attraper l'esprit d'un moment aussi bien que le long zoom final sur une photo de "Shining". Et tant mieux si la fumée des cigarettes et les vieilles caméras sont furieusement photogéniques. 
&lt;br&gt;
Autre bonne idée de mise en scène: incorporer dans l'action les images d'archives. L'impact des imprécations de McCarthy et de ses délires anti-communistes (on n'est pas loin de Dr Folamour dans certaines de ses tirades) est bien plus grand que si il avait fallu faire rejouer le tout à un acteur. 
&lt;p&gt;
Ironiquement, le film est finalement très classique: unité d'action, de lieu. Le noir et blanc granuleux, élégant fonctionne d'autant mieux que Clooney a réussi à rassembler un groupe d'acteurs qui montre une vraie envie de fonctionner en 'troupe' et dont les tronches sont tout à fait raccord avec ces 50's pas si magnifiées.
&lt;p&gt;
Dernier bon point pour le film: "Good night, and good luck" est loin d'être une célébration béate de la lutte contre le McCarthysme. Déjà parce qu'il ne fait pas l'impasse sur les liens délicats entre information et financements (le traitement du patron de CBS est à cet égard plutôt finaud et pas trop caricatural), mais aussi parce qu'il montre comment Murrow, tout en gagnant le combat médiatique contre le sénateur, a finalement perdu un autre combat, celui de faire de la télévision un média responsable, éthique et qui puisse servir à autre chose que l'entertainment. 
&lt;p&gt;
Alors oui, on pourrait probablement voir aussi dans pas mal des dialogues du film des allusions assez directes à l'attitude de l'administration Bush, mais ce qui ressort le plus finalement est cette nostalgie un peu amère d'une manière de concevoir les médias qui n'a pas survécu longtemps aux rêves des pionniers du petit écran.
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    <mindfood:rating>3</mindfood:rating>
    <mindfood:director>George Clooney</mindfood:director>
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      <name>Ol</name>
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    <updated>2005-12-18T00:00:00+01:00</updated>
    <modified>2005-12-18T00:00:00+01:00</modified>
    <title>Le temps qui reste (****)</title>
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&lt;img src=http://mindfood.no-distance.net/rails/public/pictures/777.jpg width=80 style="float:right"/&gt;Un trentenaire hype, condamné à courte échéance, fait le vide autour de lui avant la mort.
&lt;p&gt;
Ozon réalise quelque chose de très bizarre: un film qui se veut totalement réaliste, et dans le même temps, traversé de fantasmes. 
&lt;p&gt;
Double fantasme de paternité: laisser une vie derrière soi, et en plus le faire en étant homosexuel. Fantasme de contrôle: vivre sa vie totalement, absolument comme on l'entend, sans laisser la moindre prise aux conventions sociales. Choisir qui voir, quoi faire. Garder l'ultime pouvoir, l'information, en refusant d'informer quiconque. Fantasmes de jouissances, en accumulant les moments de plaisirs purs, les envies, les découvertes, le sexe, une glace au chocolat.
&lt;p&gt;
"Le temps qui reste" n'est jamais aussi bon que lorsqu'il reste dans ces extrèmes: le personnage se met en scène en expérimentateur de sa propre marche à la mort, et regarde assez détaché l'impact de ses gestes, de ses vérités sur les autres.
&lt;p&gt;
Alors, quoi ? Grand film ? Peut-être par son sujet, c'est si rare de voir un cinéaste français se prendre de front le thème de la mort ? Mais alors, pourquoi plomber périodiquement le film par des flash-backs franchement pas finauds ? Pourquoi forcer le constraste en faisant de Romain un photographe de mode, en caricaturant à outrance le début du film ?
&lt;p&gt;
C'est d'autant plus incompréhensible que le film est tout autant traversé de moments de grâce: un simple plan d'yeux hagards tressautant dans un rétroviseur, le temps suspendu, adossé à un arbre, les adieux à Jeanne Moreau. Parce que les acteurs sont excellents, sans exception. Et parce que globalement, le film, sec comme un coup de trique, ne laisse que très peu la place au mélo. 
&lt;p&gt;
Il lui sera donc beaucoup pardonné.

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    <mindfood:rating>3</mindfood:rating>
    <mindfood:director>François Ozon</mindfood:director>
    <mindfood:url>http://imdb.com/title/tt0417189</mindfood:url>
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