MindFood
Ol Kinonotes
  • Personne à blâmer pour MindFood.

    Tous ces films ont été vu en grande majorité aux excellllllllents cinémas Diagonal à Montpellier, ou bien au Studio 28 ou au cinéma du moulin de la Galette, à Montmartre.

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2010-07-23
Max Linder - Inception, un peu d'air frais dans les blockbusters. L'argument peut paraître ténu: un groupe d'espions industriels cherche à voler ou implanter des idées en s'introduisant dans les rêves d'hommes d'affaire.

Ténu, mais comme en bien d'autres choses, une inspiration, ce n'est pas grand chose, ce qui compte c'est l'exécution. Et Christopher Nolan a magnifiquement travaillé. C'est un film à l'ancienne: le scénario est particulièrement soigné (et redoutablement pervers), les effets visuels évitent l'impression de jeu vidéo qu'on retrouve trop souvent maintenant, et tous les acteurs, sans exception, sont irréprochables. Inception marque par son inventivité, par son imagination visuelle, et Nolan arrive à éviter tous les écueils de son sujet: pas besoin de guider le spectateur par la main, ou de lui asséner de la philosophie à deux sous à la Matrix. Une histoire, un vrai film-monde (des mondes, plutôt), une vraie texture.

Si il y avait une comparaison à trouver, cela serait probablement moins du côté des Matrix, Strange Days, etc que du très sous-estimé eXistenZ que de : on y retrouve le mélange des niveaux de réalité et surtout, point commun qui m'a frappé, le soin apporté aux décors et l'impression d'être dans un monde complètement générique, anonyme.

Dark Knight, The Prestige et les autres films de Nolan s'approchaient de quelque chose. Avec Inception, on y est.

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2010-04-18
Studio 28, Paris - Ça fait du bien de voir un film, un vrai film d'un vrai réalisateur. Bref, un truc avec un vrai scénario, de vrais acteurs, et surtout une vraie mise en scène. The Ghost Writer, c'est typiquement un sujet - géopolitique, complotisme et médias - qui aurait donner du fadasse, vite vu, vite oublié. Mais là, il y a une patte et une vraie, et ça change tout. Ne serait-ce que l'ouverture du film, avec une économie de moyens hallucinante, sans un mot, fait entrer immédiatement dans le sujet. Ewan McGregor, Olivia Williams (et dans une moindre mesure Pierce Brosnan) incarnent parfaitement des personnages qui auraient eu tout pour être des stéréotypes. Et le tout a du rythme, des vraies idées, des petites vignettes (ah, le jardinier) où l'on retrouve la patte grinçante de certains très vieux Polanski. Le malaise est là, parfois il suffit d'un paysage, d'une architecture m'as-tu-vu. Et le reste vient naturellement.
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2010-04-18
Studio 28, Paris - La beauté d'une mise en scène parfois, c'est quand un réalisateur nous mène par le bout du nez exactement là où il veut aller, nous fait voir ce qu'il veut, ni plus ni moins, et qu'on grogne sur le chemin pour au final rester bouche bée en repensant au voyage qu'il nous a concocté. Shutter Island est exactement comme cela, c'est un grand, un très grand exercice de cinéma, très stylé, très maniéré, au point où on se dit qu'il en fait trop, que ce n'était pas nécessaire, avant de comprendre que oui, c'était absolument nécessaire. Qu'un thriller qui se déroule dans un asile de fous furieux est obligé de prendre corps d'une façon différente. Que DiCaprio, Ben Kingsley et Max von Sydow jouent à la fois parfaitement juste et forcent le trait. C'est très intelligent et complètement animal, viscéral, et si il fallait le rapprocher d'un autre Scorcese, c'est probablement du côté du Nicholas Cage abimé de A tombeau ouvert que j'irais chercher.
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2008-06-29
UGC Ciné Cité - "Plus ça change, plus c'est la même chose" (devise Shadok). C'est qu'il faudrait avant tout féliciter Spielberg et Lucas d'avoir réussi ce qui n'était pas gagné au départ: garder la saveur et l'esprit d'Indy.

Et c'est quoi l'esprit d'Indiana Jones ? C'est avant tout ce bon vieux fantasme de Lucas et Spielberg sur les "matinees", ces petits films de série B projetés en journée ou le matin. Les feuilletons sur grand écran. Les aventures de Roger l'explorateur dans les mines transylvaniennes du Roi Salomon. L'aventure de la mite géante. Etc. Et le duo ne s'est jamais caché de vouloir retrouver cette esprit là, en l'adaptant au cinéma des années 80 pour Indy (et même pour Starwars, Lucas a toujours défendu de vouloir faire du space-opera à cette sauce là).

Alors bon, Indy a toujours été nourri à ce lait là: du vrai héros reconnaissable à 100 mètres, des effets spéciaux comme à la maison, le scénario qui ne cherche pas à construire des cathédrales, et surtout des méchants, de la jungle, des courses-poursuite et de l'humour.

Et à cette aune, Indy 4 est une réussite, et dépasse même les 3 premiers opus: merci à Spielberg et Lucas de n'avoir pas essayé de revamper la série dans du soigné-packagé-digital-bien tourné. Des vrais méchants (Cate Blanchett, qui prouve encore que Lucas n'a aucun goût en matière de coiffure). Le contexte est même plus riche que d'habitude (les nazis étaient là pour le décor ou le gag dans I-II-III) avec la paranoïa des 50" finalement pas si mal rendue, les grandes peurs de l'époque, et un petit goût de complot et d'histoire parallèle un peu plus riche qu'avant. Et puis ce n'est pas désagréable de voir des héroïnes qui ne sont plus justement dans le type même des premiers Indy, les héros ont vieillis, les héroïnes aussi, et c'est très bien. Et on retouve encore l'artisanal, les effets spéciaux qui se voient comme à l'ancienne, les courses en bagnole - incroyables, au sens propre -. Le scénario ? on s'en fout autant qu'avant, du moment qu'on voit de la jungle, des fouets, des artefacts maléfiques et des trajets d'avion qui se dessinent sur une carte.

Ça serait pour le coup assez paradoxal de reprocher tout cela à Indy IV, c'est exactement ce qu'on aimait dans les trois premiers opus, et pour le coup, Spielberg et Lucas ont été beaux joueurs en se contenant et respectant l'esprit et la lettre, et envoyant balader les ronchons du "c'était mieux avant" qui ne se rendent pas compte que justement, c'est tout aussi mauvais qu'avant et que c'était justement ce qu'on adore.

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2006-10-15
Studio 28 - Comment Nick Naylor, lobbyiste des fabricants de cigarettes, gagne sa vie, magouille pour obtenir du placement de produit à Hollywood, bouffe avec ses copains lobbyistes (alcool et armes, rien de moins), use d'une rhétorique à la finesse toute nord-coréenne, élève son fils, donne des interviews et plus si affinités, se bataille avec un sénateur, etc.

Le tout donne un film assez léger et agréable, qui réussit quand même l'exploit de ne rendre personne (à commencer par le personnage principal) foncièrement antipathique, ce qui n'est pas son moindre mérite. Pour le reste, c'est pétillant et ça passe vite: la mise en scène n'est pas révolutionnaire (voix off, petits arrêts sur images, etc - on se croirait dans les poupées russes), les seconds rôles sont plus grands que nature (mention spéciale au Grand Agent hollywoodien), c'est divertissant, et on en demande ni n'attend beaucoup plus.

Et un bon point au générique de début (j'adooore les bons génériques), au graphisme de paquets de cigarettes années 50, nerveux, élégant et très réussi.

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2006-09-30
MK2 Quai de Seine - Deux audaces en un seul film. Primo, tenter de faire la mythique bonne adaptation de Philip K. Dick - ce qui est déjà un défi intéressant. Secundo: le faire en innovant sur la forme.

Donc, "a scanner darkly" (joli titre, soit dit en passant), c'est la plongée dans le monde glauque, psychotique et paranoïaque d'un agent des stups infiltré dans un groupe de petits dealers, dans une amérique encore plus glaque, psychotique et paranoïaque que la réalité. Et, comme souvent chez Dick, le double jeu ne suffit pas, et le personnage se retrouve au croisement de trois personalités, plusieurs épaisses couches de mensonges, quelques manipulations, et complètement paumé - au moins autant que le lecteur, euh, spectateur. Donc, sur ce point, "a scanner darkly" est une réussite: l'ambiance des écrits de Dick est fidèlement retranscrite: drogue, folie, persécution... toutes les qualités, mais aussi les défaults, les passages à vide, le manque de rythme.

Et l'autre bonne tentative réussie c'est d'avoir trouvé une forme originale pour raconter le tout: un film classique avec force effets spéciaux serait probablement tombé bien à plat (cf. Total Recall). Le rotoscoping des prises de vues fonctionne bien, très bien, et ce monde où les objets eux mêmes sont parfois un peu changeants, mobiles, hésitant, stylisé est parfaitement raccord avec la trame. On pourrait juste regretter qu'à part quelques séquences (quasiment toutes autour du personnage de junkie Charles Freck), Linklater ne pousse pas les possibilités du medium encore plus loin dans le mélange entre réalité et hallucinations. Le générique de début, mi-dégoûtant, mi-comique est une grande réussite, mais reste trop isolé.

Qu'est-ce qui empêche "A Sacnner Darkly" de monter au niveau de l'Adapatation indépassée de Dick, Blade Runner ? Peut-être un film trop fidèle à l'oeuvre originale et à son esprit ? Moins universel ? peut-être qu'un film plus rythmé, plus vaste aurait été possible ? peut-être la plongée dans la confusion du malheureux protagoniste est-elle, justement, un peu trop confuse ? peut-être que le film aurait mérité 'un peu plus de cinéma, de mise en scène ?

Bref, une belle réussite, mais frustrante, on n'échappe pas au regret de n'avoir pas vu LE film qui aurait réussi à passer totalement l'univers de Dick sur grand écran.

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2006-08-15
Cinéma en plein air - La Villette - "La mouche", c'est un très bon exemple de ce que Cronenberg est capable de faire en se glissant dans les oripeaux du film de genre: un film, comme il le dit lui-même, totalement dépressif sur un amour brisé par la maladie et la mort.

Le film, comme souvent chez Cronenberg, est sec comme un coup de trique, l'ouverture ne s'embarrasse pas longues scènes d'expositions, le final est un crescendo coupé brusque et même les scènes "de genre" n'en respectent guère les codes: au lieu de longues scènes en faux départs pour faire monter l'angoisse, Cronenberg filme une juxtaposition de petits pics horrifiants en forme de coups de poing.

Un peu comme plus tard eXistenZ, la Mouche n'est pas dépourvu d'un humour un peu décalé, souvent lié à l'énorme de certaines situations, on n'est pas loin du "rire panique" cher à Topor. Même si quelques minutes plus tard, on n'a plus envie de rire du tout: avec des séquences comme la scène onirique, Cronenberg réussit à toucher du doigt des angoisses diablement profondes.

Autre trait caractéristique: le "statut" du monstre qui bouge en permanence dans le film: humain ? surhumain ? monstre ? victime ? bourreau ? enviable ? méprisable ? la métamorphose - physique et psychologique (cf. le monologue sur 'la politique des insectes') de Seth Brundle est un glissement vers "autre chose" répugnant peut-être, mais qu'aucun des personnages ne refuse en bloc. J'ai été frappé de voir le thème de la chair revenir aussi souvent et clairement dans les dialogues.

Le final est fascinant car totalement dans la logique de fuite en avant du film, loin de revenir vers une situation connue, la Mouche finit dans une fusion encore plus totale, les cartes sont battues une dernière fois, et de façon radicale.

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2006-07-25
MK2 Quai de Loire - J'avais un a-priori négatif sur Michael Winterbottom, sans avoir vu un seul de ses films. Je ne sais pas trop pourquoi: cinéaste engagé et oubliant le film ? effet de quelques mauvaises critiques sur ses sorties récentes ?

Bref, Tournage dans un jardin anglais est une heureuse surprise. Film dans le film, récit de tournage d'une adaptation inadaptable, foutoir total pas loin du non-sense anglais, coups de griffe hilarants au tout à l'ego du monde du cinéma, enrobé dans un contexte de film historique, où l'on parle de la difficulté de naître, de l'effet circoncisant des guerres et des éléments d'architecture, de l'expérimentation de forceps sur divers accessoires et de vodka tonic. Et de l'érotisme du cinéma allemand.

Bref, c'est l'éclate, et les acteurs sont pas les derniers à se régaler. En particulier les chamailleries pince sans rires des deux co-vedettes, Steve Coogan et Rob Brydon.

Le plus beau ? Pendant tout le film, j'ai admiré l'idée de faire un film sur un film adaptant un livre imaginaire. Et que le tout est tellement loufoque, bien fichu et prenant que je me disais que l'idée dudit roman "post-moderne du XVIIIème" fictif était superbement trouvé, que les quelques scènes qu'on en voyait étaient tellement jubilatoires qu'on marchait à fond. Et ce n'est qu'à la fin du film, pendant le (très drôle) générique que j'ai percuté que "l'inadaptable roman" -dont je n'avais, honte à moi, jamais entendu parler- existait bel et bien. Chapeau.

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2006-07-19
Studio 28 - C'est intéressant parfois de faire un petit voyage dans le passé. "Qu'elle était verte ma vallée", immense succès public en 1941, basé sur un roman lui-même très populaire, dresse le portrait d'une famille de mineurs, dans une petite vallée du pays de Galles. Mariages, accidents, amours impossibles, grêves, et même un bon petit morceau de lutte des classes, shocking.

Il y a plusieurs choses curieuses dans ce film, en le voyant avec le regard d'un spectateur de 2006. Déjà une certaine fraîcheur dans les rapports humains (en particulier le père et la mère) qui rend difficile la caricature (il serait aisé de classer le père en chef de famille rigoriste et borné ... mais non).

Ce qui est aussi assez étonnant, c'est le contraste entre un ton qui est finalement très, très sirupeux, et un fond souvent assez brut, socialement parlant: mise en cause de l'hypocrisie religieuse, les appels à la grève, les injustices sociales. La mise en scène et la photo est d'ailleurs souvent très soignée, et assez moderne. La voix-off est probablement ce qui a le plus vieilli, avec son texte assez pompeux et le ton de la voix un peu chantant, on se croirait parfois dans une des Silly Symphonies de Disney de l'époque.

Bref, un mélange assez étonnant: ni tout à fait grande tragédie, ni comédie romantique, ni grand film social de l'époque, un mélange de tout ça, qui, si l'on enlève quelques couches de sucre et de bons sentiments, fonctionne toujours très bien.

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2006-06-25
MK2 Quai de Seine - Dans la Nouvelle-Zélande des années 50, jeunes filles en uniformes, rigueur morale, enseignement à l'ancienne. Deux adolescentes arrivent à s'échapper du quotidien en s'imaginant des mondes fantastiques et se perdent dans une amitié fusionnelle, extrème, qui ira jusqu'au meurtre de qui voudrait les éloigner. Bref, un joli sujet, entre imaginaire extrême, troubles ados et film presque d'époque, et Kate Winslet est plutôt ensorcellante.

Mais.

Mais c'est frappant de voir Peter Jackson, dans un de ses premiers films, sujet aux mêmes tics et problèmes que maintenant. Les mouvements de caméra un peu kitsch (ah, la prise de vue qui tourne autour du personnage en haut d'une colline, ah, la caméra au ras du sol). Les fins de films sans rythme qui tombent à plat. La tendance au plus gros, plus fort, plus de grimaces. Bref, on se retrouve à regarder ça avec un brin d'ennui et d'abattement, un peu comme regarder le gus d'à coté au café qui roule des mécaniques en racontant des platitudes.

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2006-06-24
Studio 28 - On ne sait pas trop sur quel pied danser. Le problème du film, c'est qu'il n'est pas assez drôle pour être un vrai film comique, une vraie caricature, ni assez engagé pour être un film politique, ni assez rigoureux pour être un portrait. On se retrouve donc avec cet OVNI, montage d'images d'archives de Jacques Chirac avec en voix-off une imitation de Jacques Chirac promettant de dire toute la vérité et révéler tous ses trucs. Bref, pas franchement le même esprit que le "1974, partie de campagne" de Depardon (qui suivait Giscard).

"Dans la peau de Jacques Chirac" est assez bien vu pour pas mal d'aspects: l'ancrage local - parce qu'il faut une base arrière et les parcours en long, large et travers de la Corrèze par l'éternel candidat sont savoureux. Et même plus largement, voir l'éternel candidat en pilotage automatique, serrant les mains sans cesse, répétant robotiquement la même petite phrase à faire mouche, les petits dessous des rencontres avec le peuple, la presse, les dignitaires. Les mises en scène grandiloquentes et ridicules (ne manquez pas le film d'horreur de l'hotel de ville, ou les chansons de campagne du RPR, de 1977 ou de 1981).

Pour les cotés frustrants: on reste sur sa faim pour le Chirac grand prédateur, redoutable tueur politique. Le tableau de chasse est bien brossé, de Chaban à Balladur, de Séguin aux rénovateurs. Quelques scènes sont absolument terribles, comme Giscard évitant de serrer la main de Chirac ou un long travelling sur les jeunes loups aux dents longues du RPR, tous flingués politiquement ou judiciairement. Le Chirac qui trouve plus fin politique que lui avec Mitterrand (et qui resservira certains trucs dûment appris à Jospin).

Et finalement, c'est le plus attendu qui intéresse presque le moins: les revirements incessants, la capacité à défendre sans sourciller tout et son contraire, les affaires, les pschit abracadabrantesques. Parce qu'on a le sentiment de tout savoir. Et parce qu'on se retrouve presque un peu gêné à se retrouver à considerer ça comme banal, et que le film fait de même.

Deux derniers détails frappants. Une phrase terrible du pseudo-Chirac en voix off, qui remarque en passant qu'il a toujours été très fort pour conquérir le pouvoir, sans jamais vraiment savoir qu'en faire ensuite. Et aussi une impression floue et tenace de reconnaître dans le Chirac de la marche au pouvoir un Nicolas Sarkozy bien actuel: mêmes jeux avec les thèmes 'qui marchent', même énergie politique totale, même pragmatisme - pour ne pas dire opportunisme - constant.

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2006-06-17
Studio 28 - Film curieux, intéressant, Un producteur de série B sur le retour, vrai fou de cinéma - très Roger Corman dans l'esprit - se retrouve avec un embarrassant scénario entre les mains, une transcription fidèle de l'épopée de Berlusconi. Et contre toute attente, il donne sa chance à sa jeune et charmante scénariste et réalisatrice, malgré ses studios qui battent de l'aile, et malgré sa vie personnelle qui est en train d'exploser.

S'ensuit un curieux mélange de chronique femme-et-enfants, de réalisatrice dépassée par son sujet, d'acteurs égocentriques, de film dans le film. Et ça patine un peu: le début de film est un peu bancal, l'intrigue familiale met du temps à se placer, la réalisatrice reste longtemps un peu creuse, et les passages imaginaires sur le film en train font envie et frustrent. Et puis, subitement, les pièces tombent en place, et la seconde moitié du film devient passionnante. Les personnages ont pris de l'épaisseur, le Berlusconi de fiction prend chair, et le final arrive enfin à faire naître des émotions. Curieusement, c'est une fois les gamins absents des scènes que la trame familiale arrive à quelque chose de fort, et le film dans le film trouve enfin sa conclusion frontale, réelle, et totalement glaçante.

Mais finalement, la grande question posée par le film, c'est: est-ce qu'il est encore possible de faire un film politique en 2006 ? Comme les grands films politiques des décennies précédentes, à la manière de ce que jouait Gian Maria Volontè, comme rappelé à l'envi dans ce film ?
Et la réponse est simple: non. Impossible, c'est plus l'époque, terminé, y'a rien à voir, circulez. Comme le remarque Nanni Moretti lui-même dans le film, c'est fini, Berlusconi a gagné il y a 20 ou 30 ans. Et finalement, les raisons économiques (cf. la scène de la RAI tout de suite gênée par le sujet) ne sont pas forcément le noeud du problème: comme le film dans le film le pointe, Berlusconi a réussi à changer la société. Et là encore l'acteur Nanni Moretti le dit: il n'y a plus rien à révéler: tout le monde sait exactement ce qu'il en est, il n'y a plus de masques à faire tomber, plus de régime à dénoncer. La mise à nu n'en est plus une. Il n'ya plus qu'à tourner autour, louvoyer, montrer ces personnages consumés par la volonté de faire ce film, qui eux, êtres de fiction, ont encore le luxe de croire pouvoir changer les choses.

Et du coup, on comprend mieux le choix de Moretti, tout en restant frustré du film qu'on ne verra jamais.

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2006-05-30
MK2 Quai de Loire - Trois remarques.

Un: Almodóvar signe un film à la fois dans la lignée des précédents (et en particulier le tiré au cordeau et théorique "La mauvaise éducation") et des plus anciens. Couleurs, folies, femmes, rouge, mères, mort. Les actrices sont évidemment formidables. Histoire de femmes, de filles, de mères, de morts, de fraternités et un grand tourbillon pour mélanger tout ça.

Deux: Almodóvar est un extraordinaire raconteur d'histoires. Parce que parler d'excellence du scénario ou de la mise en scène ne serait pas faire justice à l'ensemble. Tout fonctionne, tout s'imbrique, et il est capable de faire avaler absoluement n'importe quoi au spectateur, tout et son contraire, sans qu'à aucun instant on ne sorte du récit. Si Almodóvar posait à un moment comme principe que si danser le jerk en lisant l'annuaire permet d'aller sur la lune, on serait prêt à admirer les cratères l'instant d'après. Et réussir ça sans passer par les artifices du second degré et autres connivences avec le spectateur, c'est fort, très fort et il est un des très rares à réussir cela maintenant (peut-être avec Jeunet).

Trois: pourquoi Volver n'est pas tout à fait un chef d'oeuvre ? Parce que le film manque quand même un peu d'enjeu ? Parce que certains personnages (surtout les hommes) sont vraiment trop à l'état d'ébauches ? Parce qu'hormis le plaisir tient de la satisfaction de l'amateur de puzzles et que l'on reste un peu en dehors ? Dur à dire.

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2006-05-24
MK2 Quai de Loire - C'est très curieux: je trouve que Marie-Antoinette est un film qui ne fonctionne pas du tout. Mais j'ai énormément de mal à mettre le doigt sur ce qui cloche.

Je n'ai pas de problème avec le parti-pris de Sofia Coppola: montrer la reine principalement dans ses années d'insousciance et traité cela comme une version XVIIIème de la vie dorée de la jet set. Au contraire, d'ailleurs, et le style de la bande annonce m'avait totalement convaincu. Mais dans le film, on ne retrouve pas cette énergie, ce coté jusqu'auboutiste dans la décadence.

Alors pourquoi ? Problème de construction ? avec un film déséquilibré entre une ouverture et un final assez courts et un long tunnel d'amusements au milieu ? Problème de dialogues ? Ce n'est sûrement pas le choix de l'anglais qui me gène ici (Les Liaisons Dangereuses ont prouvé que ce n'était pas un problème), peut-être plus le fait de ne pas l'assumer et de parsemer le tout de bribes de français ou d'anglais si manifestement parlé par des français ? Le fait que le texte manque singulièrement de mordant ?

Un autre endroit où le film ne fonctionne pas du tout non plus, c'est quand il s'agit de faire passer le grondement souterrain qui va aboutir à la fuite de la royauté. Quelques répliques parlent de modération financière, quelques plans très mal intégrés montrent Louis face à ses ministres, et les emeutes à Versailles sont présentées d'une manière tellement cheap qu'on frôle le ridicule. Là encore, ce qui me gène n'est pas de faire l'impasse sur la situation extérieure aux palais - c'est le principe du film -, mais c'est de le voir le film l'amener par la bande d'une manière si maladroite. D'autant qu'avant les émeutes populaires il y a eu bien des coups de semonce, et certains relevant franchement des intrigues de cour, comme l'affaire du collier qui a continué à démolir la réputation de la reine.

Alors qu'est-ce qu'il reste ? pas grand chose. Kirsten Dunst s'en tire merveilleusement bien, Asia Argento est parfaite en Du Barry, ancienne courtisane méprisée par la cour. Visuellement, à part quelques moments génant, c'est très réussi, même malgré une mise en scène un peu sage. En fait, c'est le début du film qui est le plus impressionnant: les cérémonies glaciales de passage de la frontière, l'arrivée à Versailles parmi une foule hiératiques, figée et poudrée - et on pense à Barry Lyndon aux masques de Eyes Wide Shut, ce qui n'est pas un mince compliment.

Et c'est ensuite que cela se gâte, avec ce long trajet sans rythme dans les fastes de Versailles, comme si Sofia Coppola, aveuglée par les ors et la singularité de son projet n'avait plus rien trouvé à raconter.

Fiona Gordon, Dominique Abel, Bruno Romy

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2006-05-16
MK2 Hautefeuille - Petit film burlesque et imaginatif. Après une nuit imprévue dans une chambre froide, une femme plaque tout: maison, mari, enfants, boulot, et part, direction l'océan et les icebergs.

C'est complètement fauché, rigolo, avec pas mal de jolis petits gags visuels. C'est quasiment un film sans dialogue qui fait penser à un Aaltra en moins méchant, bref un OVNI. Le seul vrai reproche qu'on pourrait lui faire, c'est qu'un film qui joue comme ça du décalage, du visuel, se doit de tenir la distance, et l'iceberg manque parfois un peu de rythme.

Raffraîchissant.

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2006-04-27
Pathé Wepler - OSS 117, c'est le modèle même du film comique où on gagne à tout les coups. C'est nul ? C'est lourdaud ? Les moindres blagues tombent à plat ? Mais c'est normal, voyons, c'est du second degré. C'est mal joué, poussif, sans rythme ? De quoi vous plaignez-vous, on ne fait que reprendre le pire du film franchouillard des années 50, c'est vo-lon-tai-re.

Et évidemment, tout détracteur aura forcément manqué l'objet du film, et devrait d'ailleurs avoir honte de son manque d'humour, l'ignoble personnage.

Mais à la réflexion, le meilleur moment du film, c'est probablement le générique de début, en pur délire graphique années 50, un peu dans ce qu'avait imaginé Pixar pour Monsters, Inc. Ça a l'autre avantage que l'on y voit pas Jean Dujardin, qui tente de faire un mix entre Buster Keaton et Peter Sellers, et n'aboutit qu'à un rejeton batard de Louis de Funès croisé au Michel Galabru. On a mal pour lui.

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2006-04-11
Studio 28 - Très frustrant, très énervant. Graphiquement, "Renaissance" est aussi réussi et innovant que "Sin City", et va peut-être plus loin en n'étant pas enfermé dans un trait B.D. Certains plans urbains sont véritablement à couper le souffle et les décors vont très loin dans l'invention d'un monde - pour le coup, on peut faire le compliment d'une comparaison avec Blade Runner.

Mais le problème, le gros, l'énorme problème est que le film est franchement gâché par un scénario faible (trop d'enjeu tue l'enjeu... - et pourant il y avait à faire dans le parano/complot futuriste) et des dialogues ratés. Alors oui, on flirte avec les codes du film noir, mais le dialogue - ou le doublage ? - a un coté un peu amateur qui fait grincer des dents devant pas mal de scènes, et paradoxalement, en fait oublier la splendeur visuelle.
Bref, c'est crispant, et on repense au motto d'un John Lasseter au sujet des Pixar: "l'histoire, l'histoire, toujours l'histoire". Alors oui, c'est agréable de voir un studio français sortir un film qui en flanque plein les yeux, mais les américains restent encore devant en 'storytelling', et savent éviter de gâcher la forme avec le fond.

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2006-04-10
Studio 28 - En fait, c'est un Chabrol zen. La trame de l'affaire Elf est transparente, et il ne faut pas s'attendre à une grande fresque à la Syriana qui suivrait les multiples brins d'une complexe affaire judiciaro-politico-financière. Non, manifestement l'idée de Chabrol ici est beaucoup plus de faire dans la galerie de personnages, dans la peinture d'atmosphère, et c'est finalement pas si mal. La galerie de portait est d'envergure, sans trop verser dans le cabotinage (Huppert pas si terne, Berléand, Balmer, Bruel en requins affairistes). Et même si il ne faut pas s'attendre à une intrigue policière palpitante - là n'est pas l'esprit - , le film arrive à garder un charme certain, de raccords ironiques (ah, les piranhas / sushis) en situations floues (le personnage de Félix), et le tableau brossé, mi amusé, mi cynique n'est finalement pas si désagréable.
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2006-04-09
Studio 28 - C'est ennuyant ces films que l'on trouve bons, tout en ne pouvant s'empêcher de se dire qu'on en gardera pas une grande trace d'ici quelques mois.

Parce que "Capote" est vraiment intéressant, tant pour son objet que dans le traitement. Le scénario tient en quelques lignes: après un quadruple meurtre dans le Kansas, Truman Capote se rend sur place pour espérer y trouver matière pour un article ou un livre et se retrouve fasciné par le fait-divers et les deux meurtriers, qu'il suivra jusqu'à l'exécution.
Loin d'être un film de procès à l'américaine, un thriller, ou un combat contre la peine de mort, le film se sert de ces matériaux pour traiter de quelque chose de très différent: la création artistique et comme l'écrivain peut devenir obsessionnel, un véritable vampire pour son sujet.
Et c'est très bien traité: Philip Seymour Hoffman est absolument formidable en génie et monstre égocentrique, charmeur et pitoyable, et la collection de second rôle (Chris Cooper et Catherine Keener en tête) participe au charme. Mais mais mais... il manque quelque chose. Du rythme ? Le film n'a pas vraiment d'aspérités dans son déroulement ? Un peu de mise en scène ? Certains plans de campagne désolée et plate Kansas se retrouvent posés là un peu au hasard, sans que le film n'y gagne vraiment quelque chose (rien à voir avec Fargo ou Paris Texas où l'environnement était un vrai personnage du film), et même la montée vers le dénouement final est un peu plan-plan. Curieux
Un bon point pour finir: ça donne envie de lire le "De sang-froid" de Capote.

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2006-03-21
Studio 28 - Ennuyeux, un film que je n'arrive pas à trouver formidable, sans réussir à mettre le doigt sur ce qui cloche. La mise en scène est réussie, nerveuse, sans trop tomber dans les pièges de la caméra portée. Romain Duris joue un beau salaud, et devient pour le coup nettement plus intéressant que son jeu uniforme habituel, l'histoire est un tissage de trames plutôt réussi, entre polar qui n'irait pas à son terme, tranche de réalisme sur agents immobiliers véreux, et curieuse histoire de passion musicale. Mais quelque chose manque, de l'ampleur ? un peu d'enjeu ? un minimum d'empathie pour certains des personnages ?
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2006-02-24
MK2 Quai de Loire - Ce n'est pas un film sur la perte de l'innocence au moyen-orient, et principalement parce manifestement, il n'y a jamais eu de temps de l'innocence.

La scène-cle du film, c'est ce moment où un agent de la CIA, usé par trop de terrain, se retrouve confronté avec des éminents membres de l'administration américaine qui s'attendent à entendre une confirmation de leur théories simplistes. Et où il ne peut que lâcher, renonçant à la fois à entrer dans le jeu et à s'opposer, un désabusé "C'est compliqué".

Alors oui, c'est compliqué. C'est pas simple de mêler dans une intrigue une lutte de succession dans un émirat, des magouilles financières et légales de supernationales du pétrole, les services de renseignements manipulant et se faisant manipuler, sur le terrain ou dans les bureaux, et les éminences grises, les guerres d'influences, la guerre sale des coups tordus, les intégristes et les endoctrinements.

"Syriana" joue très habilement avec cette complexité, refusant de prémâcher les intrigues et de guider le spectateur par la trame habituelle d'une fiction. "Syriana" c'est une tranche de réel, de magouille géopolitique, déformée, tordue, fictionisée, une de ces inventions qui en révèlent plus sur le monde que la bête réalité. Alors oui, il faut s'accrocher, ou plutôt accepter de ne pas tout saisir d'emblée, de ne voir passer que des pièces éparses de puzzle qu'on arrivera - ou non - à réunir au fil du film. "Syriana", c'est ces bribes de mise en scène, d'information, un dialogue, qui peu à peu composent un tableau terrible des guerres du pétrole, du moyen-orient.

La scène précitée sur les conceptions caricaturales de l'administration sur l'Iran en dit beaucoup sur d'autres conceptions primaires de certains faucons. Un "comité de libération" washingtonien et mondain rappelle les manoeuvres d'un Chalabi autour de l'Irak. On y voit aussi que la situation de certains musulmans au coeur des pays du Golfe n'a rien de reluisant, et que la barrière de la langue y est aussi haute qu'ailleurs. Mais "Syriana" ne se cantonne pas à l'explication, au démontage de rouages, c'est un film, un vrai film, qui regorge de plans sec, magnifiques d'autoroutes traversant le désert, de palaces uniformisés, de piscines vides à la gloire passée qui ont comme le parfum des mondes d'Enki Bilal.

Georges Clooney est impressionnant, changé, marqué, empaté, et Matt Damon, comme la plupart des personnages secondaires sont totalement investis. Pour moi, "Syriana" est un un cran très nettement au dessus de "Traffic", moins en effet de style, plus en ampleur. Et m..., ils sont forts ses américains, y aller au culot, de front, se coltiner des sujets politiques, chauds, sans compromis. Chapeau.

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2006-02-17
Studio 28 - George Clooney est décidemment quelqu'un d'intéressant. Son premier film, sans être un chef d'oeuvre absolu, était plus que digne d'intérêt avec un scénario ambigu et une vraie mise en scène, élégante et bourrée d'idées. "Good night, and good luck" ne fait que confirmer.

"Good night, and good luck" retrace la fin du McCarthysme et comment Ed Murrow, chef de l'information et présentateur a décidé de montrer les contradictions et le danger pour les libertés de la croisade du sénateur. Autre bonne idée de mise en scène: incorporer dans l'action les images d'archives. L'impact des imprécations de McCarthy et de ses délires anti-communistes (on n'est pas loin de Dr Folamour dans certaines de ses tirades) est bien plus grand que si il avait fallu faire rejouer le tout à un acteur.

Ironiquement, le film est finalement très classique: unité d'action, de lieu. Le noir et blanc granuleux, élégant fonctionne d'autant mieux que Clooney a réussi à rassembler un groupe d'acteurs qui montre une vraie envie de fonctionner en 'troupe' et dont les tronches sont tout à fait raccord avec ces 50's pas si magnifiées.

Dernier bon point pour le film: "Good night, and good luck" est loin d'être une célébration béate de la lutte contre le McCarthysme. Déjà parce qu'il ne fait pas l'impasse sur les liens délicats entre information et financements (le traitement du patron de CBS est à cet égard plutôt finaud et pas trop caricatural), mais aussi parce qu'il montre comment Murrow, tout en gagnant le combat médiatique contre le sénateur, a finalement perdu un autre combat, celui de faire de la télévision un média responsable, éthique et qui puisse servir à autre chose que l'entertainment.

Alors oui, on pourrait probablement voir aussi dans pas mal des dialogues du film des allusions assez directes à l'attitude de l'administration Bush, mais ce qui ressort le plus finalement est cette nostalgie un peu amère d'une manière de concevoir les médias qui n'a pas survécu longtemps aux rêves des pionniers du petit écran.

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2005-12-18
Studio 28 - Un trentenaire hype, condamné à courte échéance, fait le vide autour de lui avant la mort.

Ozon réalise quelque chose de très bizarre: un film qui se veut totalement réaliste, et dans le même temps, traversé de fantasmes.

Double fantasme de paternité: laisser une vie derrière soi, et en plus le faire en étant homosexuel. Fantasme de contrôle: vivre sa vie totalement, absolument comme on l'entend, sans laisser la moindre prise aux conventions sociales. Choisir qui voir, quoi faire. Garder l'ultime pouvoir, l'information, en refusant d'informer quiconque. Fantasmes de jouissances, en accumulant les moments de plaisirs purs, les envies, les découvertes, le sexe, une glace au chocolat.

"Le temps qui reste" n'est jamais aussi bon que lorsqu'il reste dans ces extrèmes: le personnage se met en scène en expérimentateur de sa propre marche à la mort, et regarde assez détaché l'impact de ses gestes, de ses vérités sur les autres.

Alors, quoi ? Grand film ? Peut-être par son sujet, c'est si rare de voir un cinéaste français se prendre de front le thème de la mort ? Mais alors, pourquoi plomber périodiquement le film par des flash-backs franchement pas finauds ? Pourquoi forcer le constraste en faisant de Romain un photographe de mode, en caricaturant à outrance le début du film ?

C'est d'autant plus incompréhensible que le film est tout autant traversé de moments de grâce: un simple plan d'yeux hagards tressautant dans un rétroviseur, le temps suspendu, adossé à un arbre, les adieux à Jeanne Moreau. Parce que les acteurs sont excellents, sans exception. Et parce que globalement, le film, sec comme un coup de trique, ne laisse que très peu la place au mélo.

Il lui sera donc beaucoup pardonné.

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2005-10-30
MK2 Quai de Loire - Matchpoint est génant, très génant. J'aimerais en dire du bien, féliciter Woody Allen d'avoir réussi à faire un vrai film hors de New-York, d'éviter les dialogues allenissimes, d'avoir trouvé d'emblée un ton juste pour son film londonien, de n'avoir ni caricaturé le gentry, ni le Rastignac de service. D'avoir gardé une mise en scène limpide et élégante, avec juste ce qu'il faut comme points d'audace. D'avoir cousu quelques incertitudes et retournements de bon aloi dans son intrigue. Les acteurs sont franchement bons (hormis Scarlett Johansson, qui ne fait pas dans la finesse), et Woody Allen s'amuse bien d'avoir à sa disposition toute une panoplie d'accents anglais, du cockney à l'irlandisant.

Mais ça ne fait pas tout.

Il reste que Match point est un film que je trouve totalement antipathique. Qui joue avec facilité et paresse du mélange de classe (toi aussi, aide Jonathan Rhys-Meyer à trouver une cravate pour l'opéra, clicke sur Harrod's si tu as besoin d'aide), et à son suspense facile (clashera ? clashera pas). Qui pose comme un fait accompli le double standard masculin, façon petit mâle du XIXème (la femme pour faire des gosses, la maîtresse pour la galipette). Qui cache derrière une petite amoralité - le seul élément un peu réjouissant du film - un conformisme peu ragoûtant.

Oui, ce n'est pas du Woody Allen habituel. C'est bien plus vivant, enlevé, imaginatif. Mais je ne suis pas sûr d'y avoir gagné au change.

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2005-10-07
Studio 28 - Broken Flowers fait partie de ses films dont il faut tomber sous le charme, se laissant emporter.

Alors évidemment, quand ça n'arrive pas, on est un peu dépourvu. Alors quoi ? Donc Broken Flowers, un film en plusieurs chapitres, sur un Don Juan qui apprend qu'il a un fils, que ce fils le cherche, qui va à reculons visiter ses anciennes amantes d'il y a 20 ans. Roadmovie entre routes et aéroports, Bill Murray qui traine sa carcasse dépressive, poussé à l'action par un voisin haut en couleur. Les ex font un peu trop panel sociologique, mais restent néanmoins quelques moments de grâce: la première rencontre avec Sharon Stone et sa Lolita, un dîner de gêne extrème, une scène émouvante chez une fleuriste, un final ambigu avec un Don qui va se retrouver de force en prise avec le monde.

Bref, tout cela n'est pas si mauvais, mais avec l'impression qu'il faut tamiser dru pour trouver quelques pépites.

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2005-09-25
Allons, ce n'est pas si dramatique. Après avoir entendu pis que pendre au sujet de ce second épisode, j'appréhendais un petit peu. Et finalement, c'est très loin d'une catastrophe, et plutôt agréable. Evidemment, la trame policière n'est pas très intéressante, et est traitée un peu par dessus la jambe. Evidemment, Sabine Azéma se retrouve dans un rôle quasi muet et n'a pas grand chose pour épater.

Mais le film brille à instiller un univers loufoque, décalé, avec une bonne part de mailaise. La première partie du film est à ce titre franchement intéressante, avec Zabou Breitman et Bruno Podalydès presque inquiétants à force d'être en décalage total, et les autres seconds rôles (Vincent Elbaz, Olivier Gourmet, Michael Lonsdale) sont tout aussi réjouissants. Le burlesque tintinesque du premier opus fonctionne toujours aussi bien, et la photographie est absolument splendide. Alors quoi ? une photo hors norme, un film burlesque, un climat d'étrangeté, ça suffit déjà à être bien au dessus de la moyenne dans la production française.

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2005-08-07
J'avais hâte de revoir ce film, une bonne douzaine d'année après, et le plaisir est intact.
Finalement, entendre le texte de Laclos joué en anglais n'est pas si gênant. Déjà, Glenn Close et John Malkovitch s'en délectent et sont délicieux de cruauté rentrée. Et en fait, Stephen Frears se débrouille très bien, en imaginant des contrepoints très visuels aux double-sens des échanges épistolaires du roman, et réussit à donner un vrai rythme de mise en scène, loin du ronronnement habituel des films historiques (ok, Barry Lyndon mis à part). D'ailleurs, ouvrir le film sur l'habillage, la pose des masques, et le clore sur la marquise se démaquillant, mise à nue et pathétique pour la première et dernière fois est un superbe trait, parfaitement dans l'esprit.

Et j'avoue, j'ai un peu pouffé en voyant un jeune Keanu Reeves poudré et fardé, délicieusement emprunté.

Oh, c'est la millième notule, dans la troisième mouture de MindFood. La première était une bête page HTML éditée à la main, mi 1998 à Montpellier, sur une idée de Bertrand alors exilé loin des écrans français. Champagne!

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2005-07-31
J'avoue, j'ai un grave problème avec Romain Duris. Ou son personnage. Ou les deux. Ce qui n'aide pas pour apprécier ce film: pourquoi faire une comédie quand une bonne moitié des personnages sont des têtes à claques, ou franchement antipathiques ?

Eh non, je ne trouve pas Romain Duris crédible une seule seconde dans ses grande envolées philosphique sur l'Amour (qui ne vient pas quand on est seul, qui s'en va quand on en l'est pas, qui complique tout dans les autres cas). Et le personnage d'Audrey Tautou réussit parfaitement à être crispant au point que l'on se désintéresse totalement de ses malheurs. Les intrigues secondaires pourraient éveiller un peu d'intérêt (le gamin, la mère, la vie professionnelle), mais arrivent un peu n'importe comment et disparaissent de même.

Certains choix de mise en scène sont intéressants, audacieux, marrants. Ça change, c'est inventif, c'est gonflé. Le récit lui-même se fait couper en petits morceaux, explore des pistes possibles, revient, se retrouve. C'est pas du De Palma, mais ça change du cinéma français habituel. Mais là encore, la platitude du fond plombe un peu la forme, et une comparaison vient à l'esprit avec le "voyage européen" de "Rules of Attraction", lui aussi en collage/accéléré/dynamitage, mais combien plus efficace.

Que reste-t'il à sauver ? Cécile de France et son personnage de lesbienne forte en gueule (et -la- vraie scène de comédie du film, chez le grand-père). Et Kelly Reilly évidemment, craquante et qui sonne juste en Wendy, ce qui ne s'applique guère aux autres. Les autres habitants de l'"auberge" ne sont (malheureusement) là qu'en faire-valoir.

Tout comme "l'auberge espagnole" m'avait énervé par son coté tapons-dans-le-coeur-de-cible-coco, "les poupées russes" me restera probablement comme une caricature racoleuse et pas très fine des états d'âme des trentenaires, une disgression pas très engageante sur le mariage et le papillonage. Très bavard, bizarrement construit, et véhiculant une vision de l'époque guère finaude.

Et ça m'énerve. Parce que j'ai -envie- d'aimer les films de Klapisch. Parce que c'est un des rares à avoir l'audace de prendre l'air du temps comme sujet. Sauf que non.

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2005-07-28
Oh oui, j'avoue bien honnêtement, je ne m'attendais pas à monts et merveilles. Parce que c'est un film de commande, parce que c'est un film ciblé 'pour enfants', parce que le dernier film comparable dans la filmo de Burton ("La planête des singes") m'avait laissé pour le moins dubitatif.

Et j'avais tort.

Parce qu'un peu comme pour Batman, Burton arrive à se glisser dans quelque chose qui pourrait être franchement lénifiant et le pervertir en douce. La première scène d'entrée dans l'usine de Wonka en est une très bonne métaphore d'ailleurs: un spectacle assez rose bonbon qui a de quoi laisser dubitatif (spectacteurs et personnages, d'ailleurs), et qui tourne au noir.
Donc, ça fonctionnne, à la fois parce que Tim Burton n'a pas trop coupé les griffes à Roald Dahl, et parce que la fantaisie des deux univers se conjugue franchement bien. Rajoutez à ça un Danny Elfman qui s'amuse manifestement comme un petit fou (l'animal se paie le luxe de faire toutes les voix des - hilarants - épisodes chantés des Oompas Loompas), Johnny Depp aussi décalé, grimaçant et bizarre que dans Pirates des Caraïbes, et des seconds rôles caricaturaux à souhait, et quelques détournements cinéphiliques absolument énormes.

Bref, une très heureuse surprise.

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2005-07-14
C'est dramatique, ces films qu'on aimerait trouver sympathique. Enfin, l'honnêté pousse à avouer que ce film est très bon, drôle, finaud, pour toutes les scènes sans Romain Duris. Non, c'est un peu méchant, disons que:
1/ le personnage de Romain Duris en fils à papa gauche et qui se joue décoince au fur et à mesure du film m'est d'entrée antipathique.
2/ La voix off ouvrant et cloturant le film est particulièrement niaise et pompeuse. Ou bien est-ce tout à fait volontaire pour que le personnage de Duris soit -effectivement- antipathique.
3/ Cécile de France, et les autres habitants de l'auberge sont, par contraste, particulièrement frais et intéressants. Et malgré les avances rapides, ce qui précède le début de la cohabitation n'est guère palpiptant.
4/ Le film a quand même un aspect 'tapons dans un coeur de cible' de l'étudiant-ouvert-européen-bon-enfant-futur-yuppie-on-se-bourre-la-gueule-mais-on-est-sérieux-aussi franchement désagréable. Il est donc conseillé d'être encore dans le trip suscité ou en pleine vague nostalgique.
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2005-07-09
Un film autour du corps, des corps. C'est suffisemment rare pour mériter un bon point, d'entrée de jeu, hop. Donc, "Douches froides", un ado, capitaine d'équipe au judo, plutôt de famille populaire comme on dit, sa copine de longue date. Couple uni, totalement à l'aise de tout point de vue. Puis un élément perturbateur, un autre judoka, ado, fils à papa sponsorisant le club sportif, maintenant remplaçant du premier.

Hormis les très maladroites voix off du tout début et toute fin du film, "Douches Froides" reste très peu explicatif et c'est tant mieux. Comment Clément en vient à s'insérer dans le couple ? Par sa position sociale ? Par pure envie et plaisir de Michael et Vanessa ? Via une provocation ou une envie de plaire de Michael ? Et même l'évolution du triangle reste assez mystérieux. Vanessa est sans doute le personnage le plus passionnant du film: directe, imprévisible, et en même temps mature, capable de mettre les autres devant leurs propres contradictions.

C'est dommage que la mise en scène ne suive pas forcément, les dialogues, les scènes familiales, la fête, cela manque un peu de regard, mais par contre, les scènes de sport sont nettement plus passionnantes, rythmées, elliptiques, tout comme les scènes d'intimité physique, à la fois très détachées et complètement frontales.

Donc, douches froides, ou les corps contraints: corps qui perd 8 kilos - à cause d'un autre corps blessé - , corps titubant par l'alcool, corps qui se donne aux autres, courbatures, rapports amoureux, combats. Et contrairement à d'habitude, ce n'est pas le corps qui trahit. Bref, Pas parfait, mais intéressant, prometteur, et singulier dans les sorties actuelles.

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2005-06-18
Certains films ressemblent décidemment exactement à ce que l'on en attend. Nicole Kidman est belle, Sean Penn meurtri par la vie, le complot raisonnablement prenant et avec (évidemment) une petite surprise à la fin. C'est amusant de voir un film dans les batiments de l'ONU. La caravane passe. Certains plans de nuit de NYC sont magnifiques (dont l'un à la verticale des avenues - superbe). On ne s'ennuie pas. Ça manque un peu de méchanceté politique. Yvan Attal parle mieux anglais que Nicole Kidman français. Le chameau aboie. Ca passe le temps.
Frank Miller & Robert Rodriguez, avec la participation de Quentin Tarantino

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2005-06-08
Ouch. Remarque liminaire: tout comme Immortel, Sin City est un projet ultra-casse gueule. Prendre un des 'romans graphiques' (comme disent les américains) les plus violents, tant dans les thèmes (meurtre, sexe et vengeance dans une putain de ville) que dans le graphisme, du noir et blanc taillé à la serpe. Et tout comme Immortel, ça passe, avec honneurs, parce que le film arrive à trouver sa place, ni resucée, ni décalcomanie.

Donc voilà, Sin City, une succession d'histoires courtes, un peu mêlées, violentes et glauques, qui seraient inregardables dans un film classique. Le film ne fonctionne d'ailleurs jamais aussi bien que quand il va dans l'outrance graphique, les inserts, les plans très violemment contrastés, les ombres chinoises, bref, quand il colle à l'ambiance graphique sans concession des BD de Frank Miller. Les scènes qui retrouvent un éclairage un peu plus classique (par exemple des plans de visage de femme, quelques scènes d'exposition) font presque sortir de l'ambiance.

Evidemment, le casting est impressionnant, mais -hormis Bruce Willis- n'écrase jamais les personnages. En particulier Marv, superbement joué par Mickey Rourke en bloc de chair butée, et Dwight (Clive Owen), archétype du détective hard-boiled de film noir. Car finalement, Sin City c'est ça, bien plus qu'un film "de BD", ou une prouesse technique, un superbe dépoussierage du grand film noir, de ses magouilles d'influences, des putes et des flics, des bouges. Youpie.

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2005-06-05
Le film vaut bien mieux que l'affiche. Une enquête policière, mais prétexte à de nombreux instants de dérapages dans l'absurde. Sur la trame d'Agatha Christie, Pascal Thomas s'amuse manifestement comme un petit fou à greffer des fausses pistes, des militaires idiots, des chorales d'enfants qui chantent du Shakespeare et des problèmes de masques à gaz, des jumeaux insupportables.

Le tout donne un film sympathique en diable, qui donne souvent l'impression d'être dans une sorte d'univers parallèle, comme une ambiance très années folles transposée dans la savoie d'aujourd'hui, avec villages fleuris, maison anglaise d'un colonel des RG (Dussolier, excellent) et sa femme trop curieuse (Catherine Frot, peut-être un peu trop dans le registre de la Dilettante). On n'est pas loin d'un réalisme merveilleux à la "Adieu, plancher des vaches"

Les seconds rôles, à commencer par Laurent Terzieff et Geneviève Bujold mais tout autant les tronches occasionnelles sont formidables. Et l'ambiance de course au trésor est un bon prétexte pour passer de décor en décor, tout en parsemant les dialogues de répliques savoureuses. Mais... Mais alors qu'est-ce qu'il manque pour un très bon film ? Probablement une réalisation nettement plus nerveuse, et une image un peu soignée, l'ensemble fait parfois une vague impression de téléfilm, et c'est dommage, vu la qualité du matériau.

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2005-05-22
Une jolie idée d'histoire: un jeune coréen "s'invite" dans des appartements temporairement vide, y dort, répare des bricoles, repart le lendemain dans un autre... jusqu'à tomber sur une jeune femme en perdition qui l'accompagne alors.
Jolie idée d'histoire, quelques belles idées de réalisation (l'omniprésence des reflets et des miroirs, la transparence des choses, le souffle discret de l'invisible), mais je ne peux m'empêcher de trouver l'ensemble de l'exercice un peu vain. Peut-être parce que sur les trois grandes parties du film, la première est la seule vraiment intéressante et la dernière singulièrement sous-exploitée et brouillonne ? Dommage...
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2005-05-21
"Bon, on a un peu raté les 1 et 2, non ?" - "Ouais" - "Faudrait faire mieux, peut-être. On va essayer de bosser un peu l'histoire" - "Ah bin c'est pas avec la réalisation ou la direction d'acteurs qu'on va sauver le bazar, c'est sûr".

Donc oui, c'est un mieux. Oui, l'histoire est singulièrement mieux fichue que les deux, oui, Lucas arrive à peu près à renouer tous les fils pendants sans sortir trop de lapins de son chapeau. Mais quelle misère d'avoir Ewan McGregor ou Natalie Portman et les voir à l'écran avec le charisme et l'énergie d'une huitre. Hayden Christensen est fort heureusement moins falot et inexistant que dans l'épisode précédent, donc l'ensemble reste supportable. En fait, les deux acteurs qui tirent le mieux leur épingle du jeu sont Yoda (comme me glisse V., c'est un peu symptomatique - comme pour LoTR - que le meilleur personnage soit un CGI), et Ian McDarmid. C'est amusant de voir que les seules scènes vraiment intéressante pour le jeu soient le retournement progressif d'Anakin par Palpatine. Là, Lucas arrive a contenir son penchant pour les sur-explications. De même, la fin du film est relativement sobre. Alors évidemment, c'est dommage que les dialogues soient particulièrement foireux, que Lucas aligne les scènes comme à l'usine, que malgré un scénario qui tient le choc, l'ensemble manque singulièrement de rythme et et se permette des moments foncièrement inutiles (dont l'escapade chez les wookies).

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2005-05-14
"Last Days", voyage au bout de la dépression, de la dépossession. Prévenons d'entrée de jeu: c'est moins bon qu'Elephant. Mais pourquoi ? "Last days" reprend la construction en ruban de moebius, les scènes parfois simultanées, disloquées, comme dans monde parallèles (les dernières scènes sont un bon exemple), la caméra qui suit sans cesse Blake, dans de très belles scènes de pièces vides, de forêt. Peut-être "Last days" pêche-t'il un peu par la longueur et gagnerait-il à être un peu plus resserré ? Là où Elephant est battu par contre, c'est par le travail sur le son, qui y était déjà très impressionnant, et est ici complètement époustouflant. La piste sonore est vraiment un film à part entière, pas forcément synchro avec l'image, riche en évocations. La scène où Blake construit brièvement un morceau par strates, la fenêtre ouverte, avec une caméra à l'extérieur qui recule progressivement dans les arbres est un instant de magie, qui justifie tout le film.
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2005-05-13
Cela fonctionne bien, très bien. L'aventure était intéressante: reprendre une pièce de Feydau, en faire un film, éviter le piège du second degré ou de la transposition plan-plan ("un fil à la patte", c'est un peu le miroir réussi de "Pas sur la bouche"). Et cela fonctionne déjà grâce à la distribution, tous uniformément excellents (sauf peut-être Sara Forestier, manifestement un peu intimidée dans ce chaos). Et aussi parce que la caméra se met au diapason de la folie ambiante, nerveuse, bondissante, jouant avec les acteurs (ah, Mathieu Demy s'excusant de bousculer la caméra, un peu façon Blood Simple), la réalisation prend de front le texte limite grivois de Feydau. Et comme disait Cédric Kahn à propos de l'ennui, Charles Berling est un des rares acteurs français à être aussi crédible dans un rôle d'intellectuel que dans une présence physique. Un "fil à la patte" lui doit beaucoup.
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2005-05-01
C'est pas -si- mal. Un acteur loser paumé revient dans son New Jersey natal pour la mort de sa mère et croise ses amis d'adolescence, plus ou moins flamboyants, plus ou moins paumé. "Garden State" démarre un peu comme du Fight Club, tourne rapidement à un "Rules of Attraction" avant de se stabiliser dans un registre plus proche de la comédie. Ce qui sauve Garden State, c'est la surenchère dans la loufoquerie, les paumés celestes, plus que la trame de romance. Tout est aimable dans ce film, peut-être un peu trop ?
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2005-04-30
C'est toujours un plaisir de revoir les Monty Python, surtout au cinéma, et le Graal reste sans doute leur meilleur, qui arrive à éviter a peu près le syndrome 'film à sketches'. Et le dynamitage du film dès le générique de début, et -surtout- à la chute du film sont un pur plaisir à voir en salle, en particulier s'il y a des novices dans l'assistance.
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2005-04-23
Un film à très haut coefficient d'improbabilité. Une famille de loufoques dans un coin bucolique du Japon. Oh et zut, V en parle bien mieux que moi:

"Dans la famille Haruno, la cadette médite gravement sous ses couettes (comment se débarrasser du double géant d'elle-même qui l'épie sans relâche ?), l'aîné lycéen joue au go, tombe amoureux et court ou pédale à en perdre le souffle, la mère dessine des mangas animés sur la table de la cuisine et bondit sur sa caméra lorsque son beau-père, lui-même dessinateur et passablement fêlé, exécute devant elle le mouvement parfait qu'elle cherchait pour un personnage, le père soigne par l'hypnose des patients qui jouent avec les anges, tandis que l'oncle ingénieur du son déambule, croise un ancien amour, ou observe des mains qui dansent le long d'une rivière. Les trains glissent à travers la campagne comme glissait le train du Voyage de Chihiro, les super-héros s'empêtrent dans leurs costumes trop grands, le vent dans les arbres en fleurs fait pleuvoir les pétales.

Et puis quelqu'un meurt, et juste après les funérailles, la visite dans la chambre de celui qui n'est plus mais dont l'odeur flotte encore donne lieu à une scène tout à la fois légère et bouleversante, grave et souriante, belle à en avoir les larmes aux yeux.

La première gorgée de thé, et autres plaisirs minuscules... Doudingue, lent et contemplatif, agité du bocal, poétique, plein de petits riens et d'effets spéciaux drolatiques, improbable, un film bulle de savon, un petit bonheur cinématographique, inégal peut-être, mais ô combien précieux : c'est The taste of tea, de Katsuhito Ishii. "

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2005-04-10
Tanzania, Lac Victoria. Il y a une quarantaine d'année, quelqu'un a introduit un poisson, la perche du Nil dans les eaux du Lac. Ladite perche - un énorme bestiau de plus d'un mètre, presque aussi gros qu'un homme - a rapidement détruit l'écosystème du lac, et fait émerger sur les rives une économie de la pêche. Economie perverse au possible, avec des pêcheurs dans une pauvreté totale, des gamins perdus qui font chauffer les emballages plastiques des poissons pour les sniffer. Un produit de la pêche dont les beaux morceaux repartent en Europe et dont les rebuts, stockés et frits dans des conditions inimaginables (il -faut- voir le film pour le croire) nourissent la région avoisinante. Des caisses de filets qui partent en Europe sur des avions cargos russes pilotés par des baroudeurs ukrainiens, dans un commerce simple et efficace: à l'aller, caisses d'armes pour les conflits africains, au retour, perche du nil pour les supermarchés occidentaux.

C'est un documentaire terrible, glaçant, et terriblement humain. Hubert Sauper ne cherche pas à stigmatiser, pointer du doigt, il avance doucement dans le quotidien des hommes et des femmes tombés dans cette hallucination économique, leur courage tranquille, l'aveuglement du monde extérieur. Il n'y a pas d'ennemis, à part peut-être le consommateur occidental qui va choisir le poisson le moins cher, ou quelques marchands d'armes, pas vraiment d'espoir, mais au moins il y a un témoignage, indispensable.
C'est à voir. Vraiment.

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2005-04-03
Au début, on a une impression bien étrange, un sentiment d'égarement. "Sky Captain and the World of Tomorrow", c'est un exercice de style improbable: refaire un film de SF, d'aventure, un film noir aujourd'hui, comme si c'était une pellicule des années 50. Ce qui saute aux yeux c'est bien sûr les choix esthétiques du film: un new-york Art Déco, des machines géantes très "Planète Interdite", des rivets, des clairs-obscurs, des rotatives qui crachent leur journaux et une antenne façon RKO qui envoie ses ondes sur le globe.

Là où le film est plus finaud, c'est que Kerry Conran respecte aussi l'ambiance et les tics de mise en scène de cette époque, du gentil machisme du bel aventurier (Jude Law, qui s'amuse manifestement comme un petit fou) envers la belle reporter, les attitudes parfois très "vers l'infini et au-delà", une musique de film comme on n'en fait plus. L'histoire elle-même a le goût de ces serials, films de matinée chers à Spielberg et Lucas.

Bref, ce film c'est un peu ce qui se passerait si on envoyait Indiana Jones dans l'univers de François Schuiten. Le film d'un passionné (Conran a trouvé un producteur après avoir préparé un court métrage pendant 4 ans dans son salon!), franchement atypique, carrément gonflé, et une belle réussite.

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2005-04-02
On pourrait dire que "Million Dollar Baby" est un film classique. Classique dans le thème - un cheval de retour fait équipe avec une jeunette -, la forme - un milieu juste un peu exotique - la boxe -, assez pour avoir sa propre culture et ses rites, et la forme - longs plans en mouvement doux -.
Mais cela serait pour le moins réducteur, "Million Dollar Baby" c'est une forme classique, mais c'est loin d'un classicisme pesant, c'est un film tout en retenue, en équilibre, concentré. Un film dont les couleurs passées ont la saveur du noir et blanc, dont les brins d'histoire ne se réunissent pas tous, restent en suspens. Retenu dans le jeu d'Eastwood, anticabotin au possible, souvent dans l'ombre. Concentré dans le récit, n'hésitant pas à sortir du récit dans la poignante dernière partie du film tout ce qui pourrait interférer avec la dernière valse des deux personnages. Très beau.
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2005-03-20
C'est un humour particulier, très particulier, très pince-sans-rire, décalé, foutraque, bref, totalement improbable.

"La vie Aquatique", c'est donc la tranche de vie d'une expédition de la Zissou Team, conduite par Steve Zissou, doublure dépressive d'un J-Y Cousteau en fin de course. Son ami de 30 ans (tm) s'est fait machouiller par un requin, un fils (de 30 ans, également) lui tombe dessus, une reporter de même, ses copains explorateurs se moquent de lui et son couple n'est pas en forme.

Bref, c'est la catastrophe, et c'est hilarant. Bill Murray joue à merveille le patriarche barbu au regard vide, en pilotage automatique de chef de bateau auquel plus personne ne croit - même si ça fonctionne encore, parfois -. Ses acolytes sont des ratés flamboyants, dont un Willem Dafoe façon chien battu, les dialogues touchent au sublime dans le décalé, l'absurde. Et tout gravite, oscille, tient en place et fonctionne comme par hasard, y compris un Jeff Goldblum en nabab océanographe.

Même la mise en scène tangue. Les intertitres reprennent un titrage très documentaire-du-dimanche à la télé, on voit presque les fils des effets spéciaux, du Bowie chanté en portugais traverse tout le film, des plans géniaux traversent tout le bateau d'un bout à l'autre, survolant les cloisons, et le plus beau, c'est que jamais Wes Anderson ne se paie la tête de son bal des ringards, leur laissant toute leur tendresse et leur générosité.

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2005-02-12
Un film bancal, parfois maniéré, énervant, mais aussi émouvant, perturbant. Un coté cauchemardesque assez réussi, on ne sait jamais si l'on est dans la réalité ou dans la névrose des personnages. Film fascinant par l'envie de s'approcher au plus près de personnages au seuil de la folie. Deux histoires croisées, renversant progressivement les caricatures que l'on se forge au début sur les personnages, Nora est loin de la bourgoise coincée et lisse que l'on voit dans les premières images, Ismaël bien plus imprévisible et moins immédiatement fou, et même des personnages secondaires, comme les parents d'Ismaël, se trouvent éclairés à l'opposé à la fin du film. C'est un peu ce qui sauve "Rois et reine": l'accumulation de scènes que l'on pourrait prendre pour 'inutiles' ou invraisemblabes, hors des deux histoires principales, l'envie de recoller des pièces, donner des chances à des personnages, les voir s'enfermer ou s'ouvrir.
C'est foutraque, parfois prétentieux, mais toujours humain. Dur à aimer, mais aimable.
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2005-01-30
Très réussi. On comprend que Scorcese a trouvé de l'intérêt dans ce projet. Un obsessionnel, charismatique, auto-destructeur, créateur de styles, que du bon.

Première force du film: garder un lien entre les différents visages du personnage, le névrotique, l'ingénieur génial, le pilote d'essai, le playboy. DiCaprio arrive à faire cohabiter toutes ces facettes sans avoir une impression de puzzle, même dans une même scène.

Le film fonctionne d'autant mieux à mettre en lumière la névrose de Hugues qu'il évite tout effet. Hugues aux toilettes, se savonnant frénétiquement ("The big shave" n'est pas loin) ou bloqué sur une phrase m'ont semblé bien plus glaçantes que la peinture d'un Hugues reclus en train de sombrer, la peau tavelée de cicatrices et du grain d'une pellicule.

Bref, très belle mise en scène, avec quelques idées très sympatiques (comme certains 'fondus au noir' faits avec l'éclairage des scènes), DiCaprio excellent, Cate Blanchett qui s'est manifestement amusée comme une folle à peindre une Katerine Hepburn bigger than life. A voir.

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2005-01-23
Soulagement. Après le soporifique Anything Else, Melinda et Melinda a au moins le bon coté d'avoir un peu plus d'entrain et de risque. Deux histoires quasi-similaires, traitées sur le ton de la tragédie et de la comédie.

C'est tout au moins le voeu de départ, dans la pratique les choses sont moins nettes. Est-ce parce que Woody Allen mélange si souvent "tragédie" et "comédie" dans ses autres films qu'ici il peine à faire deux histoires sur des modes radicalement opposés ? Est-ce que cette opposition n'était qu'un prétexte de conteur ? Je penche plutôt là-dessus.

Donc, deux-trois choses aimées dans le Woody de l'année:
1) L'impression que les personnages 'jeunes' tombaient un rien moins dans la caricature intello-new-yorkais que d'habitude. Par opposition, chez les personnages agés, c'était pire que jamais.
2) Une ou deux vraies scènes de comédies, qui fonctionnent sur autre chose qu'une volée de répliques. Par exemple, la robe de chambre et la porte.
3) Chiwetel Ejiofor, Chloe Sevigny, et le personnage de Cassie.

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2004-12-17
Ocean's twelve, ou "Eloge de la Dispersion".

Tâche redoutable pour Soderbergh, réussir à maintenir l'élégance et la légereté du premier opus. Il s'en tire tout à fait bien en gardant le ton d'Ocean's Eleven, mais en éclatant le scénario et la forme: au lieu d'un film centré sur un gros coup, on multiplie les situations. Au lieu d'une unité de lieu et de temps, 12 rassemble des pièces disparates, s'amuse à faire apparaître et disparaître des figures majeures, tels Andy Garcia et Vincent Cassel. Même les liens au sein de la bande ne sont pas aussi marqués que dans le premier film, et filmés comme des regards en coin, des asticotages, des fractions des 11, regroupés selon les moments et les circonstances.

Alors 12 ? Un éloge de la dispersion, par un réalisateur qui sait s'affranchir de l'histoire, des épisodes attendus, et ne faire tenir un édifice fragile que par la puissance d'un style faussement cool et nonchalant.

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2004-12-12
Le film vaut (quand même) mieux que son titre kitschouille "le secret des poignards volants". J'avoue avoir trouvé moins de plaisir qu'à "Tigre et Dragon" qui était peut-être moins film de genre, mais mélangeait avec un peu de plus de bonheur bravoure plastique et récit un peu heurté. Ici, le récit ou le contexte est finalement assez accessoire, les combats complètement oniriques, les textures, les vêtements, les ambiances de couleurs prennent le pas. C'est souvent très réussi (le passage au vert vers la fin du film), parfois un peu longuet à se mettre en place (l'ouverture du film), toujours très beau, mais l'ensemble m'a laissé un peu froid.
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2004-11-27
C'est quand même un peu étrange - et symptomatique - que les meilleurs films vus ce mois-ci soient "The Incredibles" et "Aaltra".

Le pitch est excellent, une famille de super-héros condamnée à vivre une vie ordinaire. C'est peut-être les scènes d'actions qui sont un petit peu plus classiques, tout le reste est plus que savoureux: la vie de famille, le personnage hallucinant d'Edna Mode, la banlieue et l'entreprise... et de tout ça c'est sans doute Mrs Incredible la plus belle réussite du film.
Ah oui, et c'est de l'image de synthèse aussi. Mais on s'en fout. Ou presque.

Evidemment, The Incredibles est une savoureuse réinterprétation de l'ambiance des premiers James Bond, des Avengers, du Prisonnier, de leur côté base-secrète-île-perdue-meubles-design-d'époque. Mais on ne cherchera pas dans le film une citation directe d'une autre pellicule, c'est juste d'une influence complice et souriante dont il s'agit (la discrète esthétique Fifties est une des plus belles réussites du film).
Et c'est pour moi un des traits de ce qui sort de ce studio d'éviter de surcharger leurs films de parodies directes, de reprise, de clins d'oeils. Ce coté ogresque de Shrek, bouffeur de scènes cultes, déconstructeur, n'apparait presque jamais dans les Pixar. Et je ne vois pas du tout dans Incredibles, comme je l'ai lu pas loin, un film ultra-référent.
Si j'avais à faire un parallèle avec Spiderman par exemple, ce n'est surement pas dans une scène particulière (même le train dans l'introduction), mais dans la manière subtile de mêler les moments obligés d'un cinéma qui se réclame du "film d'action" et des personnages filmés à hauteur d'homme, dans leurs petits soucis prosaïques. Et on retrouve la démarche de Sam Raimi dans celle de Brad Bird ou Pixar en général: pas de second degré gratuit, filmer un film fantastique comme si c'était une histoire très ordinaire.

Alors évidemment, c'est bien plus difficile de travailler au premier degré, d'avoir une histoire qui tienne la route, des caractères solides. Des fois (Nemo ?) c'est limite, mais quand ça marche (Monsters, Incredibles), ça donne de vrais films - mémorables.

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2004-11-12
Encore un film digne d'entrer dans "les grands films malades". Etrange, on sort du film en s'interrogeant vraiment sur ce que Jeunet a voulu faire ? Un film d'amour, acidulé et tragique ? Un film dont le ton serait donné par la phrase de Japrisot ? "Mathilde est d'heureuse nature. Elle se dit que si son fil ne la ramène pas à son amant, tant pis, c'est pas grave, elle pourra toujours se pendre avec."

Ou bien un grand film historique, d'ambiance, un film capable de rendre la guerre des tranchées avec la même violence à l'instar de ce qu'à fait Spielberg pour le débarquement ?

Ou bien un Jeunet Jeunetissime, avec sépia travaillé, recréation maniaque des pavillons des Halles, d'Orsay, grands mouvements de caméras, détails Améliesques en diable (les petits paris de Mathildes, le téléphone, les machines absurdes, le gravier, ...) ?

Bref, c'est le foutoir, et le film peine à réunir ces fragments. Et c'est dommage, parce que le film n'est jamais aussi fort que dans l'enfer des tranchées et dans la reconstitution des destins des poilus. Et que dès que le film tourne autour de ces personnages et des seconds rôles qui gravitent, tout s'anime (uh, les scènes de Jodie Foster). En comparaison, le personnage de Mathidle est étrangement fade, répétitif et curieusement mise en place (par exemple l'histoire d'amour exposée à la hussarde). Un signe de l'échec honorable de l'expérience: on aimerait entendre le commentaire de Jeunet sur son film.

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2004-10-26
Un documentaire - très clairement engagé - qui démonte la propagande de la chaine FoxNews de Rupert Murdoch. La démonstration est claire est méthodique: partialité dans la sélection des faits, débats manipulés par l'animateur et par le choix des invités, direction de la chaîne qui donne des conseils précis sur la manière de traiter l'actualité du jour, prééminence systématique des points de vue républicains et dénigrement des positions démocrates, collusion entre journalistes et pouvoir... La liste est longue:

Le film pêche par contre par deux points. D'une part, l'absence totale de débat contradictoire avec un point de vue venant de la Fox fait que l'on pourrait retourner contre Greenwald le slogan honteux de la Fox "Fair and Balanced". D'autre part, pour un film titré "the Rupert Murdoch's War on Journalism", on aurait pu aimer avoir plus d'informations sur Rupert Murdoch, la manière dont il a construit son empire médiatique, ou tout au moins sur son implication directe ou non dans la ligne directrice de la Fox, et savoir si ces pratiques déshonorantes pour le journalisme se retrouvent aussi dans d'autres titres ou chaînes de son empire.

Bref, c'est un tract. Efficace, effrayant et nécessaire, mais un tract. Il a le mérite de montrer la fragilité des réponses possibles face à des entités qui ont délibérément décidé de passer outre toute règle.

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2004-10-23
Aaltra, film gonflé, mauvais esprit, et éminément sympathique. Deux voisins qui se haissent perdent dans le même accident l'usage de leurs jambes et décident d'aller demander dédommagement à l'entreprise - Aaltra - qu'ils tiennent pour responsable. S'ensuit une odyssée en fauteuil roulants de la France à la Finlande, de petits arnarques en passages à vide.

C'est un film fauché, mais extrèmement finaud. Délépine et de Kervern se débrouillent très bien avec les contraintes de tournage (noir et blanc ultra granuleux, son direct) avec une mise en scène épatante. Les plans durent, s'étirent, jusqu'à déclencher un rire gêné, le son est particulièrement travaillé: les dialogues en langues étrangères restent non doublés et non sous-titrés, le travail sur les ambiances sonores, les bruits industriels, font parfois penser à Eraserhead. Le tout est inventif, très drôle, surprenant, avec avec quelques moments hors du commun (dont un Poelvoorde ignoble à souhait), et bien plus raffraîchissant que la plupart des films français récents.

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2004-10-17
Comme une image, ou 'chronique des lâchetés ordinaires'.

Il n'y guère a dire à propos de ce film. Jaoui jaouise la stressée directe, Bacri bacrise l'écrivain infect et égocentrique. Quelques sourires avec le personnage de Pierre Millet, qui fait décidement beaucoup penser à Michel Houellebecq. Marilou Berry campe un personnage qui devrait être un rien émouvant, mais qui laisse finalement foncièrement indifférent, vu le stéréotype du personnage.

Par rapport au 'goût de autres', ce qui frappe, c'est le manque total de tendresse pour les personnages. "Comme une image" laisse l'impression désagréable d'un film profondément misantrophe où surnagent ici et là quelques dialogues labellisés Jaoui/Bacri. Quel intérêt d'appeler ce rondouillard personnage principal 'Lolita' ? Pourquoi une telle fin en queue de poisson ? On ne peut guère dire que le film est une charge contre le milieu parisien de l'édition tant les situations sont expédiées, ni sur la création. Reste le vague thème du vilain petit canard, mais vu la caricature des personnages, dur d'y trouver un intérêt.

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2004-10-10
Déception. L'idée de départ est intéressante: pour repartir à zéro, rien de mieux que d'effacer les souvenirs désagréables. La distribution ? Kate Winslet en impulsive totale, Jim Carrey en timide introverti - intéressant contre-emploi. S'y ajoutent Elijah Wood et Kirsten Dunst dont les rôles n'ont à peu près aucun intérêt. Et c'est là le gros problème de "Sunshine": toute la construction du film répond à la loi du 'toujours plus'.

C'est d'autant plus affligeant que parfois, le film trouve le ton juste, comme par exemple ces scènes ou Jim Carrey, passant d'un souvenir à l'autre se contente de sortir d'une librairie et se retrouver dans l'escalier d'un appartement. Le passage d'un décor à l'autre au sein du même plan suffit amplement à désorienter et rompre avec le réel, ou encore très simplement en jouant des perspectives. Cronenberg avait utilisé à son avantage ce genre d'idées dans eXistenZ. C'est dommage que Gondry ait si peu confiance en son sujet pour vouloir s'abriter derrière une surenchère visuelle et un scénario boursouflé. Et d'autant plus vexant que les clips de Michel Gondry sont bluffants.

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2004-09-18
Bon, c'est formidable. Et je ne m'attendais pas à accrocher autant.

Ce qui est épatant dans "Le Mecano de la General" c'est de percuter à quelle point le cinéma de Buster Keaton dans ce film est moderne. Les placements d'appareils, la nervosité du montage, le rythme général du film est non seulement tout à fait actuel, et en remontre sans soucis à certains réalisateurs contemporains de grandes fresques (et oui, je pense en particulier à George Lucas, dont l'épisode IV vu la veille fait franchement plat en comparaison). Buster Keaton arrive à passer de moments de poésie pure (dont la fameuse scène où il se trouve assis sur la bielle et entrainé malgré lui), des scènes d'action épatantes (la bataille finale) ou des plans dont la beauté plastique fait penser à Kubrick (comme les alignements de chevaux qui se rompent à la fin du film). C'est bien au delà du 'film noir et blanc comique' qu'on a à l'esprit quand on pense à Buster Keaton. A voir.

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2004-09-12
Oh, l'heureuse surprise. On pouvait s'attendre à une comédie française nouveau genre comme il y en a des tonnes, mais le film est nettement plus futé et ambitieux. Cela commence d'ailleurs fort bien, avec un générique en découpage et silhouettes 70's, un peu façon "Attrape-moi si tu peux".

Un bon point: Edouard Bear est un loser. Voilà, c'est dit. Ecrivain mais nègre, introverti, incapable de vraiment communiquer avec les autres. Ridicule aussi, à monter des bobards un peu pathétiques pour se sauver de situations pas si graves Marie-Josée Croze est formidable, tout à fait à l'aise dans cette comédie, charmante, émouvante même, au point où elle éclipse souvent Edouard Baer.

Un film méchamment drôle. Méchant avec ses personnages: le destin du photographe, le footeux plus grand que nature, et drôle parce que ça frappe très fort, avec souvent des raccourcis, des ellipses féroces. Et non seulement les dialogues sont très réussis, mais en plus mis en parallèle avec une voix-off désabusée et hilarante du personnage d'Edouard Baer. Ce fil de pensée se double même ici et là de quelques scènes complètement surréalistes sortis de l'imaginaire du personnage.

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2004-09-11
Assayas réalise un film exigeant. L'histoire n'est pas facile: un rockstar sur le déclin meurt d'overdose. Sa femme, junkie aussi, en réchappe, perd la garde de son enfant et essaie de reconstruire sa vie pour peut-être, à terme, élever son fils de nouveau.

Ce n'est pas un film facile, déjà parce que le personnage principal, incarné par Maggie Cheung, n'est pas facilement aimable. Butée, blessée, dure, à se débattre dans sa désintoxication, mordre les mains tendues. Ce n'est pas le moindre mérite du film d'éviter une trop cinématographique rédemption et de faire évoluer ce personnage que par petites touches, entre tentatives foireuses, humiliations et petits plaisirs retrouvés.

Le personnage de Nick Nolte est la plus belle surprise du film. Patriarche barbu pétri d'humanité, (grand)-père malicieux, bien qu'en pointillé, il illumine le film à chaque apparition. La mise en scène est très belle, très réussie. Nerveuse, fascinée par les lumières nocturnes (dont une scène superbe de Maggie Cheung face aux lumières lointaines d'une usine), très rock, dans le meilleur sens du terme. On retrouve un peu de la magie de l'effleurement des êtres de "Fin août", ou, dans une moindre mesure, de l'écriture d' "Alice et Martin".

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2004-08-08
Un film vu sans en attendre grand chose, avec la présence de Marina Foïs comme vague motivation. Au final, c'est Julien Boisselier dont on se souvient peut-être le plus, Marina Foïs restant franchement dans son registre.

L'idée ? Un huis-clos à objectif amoureux:une invitation à diner, deux collègues avec des vues l'un sur l'autre, un repas qui frôle la catastrophe, une boule de nerf et un faux placide,et un objectif affirmé: coucher, et plus si affinités.
Bref, l'idée est plutôt sympatique, mais le résultat est malheureusement un peu inégal. Ce sont peut-être les situations de comédies qui sont les plus convenues, mais quelque chose - une gravité, un peu de vérité - arrive à s'immiscer dans la fin du film, quand la fatigue, la répétition emportent un peu la gaucherie des personnages et la moquerie pas toujours tendre du metteur en scène.

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2004-07-17
Une charmante comédie inédite de Joseph Mankiewicz. Une homme de la haute société bostonienne aux prises avec son fils et sa fille, tombés l'un et l'autre amoureux quelque peu en dehors de leur milieu social. Les dialogues fusent, la peinture des grands bourgeois bostoniens perdus entre leurs clubs, rencontres mondaines et certitudes est assez féroce. S'y rajoutent quelques audaces sur la libération des femmes et, étonnement, sur les théories Freudiennes. Un joli film, ciselé, très bien joué.
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2004-07-15
Le générique du premier était une petite merveille typographique, et celui du second l'égale sans discussion, avec une suite d'illustrations façon vieux magazines, couvertures de comics qui résume habilement l'histoire passée, et l'esprit que Raimi va continuer à avoir dans ce second volet.

Pour qu'un film fantastique fonctionne, et Jacques Tourneur était peut-être le premier à l'avoir énoncé, il faut le filmer comme une histoire des plus réalistes. Le premier volet montrait la difficile construction d'un super-héros, et le second continue dans cette voie. Spiderman II ? Un super-héros / anti-héros vaguement paumé, en panne (mh, il y a une métaphore freudienne à pousser, là - cf. une scène de docteur), systématiquement en retard.
Et comme Sam Raimi a un respect immense pour son sujet, et qu'à aucun moment un second degré railleur ne vient parasiter cet opus, du coup, il peut tout se permettre, tout passe. Y compris une Passion christique métropolitaine, une scène de gêne d'ascenseur à hurler de rire, des livraisons inhabituelles.... Et des gimmicks du genre 'zoom sur les visages aux yeux écarquillés' viennent pointiller parfois les origines Comics du film.

Autre qualité de la réalisation: jamais les effets de style (y compris quand on retrouve une ambiance de film d'horreur, ou bien les ralentis-plein-de-bonheur) ni la vitesse de l'action n'affectent la lisibilité. Là où la plupart des films d'actions se soucient tellement d'en flanquer plein la vue / plein les oreilles, Spider Man II retrouve avec des moyens modernes une précision et une clarté digne des grands films d'action ou d'aventures des 50/60's.

Bref, réussite totale, tant pour la profondeur des personnages (même Octavius brille par son ambiguité et son physique très peu 'grand méchant'), que pour la réalisation, l'équilibre parfait de cette mosaïque de styles.

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2004-07-14
Pas terrible du tout. Le thème du film n'est pas inintéressant: la fascination pour les Grands de ce monde, mais le traitement est franchement prévisible et molasson. Les personnages, une correctrice/secrétaire (mais en fait écrivain rentrée) et une grande actrice sont un peu à la lisière du ridicule, ce qui est finalement le problème du film. Peut-être qu'un ton nettement plus méchant, qui n'épargne pas les personnages, aurait reveillé un peu le tout. Il reste une vague impression que le réalisateur est légèrement tombé dans le travers décrit par son film, fasciné par la vie trépidante du Monde du Cinéma.

Karin Viard et Agnès Jaoui: oui, effectivement, elles sauvent le film, ou tout au moins font qu'on ne s'ennuie pas systématiquement, mais on est loin de leurs grands rôles à l'une et l'autre. Leurs personnages très caricatureux les bloquent dans des jeux assez compassés et sans finesse, entre Karin Viard à la démarche systématiquement empruntée et gauche et Agnès Jaoui qui jaouise un rien, speed et cyclothymique.

Une des rares scènes amusantes est un filrt en cuisine qui dégénère, avec un dialogue un peu plus pétillant et un petit gag visuel. Le reste est filmé très, très classiquement, avec une musique qui surligne tous les virages du scénario.

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2004-07-11
Très nettement préféré cet opus au premier. C'est nettement plus nerveux, ça envoie balader l'idée d'être un film pour mômes, l'image est à la fois beaucoup plus léchée et moins tape-à-l'oeil-hey-on-est-une-vraie-demo-SIGGRAPH. L'histoire n'est pas très intéressante, mais c'est guère un écueil, vu que le film repose avant tout sur les personnages. Et de ce point de vue, ça marche très bien. Shrek et Fiona sont un peu fadasses et se font voler un peu la vedette par l'âne (toujours très bon), le roi et l'excellentissime chat botté - qu'on ne voit pas encore assez.

Le problème de Shrek II, c'est que ça fonctionne pas mal par citations et parodies. Enfin, beaucoup. Ou plutôt, énormément. Voire quasi uniquement. Alors oui, c'est hilarant. Les dix premières minutes du film sont un pot-pourri absolument excellent de détournements de scènes, les décors de Far Far Away sont très pince-sans-rire, et un film qui reprend une scène de Mission Impossible (1) ne peut qu'être loué.

Bref, c'est très bon mais... il reste que je n'arrive pas à être vraiment emballé, j'ai l'impression que je ne garderai pas un souvenir ému de Shrek 2, et je me demande si ce n'est pas la surabondances de citations qui empêche un peu le film d'avoir une vie propre.
Est-ce que Shrek 3 sera l'équivalent de la Classe Américaine en animation ?

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2004-07-10
La sortie presque simultanée de Fahrenheit et du "Monde selon Bush" de William Karel est intéressante dans les nuances qu'on y trouve. Le Karel est un portrait à charge cinglant et froid de la clique néo-conservatrice qui entoure Bush, et le film de Moore partage bon nombre de ses thèses. Fahrenheit va beaucoup plus loin: il ne s'agit pas de faire un 'simple' documentaire, mais surtout un film capable de provoquer le débat aux états-unis. Je pense que tous les défauts formels de Fahrenheit doivent être vus sous cet éclairage: stéréotypes de la 'mother of all coalitions', hors contextes, ... L'objectif numéro un est manifestement d'assurer une audience aux USA -et- de réussir à passer bon nombre d'informations ou même d'images soigneusement évitées par les médias traditionnels.

Le film en lui-même fonctionne bien, j'ai trouvé la forme presque moins foutoir que ses précédents, hormis peut-être la conclusion du film. Roger and Me, Bowling, étaient construits comme un progression vers une confrontation finale avec sa némésis. Le débat Bush / Moore n'arrive ici évidemment jamais, et la fin fonctionne un peu plus à vide. D'une certaine manière, la conclusion de Fahrenheit ne sera écrite qu'en novembre prochain.

J'en reviens aussi à mon commentaire sur 'Bowling'. Michael Moore est un des rares cinéastes aujourd'hui à faire des films authentiquement politiques, dans la lignée de (ne pas taper, comparaison audacieuse) Costa-Gavras ou Chris Marker.
Tout comme pour "Bowling", Michael Moore comme l'analyse d'un problème plutôt cerné (la peur et les armes aux USA, les zones d'ombres et mensonges de la famille et de l'administration Bush), mais ne s'arrête pas à la mise en lumière des dysfonctionnement, et continue vers ce qui est quasiment un discours de lutte des classes, en montrant que les populations défavorisées sont les premières victimes d'un système qui tire tous les profits de la situation. Une autre raison de l'intérêt de Moore aujourd'hui.

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2004-06-19
Coen mineur ? On retrouve un bon paquet des marques de fabrique du duo. Un Tom Hanks enfin supportable en professeur pédant et mielleux (un frère du Clooney de O Brother ?), des petits gags visuels (ah, le tableau du mari aux expressions toujours changeantes), des personnages forcément 'bigger than life', et une belle collection de ploucs de l'Amérique profonde.

Mais tout cela n'est décidemment pas assez méchant. Dommage.

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2004-06-12
Un peu schizo, l'ami Kusturica. "La vie est un miracle" contient la dose officielle, reconnue d'utilité publique de Kusturicismes: les alcoolos hénaurmes, les braves types plongés dans leur rêve complètement farfelu, une fiesta avec musique, fanfare, petits écoliers à la soviétique et escrocs mafieux haïssables à loisir. Mais cette première partie complètement dans la lignée de 'Chat noir chat blanc' se fait peu à peu parasiter par autre chose, par une gravité inhabituelle. Des petits signes qui ne trompent pas: un maire truculent qui disparait du film, un match de foot qui tourne à l'émeute et (presque, pas encor) à la guerre civile, les yeux d'une infirmières curieusement émouvants, une violence brute. Et puis tout devient vraiment sérieux. C'est la guerre, on ne rigole plus, Kusturica pose sa caméra, filme un couple en train de s'apprivoiser, des pentes enneigées sublimes, des soldats pochards faisant un carton sur une fille sans défense, moitié par haine, moitié par désoeuvrement, une journaliste à baffer...

La vie est un miracle, c'est ça: un film qui bascule à sa moitié, des personnages qui s'excusent presque d'être devenus graves. Un très beau film.

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2004-05-20
Le projet du film est contenu dans le (très beau) générique: une caméra qui s'immisce dans une foule bigarrée, disparate. C'est avant tout un très joli portrait de l'Algérie de 2003, entre barbus et jeunes filles en boîte. Le film fonctionne comme un collage réussi d'ambiances et de tronches, comme les algérois louvoient entre tchadors et robes de soirées, homosexualité et quête de stabilité, petits arrangements...

Le scénario est malheureusement guère plus qu'un prétexte à cette jolie galerie de personnages, et les intrigues (une vieille danseuse sur le retour, la sinistre sécurité militaire, une vraie-fausse histoire d'amour, une mère et sa fille, ...) ne font que se croiser sans vraiment jamais se renforcer.

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2004-05-13
Un film qui déjoue les attentes. "Parle avec elle" fonctionnait sur l'émotion brute, "la mauvaise éducation" est avant tout une construction virtuose, un art du récit qui tient à distance ses personnages.

Et ils sont compliquées, ces personnages. Enrique, réalisateur, qui voit resurgir un fantôme de son passé, d'amour préadolescent, qui lui remet une version vaguement romancée de leur relation, exposée et explosée par un prêtre libidineux. Version qu'il va adapter à l'écran, jouée par l'autre. Revival perturbée par le retour du prêtre, qui a aussi sa version de l'histoire, et de ce qui s'en est suivi...

"La mauvaise éducation" est en permanence en train de jouer avec ces personnages, qui peuvent incarner plusieurs personnages, ou un rôle incarné par plusieurs personnages, dans le film, dans le film dans le film, dans l'imagination des personnages, dans leurs fantasmes... Je n'ai jamais vu un tel entrelacement des niveaux de récits, des réalités, hormis peut-être dans le très sous-estimé "Existenz" de Cronenberg.

Almodovar se défend d'avoir fait un film autobiographique, même s'il reconnait avoir mis des bribes de ses vies dans 'La mauvaise éducation', qu'il a mis plus de 10 ans à mûrir.
En voyant cette construction en poupées russe, je me suis souvenu de quelques paragraphes de l'Apostille au Nom de la Rose d'Eco (eh oui, encore à parler d'Eco): "Un masque, voilà ce qu'il me fallait. Je me suis mis à lire et à relire les chroniqueurs médiévaux, pour en acquérir le rythme et la candeur. Ils pareleraient pour moi; et moi je serais libre de tout soupçon. [...] C'est pourquoi mon histoire ne pouvait que commencer par le manuscrit retrouvé, c'est pourquoi cette histoire aussi serait une citation (naturellement). J'écrivis tout de suite l'introduction, plaçant ma narration à un quatrième niveau d'emboîtement, à l'intérieur de trois autres narrations: moi je dis que Vallet disait que Mabillon a dit que Adso dit... J'étais désormais libéré de toute crainte."

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2004-05-09
Ou: '5 saisons dans la vie d'un moine'. Le film est un curieux huis clos en plein air: tout se passe sur un curieux temple flottant au milieu d'un lac, dans une vallée paumée, et où un vieux maître enseigne à un jeune puis moins jeune disciple. Jeune disciple qui se laissera attirer pour son malheur dans le monde extérieur, avant de revenir expier sur le lieu de sa formation et prendre le relais de son maître et de boucler la boucle.

Le film brille déjà par sa photo: pas facile de rendre fascinant un même lieu pendant toute la durée de la projection. L'autre attrait de ce film, c'est la succession de petites touches, le récit en creux. Cela peut être de petits plans de rien du tout: un vieux moine traçant des idéogrammes d'un simple pinceau mouillé qui s'effacent en quelques instants, le surgissement d'une petite pointe de fantastique, donner un rôle "positif" et de compassion à un serpent, une scène de séduction frontale toute mignonne, ... Beau et inhabituel.

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2004-04-13
Revu ce film mythique.
Ce qui m'a frappé, c'est le rythme du film: il n'y a aucun temps mort, absolument aucun, malgré une histoire plutôt tordue avec flash-backs et situations qui pourraient confiner au vaudeville Casablanca, c'est un monde fantasmatique parfait, milieu interlope, le juste equilibre d'héroïsme masqué par le cynisme, l'histoire d'amour impossible. Je crois que c'est Umberto Eco qui parle de la fascination que l'on peut ressentir pour Casablanca et le paradoxe qu'un film qui est à ce point de bric et de broc, cliché, improvisé, furieusement intertextuel, arrive à un tel point d'équilibre:

"Casablanca is not just one film. It is many films, an anthology. Made haphazardly, it probably made itself, if not actually against the will of its authors and actors, then at least beyond their control. And this is the reason it works, in spite of aesthetic theories and theories of film making."

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2004-03-30
C'est un pari ultra-gonflé et gagné.

Première réussite d'Immortel: éviter le piège de l'adaptation. La BD est inadaptable ? Ok, pas de problème, on fait comme s'il s'agissait d'un récit de troisième main, trituré, réinterprété. Garder l'esprit et non la forme.

Seconde réussite: faire du judo avec les contraintes techniques. Faire des personnages secondaires humains des créations digitales ne peut que paradoxalement renforcer l'émotion autour des personnages principaux, de chair ou non.

Troisième réussite: laisser en suspens. Hormis quelques scènes vaguement d'action très vite désamorcées, Immortel est intimiste, flottant. Horus attend la mort, Jill ne sait ce qui l'attend, Nikopol ne maîtrise rien. Le personnage le plus volontaire étant peut-être celui de Charlotte Rampling, autre passeur, à l'instar de John. Linda Hardy, Thomas Kretschmann sont excellents.

Quatrième réussite: charger, trop charger. Le film regorge de pistes, de lectures, de bribes d'histoires dont très peu sont résolues.

Cinquième réussite: l'humour, tant visuel (les ectoplasmes de salle de bain) que dans le décalage ("j'aime beaucoup ce que vous faites"), les citations (Brazil, ..), l'ironie et l'auto-dérision de la Trilogie.

Sixième réussite: la cohérence de l'ensemble, et pas seulement visuelle (même si la patte Bilal dans les textures, les architectures, les visages, ... est toujours là).

Ah, et j'adore la conclusion de la dernière scène. Complètement en ligne avec le reste.

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2004-03-07
Un fils retrouve son père à l'article de la mort, ledit père grand raconteur de bobards devant l'éternel.

Sans doute pas le meilleur Burton, mais assez touchant: jamais Tim Burton n'avait vraiment osé sortir de ses mondes irréels et aborder un peu de front ques relations humaines 'normales'. Attention, ça reste caractéristique: les scènes illustrant les bobards magnifiques sont un vrai patchwork des mondes imaginaires des films précédents. Et parfois c'est très très réussi, comme la superbe idée de la 'sorcière' mise en boucle dans le film, ou bien le monde du cirque rêvé.

Mais malheureusement, les alternances de séquence entre la réalité et ses accrochages père-fils et le monde merveilleux, burtonien en diable, des histoires énormissimes finit par lasser. Sleepy Hollow, Beetlejuice, Batman avaient cet avantage de plonger immédiatement et sans concession le spectateur dans un univers gothique et luxuriant. Par contre, le coeur de Big Fish soumet ce même spectateur à une douche écossaise où le retour aux moments de réalités a un vague parfum de gueule de bois.

Mais l'excellente surprise, c'est que le film arrive quand même à retomber sur ses pattes, en faisant précisément éclater ces frontières: les belles histoires, : les détails et les fils se recroisent enfin et les scènes finales arrivent à trouver une émotion que Tim Burton peinait à retranscrire jusqu'ici.

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2004-03-06
Le prétexte: imaginer une histoire sur la genèse du tableau éponyme de Vermeer, à savoir une jeune servante (Scarlett Johansson) dans la maison du maître (Colin Firth), qui finira par poser pour lui, malgré l'inimitié du reste de la famille et les attentions un rien pressantes du mécènes.

Le point fort du film, c'est évidemment sa photo: les tons froids, les lumières hautes des flamands sont magnifiquement recrées. Faire un film où l'on puisse avoir l'impression d'être en permanence dans un Vermeer a du être plus que jouissif pour les décorateurs.

Par contre, le scénario manque singulièrement d'enjeu. Il ne faut pas y chercher une fresque historique ni le Mystère de l'Art, c'est une juste une intrigue très plan-plan autour des petits malheurs et bonheurs d'une servante d'un grand maître. Très insipide.

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2004-02-29
Un officier français et une militaire américaine dans l'allemagne d'après-guerre qui font semblant de se détester avant de se tomber les bras, se marier, et obtenir le status de 'mariée de guerre' pour le malheureux frenchie pour pouvoir repartir ensemble aux US, modulo moults cafouillages administratif.

Bon bon bon. C'est plutôt agréable, mais c'est très inégal, et le rythme du film est très étrange. On passe un gros tiers sur une comédie romantique plutôt classique je-t'aime-je-t'aime-pas et le reste sur la situation kafkaïenne de ce pauvre Cary Grant, qui finira grimé en infirmère militaire. Intéressant quand même car c'est plus une comédie de situation(s) que des dialogues feux d'artifices (malgré quelques perles: "il s'appelle comment ce bébé ? - Niagara"). Et il y a quelques très belles scènes où Cary Grant, essayant de dormir dans des lieux on ne peut plus inconfortable, joue sur un humour très physique, ne sachant que faire de ses mains, très Buster Keaton.

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2004-02-08
Pour une bonne surprise, c'est une bonne surprise. Donc Daniel Auteuil, grand serveur de grande brasserie sauve par mégarde José Garcia, candidat au suicide. Et par un mélange très syndrôme de Stockholm, s'en sent responsable, lui trouve une place, retrouve son ex, en tombe-lui-même dingue. Il y a deux choses très intéressantes dans le film de Pierre Salvadori. D'abord, la volonté de ne pas figer les personnages, mais leur faire échanger leurs rôles et leurs névroses tout au long du film. Ensuite, il excelle à faire durer une scène au delà de sa chute prévue: un rire nerveux arrive après une gêne un rien voyeuriste. C'est assez net dans la plupart des scènes entre Sandrine Kiberlain et Daniel Auteuil Cela, plus le jeu excellent du trio donne un film très réussi qui aurait pu être d'une lourdeur sans pareille filmé par quelqu'un de moins finaud.
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2004-01-11
C'est une vraie réussite. Lost in Translation est le récit en pointillé d'une errance parallèle, d'un acteur vaguement has-been venu à Tokyo faire de la pub très alimentaire, et une jeune mariée délaissée par son photographe de conjoint jet-setter. Deux solitudes dans un grand hotel impersonnel, un mariage qui bat de l'aile, un autre qui ne va sans doute pas tarder à prendre le même chemin. Et le tout dans un pays dont l'altérité les dépasse quelque peu.

Sofia Coppola dessine tout cela à très petites touches, c'est un film qui ressemble à de la pluie qui frappe aux vitres. Le récit de cette idylle très sage, très tranquille est emprunt d'une mélancolie, comme si les personnages avaient déjà la nostalgie de ce moment hors du temps, de cette tendresse partagée pour un temps. Le rapprochement de Bill Murray et Scarlett Johansson est filmé avec une infinie douceur (cf. cette très belle scène où les deux personnages sont filmés dans un lit, chacun dans son coin... On n'est pas loin de l'épée séparant Tristan et Yseult). On se demande presque pourquoi avoir situé l'histoire au Japon ? Sans doute pour rendre indispensable cette bulle, cet ilot que forme l'hotel et où se retrouvent Bob et Charlotte après s'être un peu mouillé les pieds en se paumant dans cette autre culture.
La mise en scène est très épurée, plein de belles idées malgré quelques points un peu trop forcés (la bimbo flirtant avec le mari). Une scène dans une piscine presque déserte m'a fait penser à 'Bleu', qui a peut-être quelques points communs intéressants.
Très belle bande originale également, surtout pour les nappes de guitares de Kevin Shields.

Andrew Stanton & Lee Unkrich

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2004-01-07
Livraison annuelle de Pixar, peut-être un cran en dessous de Monsters. Peut-être un peu plus orienté 'jeune public', le (léger) problème de Nemo est sa nature de road-movies: une succession de séquences, chacune plus ou moins réussie mais à qui il manque l'impression d'autre monde de Monsters ou A Bug's life. Mais le plus beau liant de Nemo est sans doute le personnage de Dory, poisson amnésique à qui il faut resituer en permanence l'intégralité du film.
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2003-12-20
Je suis autant gêné pour parler de la séance Retour du Roi que je l'étais pour celle des Deux tours. L'impression est exactement la même qu'en sortant des deux premiers épisodes dans leur version cinéma: une succession de scènes plus ou moins choc, sans rythme, sans élan, avec une fin à rallonge plutôt ratée, longuette. Mais évidemment, après avoir vu la différence entre les versions 'longues' et ces versions cinéma tristounettes, il est dur de considérer ce troisième volet comme le vrai projet du réalisateur. Note moyenne, du coup.
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2003-12-16
C'est raté, raté, raté. Pas forcément par la mise en scène ou les acteurs, qui s'en tirent plutôt honorablement vu l'exercice, mais par le sujet. Quel est donc l'intérêt de ressuciter une opérette (plutôt mauvaise) des années 30 et d'en faire la copie exacte de nos jours ? Le contexte n'existe plus, les chansons n'ont aucune résonnance, même l'humour de la pièce a pitoyablement vieilli ? On ne peut même pas invoquer la nostalgie puisque la nature même du film interdit la moindre distance: bonjour, vous êtes dans les années 30, point final.

Baz Luhrman avait une approche bien plus intéressante et valide avec son Moulin Rouge, garder l'esprit de l'époque, le mélange de ritournelles familières, le kitsch, et en faire une transcription moderne.

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2003-12-14
Il y a sans doute deux manières opposées de comprendre Kill Bill. La première, dans la lignée de Jackie Brown et Reservoir Dogs, est d'y voir un film de réalisateur doué, soucieux de rafraîchir un genre -et- de laisser une marque durable. La seconde serait de le comprendre comme un hommage de fan, émerveillé et hénaurme aux séries Z d'antan (cf. les premières secondes du générique, furieusement seventies'). J'avoue que je penche plutôt pour la seconde hypothèse, ce qui a l'avantage d'en ressortir avec beaucoup plus de satisfaction que pour la première. L'art très subtil de Kill Bill, c'est de réussir à amalgamer des scènes extrèmes, tant pour le scénario que pour le style sans jamais tomber dans un second degré moqueur qui ruinerait l'intégralité du film. C'est en ça que Kill Bill reste avant tout à mon sens un vrai 'film de fan', avec tout ce qu'il peut y avoir d'hermétique et de parfois vaguement désolant. Ah, et sinon Uma est ravissante, les vilains très vilains, et les combats joliment chorégraphiés. C'est encore les scènes d'exposition qui m'ont le plus plu. C'est normal, Docteur Tarantino ?
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2003-12-12
Curieux objet que ce film de sabre très classique en apparence de Kitano (et apparement l'illustration d'une légende très connue au Japon). Un peu comme Kill Bill (voir plus haut), on est loin du second degré, plus proche de l'hommage à un genre, mais sans avoir aucunement l'impression d'une redite très académique. La fraîcheur de Zaïtochi vient de l'attention aux détails, au contexte très pictural de l'histoire. Un gros plan sur un ustensile en bois, ou une route mouillée est aussi important qu'un mouvement de sabre. On est très proche de "Tigre et Dragon" ou "Tabou" pour ce qui est de l'esthétisme. D'autre part, Kitano ne se sent manifestement pas enfermé dans le genre et se permet quelques expérimentations (très belles scènes de paysans dans les champs dont les coups de pioches forment et s'intégrent à la musique) et audaces formelles. La fin osée en forme de comédie musicale se permet un joli retournement, replaçant le film pour ce qu'il est: un beau conte magnifiquement raconté.
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2003-12-07
Beaucoup plus convaincu par ce film que par 'The Barber', tentative un peu raté de retrouver la veine étrange d'un Barton Fink. Ce qui est agréable avec Intolérable Cruauté, comme ça l'était avec 'Raising Arizona' ou dans une moindre mesure 'The Big Lebowski', c'est qu'aucun personnage n'est sauvable: c'est juste une formidable brochette d'affreux, cyniques, manipulateurs, hénaurmes. Il y a des scènes d'anthologie ici ('Rex ! Sit !') et même si l'on se fiche un peu finalement du scénario alambiqué, la jubilation permanente emporte tout le film.
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2003-11-30
La livraison Eastwood annuelle. On est un peu gêné avec les derniers films d'Eastwood en se disant qu'il est en train de tourner un peu Woody Allen: des livraisons régulières de films qui jouent toujours un peu sur les mêmes thèmes. Mystic River a un peu ce défaut de garder une trame vaguement polar, mais Eastwood s'en débarasse finalement assez vite pour jouer des relations au sein d'un trio d'ex-copains d'enfance qui n'ont plus grand chose pour les réunir, à part un drame. La réalisation en elle-même est très classique, très ample, et parfois une caméra qui contemple tout cela des cieux. Le regard de Dieu ? Kevin Bacon, Sean Penn, Tim Robbins: ils sont trois à porter le film, mais c'est sans doute Tim Robbins, dans le rôle du paumé ravagé qui est vraiment mémorable. Ce personnage m'a d'autant marqué que j'ai toujours en tête le premier personnage que j'ai vu joué par Tim Robbins: le flamboyant californien du Player d'Altman.

S'il fallait un adjectif pour Mystic River, je crois que (paradoxalement ?) cela serait "serein"

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2003-11-28
Film choral dans la plus pure lignée des comédies romantiques anglaises, façon 4 mariages. Pas désagréable, mais qui souffre un peu du saute-moutons entre les histoires, reliées assez artificiellement. Ce sont plus les numéros d'acteurs qui s'en dégagent, plutôt qu'un scénario finement ciselé (c'est la où la comparaison avec '4 mariages' fait mal). Sans grande surprise, ce sont avant tout Colin Firth, Alan Rickman et Hugh Grant qui émergent. Agréable et oubliable.
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2003-11-23
C'est rare les films de SF qui vieillissent peu. Alors bon, évidemment, c'est un chef-d'oeuvre. Pas la peine de revenir là dessus. Trucs en vrac:
- Le début du film est épatant. Je connais peu de films qui jouent autant sur la durée, l'attente avant le début de "l'action" (si l'on peut dire). La musique de Goldsmith et les longs travellings dans les couloirs du vaisseau endormi.
- Les instants de terreur fonctionnent toujours aussi bien, même à la quatrième vision.
- Le montage 'final' me semble plus nerveux, et l'inclusion de la scène finale de confrontation entre Ripley et Dallas me semble finalement cohérente avec ce final de Ripley totalement solitaire
- Noté quelques curieuses allusions sexuelles, en particulier la mort de Lambert.
- Le seul moment qui a vraiment vieilli est sans doute la discussion finale avec Ash défait. Ah, les bons vieux trucages de l'acteur caché sous le plancher. Par contre 'Mother' tient bien le choc, entre autres grâce à la communication par cliquetis.
- Kubrick avait enlevé l'excitation au travail dans l'espace, Ridley Scott y enlève tout glamour. Ah, les petits-déjeuners post-hibernation.
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2003-11-16
Et encore un Woody Allen, qui n'a vraiment pas grand chose pour le distinguer d'un autre Woody Allen, hormis le rôle du pourvoyeur de bons mots psychanalysé et un peu gauche avec les femmes est divisé en deux personnages (d'humoristes), Woody Allen et un jeune disciple. Et ce passage de relais est décidemment tout sauf intéressant: les dialogues tournent à vide, on se fiche un peu de l'un et de l'autre. Allen essaie de tirer son personnage vers un terrain un rien différent en jouant un parano (mais toujours professeur d'université juif hein, ne bouleversons pas tout).
Reste une jolie idée de mise en scène: la voix "off" portée par le personnage à l'écran, et souvent dans la continuité de la scène ou en aparté. Casse-gueule mais réussi.
Finalement, les seuls à s'en sortir sont Danny DeVito en agent incompétent et surtout, surtout Christina Ricci, en fille complètement névrosée, mangeuse d'hommes, flanquée d'une mère tout aussi frappée, volage, libidineuse, en manque d'amour, superbe.
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2003-11-11
C'est pitoyable, ridicule et affligeant. On notera d'abord la persévérance des frères Wachovski qui arrivent à dynamiter les rares idées de leur second épisode qui auraient pu donner un dernier opus un tant soit peu intéressant.

Bref, tout est raté: les dialogues atteignent des sommets de ridicule, que ça soit dans le mielleux émotif ("ta formation est finie, jeune jedi, euh, petit"), ou le pseudo-profond ("mais pourquoi ?" - "tu le sais" - "oui, je le sais, mais pourquoi le sais-tu" - "parce que c'est ainsi"). Le film n'a aucune structure (quelqu'un pourrait-il m'expliquer l'intérêt du premier tiers du film, à part gagner du temps ?), les situations risibles (ah, le club SM pour provincial en goguette, ou bien le "oooh le soleil" que l'on avait pas vu depuis Highlander 3). Les moments d'émotions sont à l'instar des batailles: longues, inintéressantes et mal filmées. Quand aux effets, manifestement le seul objectif était d'en trouver 2 ou 3 et de les montrer et remontrer et remontrer (faut rentabiliser le soft, coco, flanque moi encore un coup de pluie et un système particulaire de sentinelles).

Le tout nous donnant donc la série Z la plus chère du monde. On applaudit bien fort.
(et qu'on ne vienne pas me sortir l'argument "ouais, mais c'était pas un film moldo slovaque des années 30 donc tu peux pas aimer", des blockbusters excellents, ça existe, cf. Spiderman).

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2003-11-09
C'est curieux: la forme est passionnante et le fond inintéressant. Cela faisait très longtemps qu'un scénario et que des personnages ne m'avaient laissé aussi froid. Par contre, il y a des choix de mise en scène très amusants, entre autre un choeur chanté qui vient ponctuer l'action, et un responsable de la décoration qui s'est manifestement éclaté sur les couleurs. Pas de problème avec les acteurs non plus, entre autre avec Bacri qui essaie (sans -totalement- y réussir) de sortir de son bacrisme habituel par la comédie et Nathalie Baye en ménagère alcoolo. Melvil Poupaud hérite d'un rôle insignifiant dont il ne peut pas faire grand chose et Isabelle Carré joue un peu trop bien l'ingénue future bourge qui se donne des sensations. Bref, il y a tout pour que ça marche, mais on se contente de regarder, de se marrer - car c'est drôle, parfois très drôle- en appréciant les acteurs tout en se fichant royalement du devenir des personnages.
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2003-11-02
Autant commencer par le pire: je ne suis pas du tout convaincu par le thème des invasions barbares. En soi, mais aussi parce que la rhétorique du "tous pourris" et "argent roi" est amenée d'une manière particulièrement grossière par Denys Arkand. Cet aspect là du film m'a laissé au mieux froid, au pire énervé. Heureusement, le titre est un peu trompeur, et le noeud du film reste la nostalgie et la légèrété d'une poignée d'ex gauchistes vaguement perdus au pays des 00's. Et entre l'avalanche de bons mots, la marche vers la mort (émouvante et réussie, si l'on peut dire), un bon film arrive à se frayer un chemin (mention spéciale aux comédiens, quasiment tous excellents dans ce contexte un peu balourd).
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2003-11-01
En quelques mots: Gus Van Sant dynamite les explications pseudo-rationelles et simplistes sur une tragédie style Colombine, et il le fait de l'intérieur.

La narration est éclatée: on revient sur les mêmes lieux, on suit (au sens propre) un personnage, on passe à un autre, on y revient. Rien ne nous indique -a priori- les relations entre eux, ou même les relations entre les plans ? Est-ce un autre jour ? une action simultanée ? ce n'est que progressivement que le puzzle se met en place et qu'on comprend que l'on assiste au prise d'une journée fatale, décomposée, recomposée.

Surcharge de causes, fautes, chacune est abordée d'une image ou d'une scène, et souvent aussitôt invalidée: l'alcoolisme d'un père, brimades, le manque de parents, les armes sur Internet, Hitler, les jeux vidéos, les gays, le désordre amoureux, etc. Accumulation qui rend rapidement impossible de suivre une explication unique. Alors évidemment, c'est moins facile et jubilatoire qu'une démonstration gonflée style Bowling for Colombine, mais Gus Van Sant arrive à tenir pendant tout le film en évitant voyeurisme et détachement clinique.

Sur la forme, Elephant fait souvent penser à Shining: des personnages isolés dans le monde clos d'une High School, dans une succession labyrinthique de couloirs et suivis par la caméra. Gus Van Sant joue beaucoup des flous et de la profondeur de champ: il prend le temps de suivre chaque personnage, avec une très faible profondeur de champ, gardant l'image sur le visage de ses ados et les faisant se détacher d'un monde flou et indistinct autour d'eux.

Le travail sur le son est très très fin: les quelques dialogues sont très découpés dans l'espace, isolées, et des musiques très ténues, très bruitistes sont toujours à la lisière. Le son reprend le choix d'une image où les personnages sont isolés, pris dans un bruit de fond. Bruit de fond de l'adolescence et de ses douleurs et où quelque chose se passe terriblement mal, brusquement.

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2003-09-28
D'après un évenement réel de la seconde guerre, avec un James Mason en valet de chambre ultra-britannique, stylé, suave et traitre, L'originalité du film: Danielle Darrieux en femme fatale de veuve polonaise. Un de ces grands films d'espionnage des années 50, avec méchants nazis, anglais oxfordiens, et un délicieux fond d'ironie. Yummy.
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2003-09-21
La nostalgie camarade, la nostalgie. Le premier adjectif qui me vient en tête serait "mignon". C'est mignon cette histoire de fils qui fait bifurquer l'histoire pour garder sa mère en vie, c'est mignon cette course frénétique à la recherche de cornichons garantis Allemagne de l'Est. Donc voilà, on y gagne un sourire et un petit pincement au coeur, malgré les gimmicks (trop de Kubrick et d'Amelie là-dedans) et la légèreté de l'ensemble.
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2003-09-12
J'avoue que j'aime bien certains gadgets. Et les lunettes en 3D, c'est un super gadget. Donc aller voir "Ghosts of the Abyss" et une descente dans le Titanic en 3D, ça m'amusait. Et c'est plutôt moins pire que ce à quoi je m'attendais. Ce qu'on peut reconnaître à Cameron, c'est d'avoir évité la grosse machine marketing basée sur son film. Quelques scènes de reconstitutions y font vaguement penser, mais sans plus. Non, ce qui est un peu dommage, c'est que face à des images si impressionnantes (là dessus, les attentes ne sont pas déçues) le montage et le fil conducteur du documentaire soit si communs et attendus. La voix off de Paxton jouant le naïf de service surligne l'émotion, l'extraordinaire. Une fois, ça passe, quatre, ça agace. Mais voir la proue du Titanic ou la lumière à travers des vitraux compensent suffisament. L'autre mérite, plus anecdotique est l'invention par Cameron de quelques techniques de montage adaptées à la 3D (ah, les incrustations d'images qui jouent sur la profondeur).
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2003-08-10
C'est raté. Raté, raté, raté, raté. Le premier opus marchait en ne se prenant pas au sérieux, en jouant du second degré, et celui-ci essaie tellement d'en rajouter dans l'hénaurme que la baudruche se dégonfle. A la limite, le prologue serait à sauver, mais tout le reste n'est qu'une ennuyeuse accumulation de scènes clipesques saturées à mort et sans plus aucun humour. Grosse déception.
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2003-08-09
Singulier blockbuster: le premier tiers du film est on ne peut plus conforme à ce qu'on s'attendait, entre autodérision Schwarzie, terminatrixe bombesque pour ado et scène d'action en pleine rue obligatoire (qui arrive à être plus ennuyeuse que celles de Matrix Reloaded, si si). Mais bientôt le fil ralentit, et un ton curieusement funèbre s'immisce dans le film. Même si les idées curieusement sous-exploitées sont nombreuses (la reprogrammation du Terminator, les prototypes actuels, le futur de John), le charisme de Claire Danes (oh, qu'Edward Furlong aurait été bien pour partager l'affiche) et le retour à un film de genre qui se prend au premier degré rend l'exercice plus qu'honorable. Et c'est dans une atmosphère d'avant l'orage que le troisième volet finit, terminant la boucle entamée avec le premier Terminator. Longue vie à la Série B.
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2003-07-27
Terry Gilliam au travail: ou comment son rêve de Don Quichotte s'est transformé en déroute, entre torrents de boue, F-16 tonitruants et Jean Rochefort malade incapable de tenir sur Rossinante. C'est clair que "Lost in la Mancha" se démarque du "making-of" hollywoodien standard, avec acteurs souriants interviewés sur fond sombre: là, les auteurs étaient plongés dans la tourmente, autant d'ailleurs dans le bouillonnement créatif de Gilliam que dans les catastrophes en série, et de s'y plonger (ah, la micro-biographie de Gilliam dans le pur style des interludes Monty Python). Plus qu'à rester de plus en plus bouche bée devant la succession de tuiles, et l'incrédulité de l'équipe devant ce qui devient une 'pure panique'. Et restez jusqu'à la fin du générique.
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2003-07-13
C'est réussi, mais l'exercice est un peu étrange. "Le mystère de la chambre jaune" essaie à toutes forces de retrouver le parfum des romans de Gaston Leroux, d'images passées des Brigades du Tigre, et autres lupineries. Si ça fonctionne, c'est déjà grâce aux acteurs qui à part Sabine Azéma un peu éteinte (le rôle n'aidant pas) et un coup de patte ludique, très B.D. qui fait passer le tout sans avoir besoin de dégainer un vilain second degré.
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2003-06-25
C'est un premier film tout à fait honorable, et par moment très réjouissant. Bon, évidemment, il y a par moment un peu de maniérisme dans la mise en scène (et on pense parfois à certains gimmicks du copain Soderbergh), mais quelques bonnes idées (dont transitions d'un lieu à l'autre dans un même plan et décor) rachètent largement tout cela.
Ce qui est plus intéressant est de voir comment Clooney louvoie entre des films de genre (biopic, comédie standardisée, thriller) et en fait un mélange assez troublant, où l'on arrive guère à se raccrocher tant 'Confessions of a dangerous mind' nous balade d'une situation à l'autre en suivant la schizophrénie/mythomanie/vie de ce producteur obsédé assassin. Le labyrinthe mental de Chuck Barris se reflète largement dans la structure du film, tout en évitant les effets appuyés, une irruption de l'étrange dans un cadre ultra-normal. Evidemment, cet ensemble tortueux tient avant tout aux acteurs, en particulier les seconds rôles (Clooney, Rutger Hauer et Julia Roberts sont irréprochables).
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2003-05-16
Matrix avait un côté obscur, c'était cette première partie déroutante, avec un employé de bureau paumé, au corps ravagé par des sondes, des déformations, des tuyauteries, qui sortait d'un cauchemar à cravate pour arriver dans un monde de ferraille, de déjà-vu et d'incertain. Et là, les choses devenaient classiques, à grands coups de kung-fu, pétoires et hélicoptères, et le monde redevenait ennuyeux.

Matrix Reloaded, c'est comme The Matrix, mais avec uniquement le côté ennuyeux. Le scénario ne cache même pas son manque d'amibtion, étant convenu dès le départ qu'il ne s'agit que de boucher les trous entre quelques longues séquences mal mises en scène de castagne. Oui, la performance technique est là, mais finalement, on s'en fiche un peu et on reste devant les images qui bougent avec une indifférence certaine.

Finalement, les seuls rares moments où Matrix Reloaded réussit, c'est quand revient ce décalage de la réalité qui faisait le charme du premier: une vieille mama qui mange des bonbons sur un banc public, un couloir infini de portes (vague écho d'étagères d'armes du premier ?) et d'autres portes qui donnent sur des lieux changeants; ou bien un Lambert Wilson jouisseur, trafiquant Grand Style, qui pour le coup, détonne de vie face aux ectoplasmes audacieusement qualifiés d'Humains qui lui font face.

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2003-05-11
Encore une comédie mythique, avec Marylin en fausse ingénue croqueuse de diamants et Jane Russel mangeuse d'hommes. Et avec LA chanson "diamonds are a girl best friends". Et je dois avouer que l'ensemble passe plutôt bien, même si je ne suis pas un fan absolu de Marylin. Le couple de copines Lorelei/Dorothy est extrèmement efficace, tant dans les passages chantés que dans la comédie. Bon, évidemment, il y a un petit côté kitsch (ah, les maillots couleur chair, les gamins en Fez à Paris), mais l'ensemble n'a pas trop vieilli.
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2003-04-20
C'est une bonne surprise. Un film sur les favelas, et leur violence. L'ingéniosité de "La Cité de Dieu", c'est de construire le film sur la durée: on part des gamins des 60's dans une favela qui n'est encore qu'une succession de baraquement, presque proprette, et on les suit jusqu'à ce qu'ils soient chefs de gangs, le tout entrainé par une voix off et un montage en chapitres extrèmement efficace. "La cité de Dieu" est totalement dans la lignée de films saga comme Scarface ou Casino, mais dans un contexte plutôt peu courant (la violence brute dans un pays en voie de développement. Alors bien sûr, ce n'est pas tendre du tout, et la mise en scène est parfois un poil trop clinquante, mais le rendu de ce 'monde à part', le fait que le film soit joué par des non-professionnels, la mutation de la favela au cours des décennies, laissée à elle même, manipulée en sous-main, la subtilité des entrelacs de pouvoir et de personnage. Une belle surprise.
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2003-04-13
Un très bon Spike Lee. C'est curieux comme il alterne de film en film, et même à l'intérieur d'un même film sobriété et retenue, et délire baroque. Ici, la trame est minimaliste: un dealer presque rangé tombe, et passe sa dernière journée de liberté. Edward Norton est très bon, vacillant. Avec des révoltes brusques: scène épatante de 'I hate NYC' où Spike Lee parcourt en virtuose pendant quelques minutes cet incroyable patchwork de nationalités et de cultures - on pense à la scène du 'voyage en europe' de Rules of Attraction. Et pas mal de tendresses d'amitiés ou d'amour . Puis cette scène finale de "et si..." qui démarre dans le ridicule mais qui a force d'être poussée de plus en plus loin, devient à son terme émouvante. Bonne conclusion d'un film sur la corde raide.
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2003-03-15
Une adaptation de Brett Easton Ellis, l'idée est intéressante (surtout après le raté - parait-il - American Psycho). Et c'est une surprise plutôt agréable. Le ton du roman est assez fidèlement transcrit, avec pas mal de trouvailles de mise en scène (retours, split-screen, montage serré) qui reproduisent l'écriture chorale du roman. Il y a même quelques scène grandioses, entre gimmicks verbaux ('typical' !) et un dîner de grand restaurant d'anthologie. Reste que l'ensemble manque quand même de patte, et je continue à penser ce qu'un grand cinéaste des faux semblants, comme Cronenberg ou De Palma, pourrait faire de l'univers glacé et vide d'Ellis.
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2003-03-15
Un petit Chabrol agréable, avec quelques moments d'éclats (dus pour la plupart à la présence de Suzanne Flon, qui domine de loin les autres interprètes), mais qui a le défaut de manquer cruellement d'enjeu. On a vaguement l'impression qu'à part les méli-mélos familaux, le scénario n'intéresse pas beaucoup Chabrol. Même la charge contre les turpitudes bourgeoises est bien légère.
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2003-02-23
Un des premiers films de Brando, version chat sauvage. Une bonne partie du film repose sur la confrontation entre Brando, ouvrier brutal et finaud et la soeur de sa femme, Vivian Leigh, qui oscille entre manipulation, candeur et mythomanie. Pas aussi troublant que la Nuit de l'Iguane vu récemment, mais je comprends les vagues que ce film a pu faire à l'époque, la moiteur et le désir sont effectivement aussi palpables que les pectos de Marlon....
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2003-02-16
Bon, avant toutes choses, ce film recèle un bijou, une scène virtuose et pleine de fantaisie, délicatement teintée de nostalgie 60's, et cette scène, c'est le générique de début. Des jeux de typographie et d'animations qui contiennent tout le film à venir (on pense au générique tout aussi formidable de Mission Impossible 1 de De Palma).
Pour le reste, c'est pas mal. Relativement divertissant, Di Caprio est plutôt sympathique et crédible dans son rôle de jeune arnaqueur de haut vol (plus c'est gros, plus ça passe), Tom Hanks correct en nerd 60's dont la trouvaille des lunettes a du provoquer un spasme de plaisir chez l'accessoriste. Et pour le reste ? La mise en scène reste très sérieuse, ce qui est un peu dommage vu le sujet du film, et surtout manque singulièrement de rythme, ce qui est le gros défaut du film. Sinon déception aussi de voir Christopher Walken honteusement sous-employé. Cela donne une comédie agréable, joliement teintée de nostalgie (pour beaucoup via les décors et la musique qui pastiche habilement les tics de l'époque, d'ailleurs), mais qui laisse un arrière goût d'inachevé.
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2003-02-15
C'est un film réquisitoire, à la défense de filles-mères, ados violées, gamines qui avaient eu le tort de faire de l'oeil aux garçons, et autres jeunes femmes qui n'avaient eu pour autre tort que d'avoir pêché (au sens on ne peut plus large) et d'avoir fait risquer la honte sociale à leur famille.
Pour tout ces cas, l'église avait pour les familles une solution bien simple: les couvents-laveries des Soeurs de Madeleine, où ces âmes dites perdues pouvaient retrouver leur pureté en faisant la lessive. Peter Mullan suit trois de ces jeunes femmes dans cet univers carcéral, étouffant, dégoulinant de fausse morale, régentées par des religieuses qui ont tout manifestement oublié de la compassion.
La force du film. c'est déjà d'éviter de sombrer dans le mélo (Crispina, la simplette fille-mère serait ce qui s'en rapproche le plus, mais la complexité du personnage évite ce défaut). En restant dans un réalisme un peu distant, Peter Mullan ne prend pas de risque de mise en scène mais est d'une redoutable efficacité dans son propos, d'autant que le film reste toujours très rythmé et souvent un peu ambigü, jamais bêtement polémique.
Le reproche que l'on pourrait faire au film, c'est que sorti de ce monde clos, le film finit un peu par défaut.Quand à la sainte église apostolique et romaine, après les prix reçu par le film, elle a fini par dénoncer un 'tissu de mensonges'. How surprising.
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2003-02-09
La nuit de l'iguane Ricahrd Burton, excellent prêtre presque-défroqué au regard fou, recyclé en animateur de voyages miteux pour matrones texanes. C'est un grand film, un très grand film, qui saute insensiblement d'un thème à l'autre. On commence par un marivaudage avec une jeune lolita, on l'on finit par un dialogue qui serre à la gorge entre un prêtre au désespoir et une dame vagabonde, dans la moiteur du Mexique. C'est vraiment très très bon, le film passe d'un genre à l'autre, d'une histoire à l'autre avec virtuosité. Ce qui frappe aussi, c'est la modernité et l'audace de l'histoire. Des allusions sexuelles (parfois plutôt directes) pas franchement consensuelles à l'anticonformisme des personnages, on se demande comment Huston a pu tourner et sortir son film. Et on se demande même comment passerait quelque chose d'aussi frontal aujourd'hui...
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2003-02-04
Et voici le troisème volet de la trilogie. Noir, très noir, c'est plus ici une tragédie qu'un thriller comme le second film, malgré l'importance de la trame policière. Ce dernier film suit le couple Gilbert Melki / Domnique Blanc (excellents l'un et l'autre), union improbable d'un flic et d'une camée. Si le précédent était nommé "Cavale", celui-ci aurait pu s'appelé "Dérives", tant le personnage de Dominique Blanc, enfermé dans la douleur de la dépendance à la drogue, ou celui de Gilbert Melki, tiraillé entre ses compromissions, ses amours et une fierté avide se heurtent et se débattent.

Alors bien sûr, il y a une certaine jouissance à voir s'emboiter les pièces du puzzle, apprendre par hasard un élément manquant de la trame du précédant film, se rendre compte que l'on a lu une même expression sur le visage d'un acteur de trois façons opposées. La plus parfaite illustration est ici le personnage de Gilbert Melki qui passe du parfait fumier à l'homme blessé.

Il est difficile de porter un jugement comparant ces trois films, tant l'imbrication, les éclairages croisés et les relectures influent la vision, l'idée de trilogie en devient trompeuse: c'est un seul et unique fascinant objet cinématographique.

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2003-01-22
C'est un thriller, mais un peu décalé, tout comme le premier opus de la trilogie était une comédie un peu trop grinçante pour être une comédie tout à fait classique. Ici, on suit une cavale, nue. D'un terroriste évadé, ses gestes quotidiens de survie, la violence, et des moments de calme, ses échanges avec d'anciens complices, plus ou moins rangés (formidable Catherine Frot). Et évidemment, les personnages que l'on recroise de "Un couple épatant" se révèlent sous un autre jour.
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2003-01-16
Paranoshow ! Une comédie grinçante, de plus en plus décalée, qui commence en vertige existentiel de la quarantaine et qui finit en délire psychotique complètement paranoïaque. François Morel est é-pa-tant, tout comme Ornella Muti, et le film est porté également par une belle collection de second rôles, de Dominique Blanc à Catherine Frot.
Ca donne envie de voir le reste de la trilogie et de comprendre pourquoi c'en est une, vu que ce film est déjà un vrai délice en lui-même.
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2003-01-12
C'est un grand film sur la folie, avec des acteurs formidables (Ralph Fiennes, impressionnant dans sa démarche gauche, ses marmonnements permanents).

Contrairement aux autres films de Cronenberg, 'Spider' n'utilise pas de métaphores visuelles plus ou moins impressionnantes de la relation trouble entre les corps, ici tout tient dans la réalisation subtile et élégante. La 'contamination', thème cher à Cronenberg, se fait uniquement ici par un jeu de mémoire, par la mise en scène des souvenirs, du retour douloureux de 'Spider', le personnage schizophrène du film, sur son passé. La réalité, la mémoire, la déformation des faits par la folie de Spider sont rendus indiscernables, et les choix de Cronenberg (dont le fait de faire jouer deux personnages essentiels par la même actrices) font entrer le spectateur dans ce délire halluciné et étrange (ah, ces rues vides), sans le moindre effet gratuit.

Autre trait Cronenbergien auquel fait penser ce film: la volonté de faire des films comme des coups de sondes, sur un thème, rien qu'un thème, sans essayer de faire des films-monde.

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2003-01-05
Oh, un Lubitsch sympathique, mais sans plus. Peut-être est-ce le fait d'avoir vu la pièce avant, mais je l'ai trouvé singulièrement plat par rapport à sa réputation. Bien sûr, on sourit, mais il m'a semblé franchement un cran en dessous par rapport à "To Be Or Not To Be"
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2003-01-04
C'est ... plat. Ca ne veut pas dire que cela soit mauvais, soyons clair. Mais la mise en scène me donne exactement la même impression qu'en voyant le premier volet au cinéma: le film est concentré sur une suite de moments dramatiques/émotifs sans vraiment de liant, et l'effet "livre d'images" revient à la charge (même si certaines de ces images sont époustouflantes, en particulier les ents). Ce qu'on peut regretter aussi, c'est que le film ne fait souvent qu'effleurer les grands enjeux politiques entre le Rohan, le Gondor pour ce concentrer sur les aventures individuelles. C'est plus visuel, mais cela aurait pu donner plus de profondeur, à l'instar de ce que l'on trouve dans le bouquin.
Bon, ce qui me gène un peu c'est le fait d'avoir vu la version longue du premier épisode quelques jours avant: là j'avais l'impression d'être devant un -vrai- film, bien construit, avec une vraie mise en scène, et qui paradoxalement, semble beaucoup moins long que la version cinéma. J'aurais donc envie de réserver un peu mon jugement, peut-être que la "vraie" version des Deux Tours sera de même une heureuse surprise.
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2003-01-02
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2003-01-01
Une reprise d'un Blake Edwards de 1968 pour commencer 2003. C'est hilarant de bout en bout. La trame: un acteur indien gaffeur de seconde zone se retrouve invité par erreur dans une grande réception dans une maison de nabab hollywoodien.

The Party tient à la fois du comique purement visuel (la chasse à la chaussure), du dialogue absurde (où Sellers en indien gêné essaie péniblement de nouer une conversation à des invités hautains et indifférents) et du décor qui se révolte (les appareillages de la maison), le tout par l'entremise de Peter Sellers dont les moindres actions ont tendance à déclancher des réactions en chaîne.

Ce qui frappe dans The Party, c'est la manière qu'ont Blake et Sellers d'étirer une scène, la faire durer jusqu'à une sorte de gène, puis de rire nerveux et ensuite de franche rigolade. Le meilleur exemple est l'ouverture du scène, avec Sellers mourant, soufflant dans un clairon, une minute, deux minutes, cinq minutes. Cette manière de faire monter une tension avant une chute - souvent catastrophique - se retrouve dans tout le film. Peter Sellers est absolument fabuleux.

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2002-12-07
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2002-11-17
Une histoire de dissimulation et de haines familiales rentrées.
Curieusement, alors qu'il parait que ce film est renommé pour la prestation de Liz Taylor, j'ai vraiment accroché aux prestations de Paul Newman, en alcoolique buté et amer, fils d'un Burt Ives, en paterfamilias hénaurme. Les seconds rôles sont excellents, à commencer par la famille avide et tête à claque avec ses mioches impossibles.
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2002-11-15
Ce film, c'est un peu le grand frère malade de l'excellent - et très sous-estimé - "New Rose Hotel" de Ferrara. Là ou Ferrara se focalisait sur un climat de paranoïa diffuse, quasiment en huis-clos, Assayas essaie de faire un 'grand film' et de mélanger les genres. "Demonlover" est à la fois anticipation, espionnage, film psychologique, voir même film à l'ambiance parfois un peu 'auteur', et c'est sans doute ce désir de trop aborder qui plombe le film. Le sujet n'est pas franchement facile: le sexe et la violence sur le net, vu de l'angle de ceux qui les produise et commercialise, et la première qualité du film est de coller à ce point de vue, et ne pas impliquer directement un jugement 'moral' ou moralisateur. Sur ce point, on pourrait juste reprocher à Assayas de ne pas aller jusqu'au bout de son film (l'autocensure pixellisée sur les Anime est assez ridicule) et d'effleurer à peine des choses très intéressantes (est-ce qu'une pratique illégale avec un simulacre serait toujours illégale ?). Bon, évidemment, on va reprocher les généralisations scénaristiques, que Hentai et Manga, c'est pas la même chose, qu'acheter un nom de domaine et faire du business avec ça n'a rien à voir. Mais bon, on s'en fout un peu finalement.

Bon, maintenant, où pèche le film ? Déjà dans les changements de tons incessants: on démarre quasiment dans un film d'espionnage, on passe par un film d'auteur, on finit par de (très beaux) plans nocturnes qui font penser à certains passages de Lost Highway. Ce qui est intéressant (mais un peu frustrant pour le spectateur), c'est que finalement, ces personnages qui font le commerce d'horreurs et qui sont foncièrement amoraux ne sont pas des "grands méchants" hollywoodiens. Juste des businessmen(women) pas très étincelants, qui sont préoccupés par leurs luttes de pouvoir, pas par leur conscience. Et ces gens d'affaire qui parlent anglais comme une vache espagnole, flirtent vaguement dans des hôtels anonymes, font assaut de buzzwords, ce n'est pas très glamour. Assayas filme très bien ces réunions creuses et gênées. C'est un film très froid, et qui ne laisse pas une seule possibilité d'empathie avec l'un ou l'autre des personnages, ce qui en fait une autre difficulté d'accès (c'est paradoxal, quand on pense à la très grande réussite qu'était "Fin août début septembre" de ce point de vue).

Une autre faute du film est peut-être d'avoir voulu à la fois montrer les luttes sournoises entre les organisations et les destins très particuliers des personnages ? Impliquer à la fois Diane dans les complots -et- dans l'impliquer directement et à répétition dans l'objet des complots (mauvaise périphrase pour éviter de spoiler), c'est un peu trop gros. C'est dommage. La mise en scène est aussi un peu trop agitée, et c'est dommage quand on voit la maîtrise de certaines scènes. Par exemple un beau dialogue final entre Charles Berling et Connie Nielsen où l'un comme l'autre ne montrent qu'une façade à l'autre, sous les yeux du spectateur qui a un peu plus d'information que chacun des personnages, avant que tous les rôles s'échangent. Joli vertige.

La critique d'Edouard Waintrop de Libération fait un parallèle très juste avec les romans de De Lillo: même cheminement souterrain, même manière glaçante et surprenante de tirer des parallèles entre des signes du monde contemporains, même goût du collage. C'est sans doute ainsi qu'il faut comprendre "DemonLover".

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2002-11-09
C'est une des adaptations 'littéraires' les plus fidèles que j'ai pu voir au cinéma. Dialogue, scénario, ambiance, tout est repris avec respect de l'album "Corto en Sibérie" de Pratt. C'est le tour de force de ce film d'avoir su restituer ce monde, tant le climat rêveur et le graphique très abstrait de la bande dessinée est singulier. On retrouve la finesse de trait de Pratt, les 'gimmicks' habituels (même le style de course dégingandée de Corto), et l'animation ne source absolument pas des longs plans presque statiques. On retrouve la même attention aux détails dans la bande son: les voix sont très réussies et l'illustration sonore est superbe (le bruit d'un bol en thé posé sur un plateau laqué, le grésillement d'un tabac dans une pipe...)

La limite de l'exercice est peut-être précisément cette fidélité: l'album original est l'un des plus fouillés et complexes de tous les Corto et l'adaptation cinématographique, qui a voulu en garder toute la richesse, peut perdre par moments un spectateur étranger au monde de Corto.

A voir, si l'on accepte de se laisser emmener.

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2002-10-27
Ou comment des agents soviétiques -très pieds nickelés- venus vendre des bijoux à Paris se font corrompre avec délices par le style de vie capitaliste, avant de voir arriver une camarade devant les sermonner. La premìere partie du film est très drôle, avec Garbo jouant une soviétique matérialiste pure et dure impassible, répondant chimie et réalisations techniques aux tentatives de flirts du bel homme local. Le film bascule ensuite dans une comédie romantique beaucoup plus classique. La charge anti-soviétique ne fait pas vraiment dans la finesse, mais bon, ça reste un très bon Lubitsch.
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2002-10-26
C'est jubilatoire, forcément. Un américain qui s'aligne les fous de la gachette pendant 90 minutes, c'est forcément jouissif.
C'est aussi un film extrèmement habile: Michael Moore joue à merveille de son personnage de 'beauf' américain auto-revendiqué, mais pendant que l'on se focalise là-dessus, utilise avec une maîtrise consommée les finesses du montage. L'interview du frère d'un des terroristes d'Oklahoma City est très révélatrice: on commence dans la banalité de considérations sur un champ de soja bio, et on passe progressivement à la parano la plus hallucinée. Le tout saucissoné par d'autres séquences. Très efficace. Tout comme le son des enregistrement de tragédies sur fond noir ou split-screen. Et ça marche très bien: la succession de franche rigolade (ah, l'histoire des USA par South Park), d'interviews revoltantes de pro-guns et l'enquête "bon enfant" de Moore donne un film qui évite de sombrer dans le second degré ou l'apitoiement.
C'est aussi la grande limite du film: Moore manie à merveille un style de montage qui est très similaire à celui des grands divertissements TV, celui-là même qu'il atomise dans son documentaire. On se fait balader d'un bout à l'autre, dans des interviews et mise en scène qui ne laissent finalement aucune chance au parti adverse, sans avoir le temps de souffler ou réfléchir. Et on en redemande.
On sort avec l'impression d'un grand défrichage, et l'envie d'en savoir plus (en particulier sur la différence USA/Canada pour la violence, ou la 'culture de la peur'): Michael Moore n'est pas pédagogique, juste polémique, et c'est déjà pas mal.
J'ai du mal me souvenir quand j'ai pu voir un film français aussi ouvertement engagé et politique. Pour ça aussi, "Bowling for Columbine", malgré ses défauts, est captivant.
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2002-10-19
A l'ouverture du film (un rideau qui se lève sur le générique de la Fox sur premier plan de chef d'orchestre) on est épaté. Les 5 premières minutes, on est affligé. Et ensuite, pendant une grosse moitié du film, on est quand même bien souvent mort de rire. Il faut avouer que Luhrmann est assez fort pour passer à la moulinette des bribes visuelles, musicales et d'aboutir à quelque chose qui tient debout. Récupérer l'éléphant de la bastille, y mettre Kidman, et faire chanter du Bowie en medley orchestral tout en rendant hommage à Mélìes, il faut avouer que c'est assez fort. Mais... pourquoi le film ne continue pas à ce rythme ? Dès que l'on tombe dans la partie larmoyante, les mêmes effets, chansons, caricatures reviennent en boucle, sans rythme. On finit par s'ennuyer ferme.
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2002-10-13
C'est sans doute -le- film comique de Kubrick, même si beaucoup de l'humour grinçant de Dr Folamour se retrouve dans Lolita (ou d'une moindre manière, dans Orange Mécanique ou 2001). La réalisation est curieusement sèche, avec beaucoup d'instants comiques rien que par la composition du plan (le ravitaillement en vol très sexuel qui ouvre le film, le canardage des panneaux 'peace is our profession'). Beaucou plus que dans les autres films de Kubrick, le film semble plus reposer sur les acteurs (G. Scott en général crétin est fabuleux), on ne parlera pas de Peter Sellers. Et les derniers plans, de plus en plus irréalistes jusqu'au monologue final...
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2002-10-12
Oh oh, un Spielberg tout à fait intéressant. Intéressant déjà parce que le scénario sort un petit peu de l'ordinaire par la touche P.K. Dick qui transparait assez bien (on va sans doute dire que Spielberg a trahi Dick alors qu'on a encensé Verhoeven et Total Recall, mais bon, passons). Intéressant aussi parce que le film a une patte bien particulière pendant la première moitié, l'image reste dans les tons bleu-gris et un environnement de verre et de métal, et ce n'est qu'après un passage un peu 'bucolique' que l'on se retrouve dans un environnement un peu plus humanisé.
Le plus frappant est que c'est le premier Spielberg que je vois qui abandonne ce côté un peu neutre, lisse, distant habituel et s'aventure un peu dans le second degré, l'humour macabre (l'oeil est un symbole qui traverse tout le film - au propre comme au figuré), et la saleté. Bien sûr, ce n'est pas un anti-héros qui conduit l'action, mais on s'éloigne des personnages uniformément positifs et sans profondeur habituels. Le tout, mélangé à la fascination technologique (dont quelques -très- bonnes extrapolations sur les interfaces homme-machine, mais je m'égare), les scènes rose-bonbon, le jeu pas si mal de Tom Cruise donne un ensemble un peu bancal, mais plutôt intéressant.
Evidemment, on pourrait imaginer ce que De Palma aurait pu faire d'un sujet comme ça, mais bon...
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2002-10-05
Un film dur, juste et retors sur l'holocauste. Dur car Polanski évite soigneusement le pathos hollywoodien, par une mise en scène assez froide et distante qui ne rend que plus insupportable les scènes où l'arbitraire nazi se déchaîne. Juste par son ton, par la transcription de petits détails (dont certains peu reluisants) sur la vie du ghetto et la survie dans Varsovie ravagée. Et retors aussi en refusant au héros toute autre posture que celle d'un spectacteur halluciné des évenements, reclus dans des pièces anonymes. Sous un dehors de sobriété pointe souvent le réalisme grinçant habituel de Polanski, d'autant plus inhabituel dans ce type de récits.
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2002-10-04
Déjà, c'est un film qui a le mérite de traiter d'un sujet (le proche orient) que l'on qualifie usuellement 'difficile' d'une manière un peu inhabituelle, par l'humour, un peu de poésie, le décalage. Pas d'histoire très linéaire ici, juste des petites touches. Beaucoup de choses se passent hors-champ, ou par ellipses (on pense un peu à certains Kitano ou à Tati), répétition de scènes, des scènes complètement irréelles au milieu d'un quotidien plutôt sordide. Le tout donne un film un peu suspendu, aérien, pas très bavard, Très belle bande son un peu électro, qui donne même lieu à une jolie scène ou le protagoniste tente de faire découvrir à un automobiliste israélien la voix de Natacha Atlas...
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2002-09-26
C'est pas terrible, vraiment pas terrible. Pourtant l'idée de faire une comédie musicale donne un petit a priori sympathique pour le film, mais... Pourquoi avoir joué systématiquement de la caricature grossière et de l'esthétique kitschissime pseudo second degré ? pourquoi avoir cantoné les trois actrices dans des archétypes sans aucune finesse.(exception faite peut-être de Marina Foïs qui réussit à se dépétrer du rôle avec honneurs) ? La base musicale un peu electro des chansons est aussi plutôt agréable, mais sabotée par des textes indigents et une mise en scène sans intérêt. Il y a quelques scènes et situations réussies (la chanson de l'alcool, Berling a contre-emploi), mais tout cela reste bien dispensable.
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2002-09-22
Cela pourrait être un mélo assez terrifiant sur la pauvre Tess à qui il arrive bien des malheurs. Heureusement, on retrouve le même mordant dans Tess que dans d'autres films de Polanski, en particulier dans les personnages masculins, où nul ne rattrape les autres. Manipulateurs, enfermés dans leurs parti-pris et leurs folies (dont l'obsession de la noblesse du père, puis de la mère de Tess, la critique sociale rudimentaire d'Angel Clare). Natassja Kinski est très bien en beauté butée, mais c'est plus la réalisation et l'ambiance du film qui m'a frappé. L'étrangeté de scènes oniriques charnières d'une chasse à courre dans la brume et d'un animal dans un bois, la menace sourde d'une machine à vapeur dans la campagne que Polanski arrive à montrer dévoreuse de bras - à tous les sens du terme -en quelques plans nerveux.
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2002-09-16
Un joli documentaire sur une école rurale en classe multiple. Les gamins sont craquants, l'instit est presque trop un modèle de professionnalisme et d'humanité, et la réalisation excellente, discrète et souriante (les premiers plans du film, avant toute intervention sont un petit bijou de montage et d'ambiance). Le seul reproche que l'on pourrait faire serait que le film privilégie un petit peu trop le sentimentalisme ou les moments d'humour, et éloigne un peu le sujet du quotidien d'une telle classe.
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2002-09-01
C'est noir, et drôle. L'argument est assez léger: deux bandits - dont un mourant - après un coup raté qui se réfugient chez un couple dans un coin perdu en bord de mer. Au départ, on a peur de se retrouver dans un film 60's dramatiquement vieilli, mais très rapidement, on est face à un beau jeu de massacre en huis-clos: une bande de lâches, manipulateurs, vaguement adultérins. La mise en scène excelle dans les changements de ton, entre grande tension et humour très grinçant (la 'visite' d'amis est grandiose). Réjouissant.
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2002-08-17
Sympathique comédie de 1939, vue en plein air au Parc Monceau. Le rapport entre lieu de projection et lieu de l'action (principe de 'cinéma au clair de lune') n'était peut-être pas franchement évident, mais l'atmosphère un peu irreelle d'un Paris réinvente par une comédie américaine n'était pas si lointaine de ce vieux noir et blanc dans ce parc de 'beaux quartiers'. On y voit Claudette Colbert en comtesse fictive, aventurière sans le sou a la recherche d'un bon parti, et concluant un pacte avec un mari trompé pour aller draguer l'amant et ramener la femme dans le droit chemin. Cela pourrait donner du boulevard pur et dur, mais le film part assez rapidement dans un délire de quiproquos enchaînés. Le tout dans une jubilation tout à fait entrainante. Excellent John Barrymore. Curieux que ce film soit peu connu, il serait à ranger dans les 'grandes' comedies américaines. On pense à To Be or Not to Be, et pour cause... Billy Wilder était au scenario.
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2002-06-30
Après les déceptions des superproductions Lucas & Jackson (sans mentionner des catastrophes comme X-men ou les batman post-Burton), Spider-Man est une excellente surprise. Pour une fois, c'est une adaptation de la lettre et pas la tentative d'aligner les prétextes à scènes d'artificiers.
Le générique donne d'ailleurs le ton: des compositions abstraites de toiles et de typographies virevoletantes. La grande force de Sam Raimi, c'est de n'être pas parti de la supposition qu'il y -avait- un super-héros, mais de montrer justement la construction du mythe par le personnage lui-même (et le choix de Tobey Maguire et de sa tronche d'ahuri pendant les deux tiers du film était plutôt finaud). Le tout donnant une analogie assez transparente du passage de l'adolescence "Ton corps change Tobey" assez bien vue.
Bref, le tout étant autrement plus passionnant que les quelques scènes de confrontations, et qui donne un recul et un humour assez percutant à l'ensemble, sans tomber aucunement dans un second degré railleur. Bref, ça fonctionne très bien, plein d'excellents moments (on pourrait simplement regretter que Willem Dafoe joue trop derrière un masque, au vu d'une grande scène de schizophrène), et avec le luxe d'un final doux-amer.
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2002-06-23
Du meurtre considéré comme pratique raffinée, à pratiquer avec délicatesse et élégance, comme il se doit pour un homme du monde. C'est en gros la trame de Kind Hearts and Coronets, une petite merveille d'humour anglais subtilement pervers et mauvais esprit. Une jolie distribution, avec Alec Guinness manifestement jubilant de jouer l'intégralité de la famille D'Ascoyne. Rien que les accents anglais et la finesse de la voix-off de narration mériteraient le détour...
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2002-06-08
C'est heureusement un Woody Allen un peu plus ambitieux que ses dernières comédies légères mais oubliables. L'argument est joli (un réalisateur qui devient aveugle) et n'est pas sans rappeler le Robin Williams souffrant de flou dans Deconstructing Harry. C'est par contre un peu dommage de voir le film osciller entre un Allen standard et calibré (avec quota garantis de répliques faisant mouche), et des moments plus inattendus, comme le rapport au fils, ou certaines scènes avec Tea Léoni.
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2002-05-20
Pourrait-il y avoir quelqu'un pour conseiller fermement à Georges Lucas de garder la production et les joujous informatiques à effets spéciaux et de laisser la caméra à un vrai réalisateur ? Non, parce qu'à vrai dire les bases du scénario sont intéressantes, la toile de fond politique pourrait donner quelque chose, même les déchirements pubères du futur Grand Méchant pourraient être captivant... Mais pour cela, il faudrait peut-être que Georgie prête un peu plus d'attention aux platitudes que racontent ses acteurs plutôt qu'au mouvement criant de réalisme du troisième passant au fond, oui, celui avec la cagoule brune qui est en train de conclure un marché. Sans parler de l'illustration immédiate: le romantisme, c'est forcément dans l'herbe verte, on se doit d'avoir des vilains robots et monstres divers qui ressemblent vaguement à des araignées histoire d'avoir tout de suite un mouvement de recul, etc. Bref, c'est frustrant, même si l'ensemble est moins raté que le terrible film précédent, on ne retrouve ni l'épique, ni même le rythme des 4 et 5. Et l'on pense qu'il y aurait eu joli film à faire plutôt que de bien belles images qui tombent complètement à plat.
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2002-05-04
Oh, l'ami Brian s'amuse bien. Un film en forme de thriller, et très, très ironique. On y verrait même volontiers des accents lynchiens, tant le scénario s'amuse de jeux de miroirs et emberlificotements, entre une blonde, une brune et une collection jubilatoire de seconds rôles fêlés. Le tout avec force jeux de piste (oh, le même déguisement qu'Audrey dans Charade). Le tout encadré par deux grandes séquences: un final très fluide qui revisite une bonne partie du film. Et une introduction magnifique sur un vol de bijoux à Cannes, où De Palma croise une demi-douzaine d'actions, chorégraphiées sur un boléro. Aussi épatant que l'ouverture de Snake Eyes.
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2002-04-27
C'est sans doute mon Almodovar préféré jusqu'ici. Un film merveilleux sur un sujet ultra-casse-gueule, avec une caméra d'une douceur et d'une pudeur sans pareille (je pense par exemple à la scène de l'habillage d'Alicia), et par des interprètes (Javier Camara et Dario Grandinetti touchants, sensibles) très souvent sur le fil du rasoir. Plus encore qu'avec Tout sur ma mère, il arrive à louvoyer autour de tout ce qui pourrait faire plonger le film dans un mélo insupportable, tout en gardant ses petits moments de contrepoint (les "légendes" qui apparaissent sous les couples,le film muet, ..). Et en plus un film admirable par sa mise en scène, ou tout est dit souvent par la simple composition du plan, par un cadre partagé par une vitre, entre deux amants au chevet d'une femme.
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2002-04-07
Rien que le court métrage en introduction justifie le déplacement: "For the birds" est un petit bijou d'humour. et de mise en scène.
Quand à Monsters, c'est futé, parodique, souvent pince-sans-rire, très bien mis en scène, et ça porte la patte Pixar: attendrissant sans être mièvre, rythmé, inventif. Un volontaire pour aller le montrer à Lucas pour lui apprendre qu'on peut faire des images de synthèse avec un minimum d'émotion et de savoir-faire cinématographique ?
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2002-04-06
C'est un film d'autant plus révoltant sur le fond que la vérité historique ne semble pas si lointaine. Sur la forme, c'est extrêmement bien construit, loin d'une emphase que l'on pouvait craindre chez Costa-Gavras. La seule représentation explicite de la barbarie reste en ouverture, avec l'euthanasie trop peu connue des handicapés mentaux, la shoah n'étant pas figurée explicitement ensuite. Le seul "gimmick" du film restant la figuration de l'urgence face à l'extermination, montrée par ces convois "prioritaires" de wagons à bestiaux alternativement vides et pleins. On voit d'ailleurs à cette occasion la finesse de Costa-Gavras, évoquant avec le même adjectif de prioritaire ces très jeunes soldats allant à la boucherie à la fin de la guerre, ou mettant dans la bouche du docteur SS la phrase de Himmler sur la "page glorieuse de notre histoire qui ne sera jamais écrite". Il ne reste plus au Vatican que d'ouvrir leurs archives, n'est-ce pas ?
C'est l'occasion de découvrir Ulrich Tukur, absolument formidable dans un rôle de SS torturé par sa conscience. Kassovitz est également très bien, mais dans un rôle sans doute plus entier, tout comme Ulrich Mühe en docteur SS doucereux et ambigu.
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2002-04-04
C'est délicieusement pervers et très bien mis en scène. Le pari d'Altman, c'est déjà de nous plonger dans une petite dizaine de personnages d'aristocrates anglais et avec autant de domestiques, et que l'on s'y retrouve dans ce petit monde. Alors évidemment, le résultat n'est pas sans caricature, mais c'est fait avec suffisement de mauvais esprit pour qu'on en soit tout à fait heureux. C'est le bon point du film: être suffisement fidèle dans la retranscription de ce monde-là pour pouvoir s'en gausser à loisir. Et comme tous les acteurs sont excellents, que les accents anglais suffisent à réjouir, et que la caméra s'amuse à se perdre dans le labyrinthe de cette vieille demeure anglaise aux faux airs de cluedo...
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2002-03-27
Oh, encore un ratage honorable sur le thème des jeux vidéos et des mondes parallèles. Pour les aspects intéressants: l'ambiance du film, à mille lieux d'un Matrix lisse et blanc avec ses dialogues en polonais, la ville post-soviétique et délabrées, les images de synthèse sépia et le cadre de guerilla dans les ruines. Par contre, malheureusement, le film souffre énormément d'un scénario de timbre-poste, et d'un final qui part en quenouille bien trop vite.
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2002-03-23
C'est un film assez hétéroclite. Qui mélange figures obligées (il faut bien parler des deux personnages principaux) et petites inventions réjouissantes. L'impression générale, c'est que le film est particulièrement inintéressant pendant toute sa première moitié, avec des successions de scènes obligées, et ne trouve enfin un rythme enlevé que quand les évenements s'accélèrent. Il est d'ailleurs notable que l'humour du film ne marche jamais mieux que quand il 'colle' au style d'humour de la bande dessinées, d'anachronismes en citations détournées, gags visuels (comme l'irruption de l'animation dans le film) ou sonore, et surement pas en simplement transposant les personnages à l'écran. C'est assez révélateur de voir que seuls les personnages "secondaires" ont un vrai intérêt (Darmon, Baer, Debbouze...)
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2002-03-18
C'est un peu le petit-fils plein aux as du "Sitcom" d'Ozon. Le cadre n'est pas si lointain (bonne famille bourgeoise, seule l'époque change), les situations sont aussi outrées. Pour être franc, le premier quart d'heure m'a fait très peur: il faut avouer que le faon dans le bois, le générique en lettres roses sur fond de bijoux a de quoi terrifier le plus endurci au kitsch. Le reste oscille entre le très réjouissant (certains passages chantés complètement d'outre-espace, les virées rapides dans le trash) et le quelconque. On voit bien la malice d'Ozon à jouer de ses actrices, même si que quelques unes sortent vraiment du coup (en particulier Fanny Ardant, Isabelle Huppert et Emmanuelle Béart). Au hasard des échanges, on a comme une impression diffuse de voir des fantômes de scènes de grands films français. Reste un film un peu décalé, dont on ressort avec l'impression d'avoir vu le réalisateur s'amuser et nous amuser avec un magnifique jouet, mais peut-être un peu vain.
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2002-03-17
Un Fritz Lang peut être un peu mineur, en forme de film d'espionnage en pleine guerre. Le scénario à tiroir de Graham Greene n'est pas d'une originalité folle, mais fonctionne plutôt bien (et pour avoir eu droit à des coupures de pellicule pendant la projection, on a envie de savoir la suite). La mise en scène est peut-être moins impressionnante que des 'grands' Lang, mais on trouve beaucoup de très belles scènes (l'ouverture sur la pendule, la fête foraine, des balles à travers une porte), un agréable sentiment diffus d'étrangeté, et comme un soupçon de second degré. On pense un peu à certains vieux Hitchcocks.
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2002-03-10
C'est une histoire classique d'ours mal léché et de respectable femme collet monté qui vont se donner des coups de pattes avant de tomber dans les bras l'un de l'autre. Là où tout cela devient étonnant, c'est par le cadre: un huis clos sur un bateau qui descend une rivère en Afrique profonde. En voyant le film, on se dit d'ailleurs que le tournage n'a pas du être une partie de plaisir, à en juger par les changements étrange d'exposition ou d'étalonnage :). Reste un Bogart plutôt, ahem, surprenant en homme des bois, et un duo avec Katherine Hepburn qui marche plutôt bien. Une comédie classique, pas inoubliable, mais de bonne facture.
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2002-02-24
C'est le premier long métrage de Depardon, un film de commande d'un Giscard endossant les habits du candidat moderne et ami des médias. Et c'est assez fascinant, déjà parce que cette une époque complètement extra-terrestre (un candidat qui conduit lui-même sa voiture ? sans mobile ? avec des Simca ? Dave dans un meeting), et par l'opposition absolument réjouissante entre un VGE carnassier, grand prédateur politique et un staff de campagne en retard d'une décennie. Il est assez amusant de voir à quel point l'adversaire n'était pas le socialiste, mais les gaullistes. Depardon est très bon pour montrer les petites moments en creux: un recoiffage compulsif, des militants éteints entre deux exclamations, un conciliabule nocturne entre Giscard et Ponia. Fascinant.
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2002-02-16
C'est un petit film assez attachant d'un portrait en creux. Jeanne Balibar en jeune femme à la recherche d'un écrivain mort sans avoir rien publié, et recherchant des réponses en interrogeant quelques anciennes connaissances. Curieux film, fait à partir de quasiment rien, mais tout le temps en mouvement, focalisé sur Balibar en quête trouvant ses marques à Trieste, en ambiance et atmosphère. Étrange, un peu décalé, mais très loin d'une succession de dialogues figés auquel ont pourrait s'attendre. Beaucoup de grâce, un film des petites choses, de retenues. Un moment magnifique d'attirance dans un pub anglais, et un cri de solitude qui le suit. Très beau film sur la solitude, l'amour des livres et la manière de se tenir sur l'épaule des géants.
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2002-02-09
C'est un très bon film sur une idée archi-ultra-éculée: le casse spectaculaire. Sans doute à rapprocher de son 'Hors d'atteinte' que de 'Traffic' ou 'The Limey', il en partage d'ailleurs Clooney, et David Holmes à la (très bonne) B.O. La première partie du film, sur le recrutement de l'équipe et la préparation du plan, est sans doute la plus drôle, et la mise en scène la plus jubilatoire: très pince-sans-rire (ah, le récit des presque-braquage, l'ancien mogul des casinos), avec beaucoup de bonnes petites idées de mise en scène (en particulier sur la profondeur de champ). Les dialogues au cordeau et le ping-pong entre Clooney et Pitt, les compositions de Carl Reiner ou Matt Daemon, les acteurs fonctionnent au quart de tour. Le coeur de l'action est plus classique, mais parfaitement efficace. Ah, et Julia Roberts descendant un escalier...
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2002-02-02
C'est encore du très grand n'importe quoi. De l'animation faite comme à la maison, du sang, du sexe, de l'anti-américanisme (primaire), du pêtage de plomb anti-fâcheux et tout, mais alors -tout- sauf du politiquement correct. Alors bien sûr il y a des longueurs à quelques moments, certains gimmicks reviennent, mais cela fait tellement de bien que l'on pardonne bien facilement. Et en plus, il se permet de partir sur un scénario complètement bidon pendant un quart d'heure, rien que pouvoir montrer ses délires. Graphiquement, c'est un peu différent de l'Incroyable Lune de Miel, beaucoup plus de styles d'animations pour les décors, et des personnages plus acérés, avec les personnages de 'mutants' étant une porte ouverte à toutes les inventions graphiques.
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2002-01-16
Un thriller étonnant, premier film d'Amenabar. Carrément maitrisé, malgré un ou deux ralentis énervants, et qui arrive à louvoyer autour d'un prétexte pour le moins racoleur (les snuff movies) et faire un très bon suspens. C'est curieux de voir comme Amenabar réussit à garder les options ouvertes tout au long du film, tout en jouant avec les découvertes du spectateur (en donnant volontairement une première piste bien trop facile). C'est peut-être aussi cette construction très égalitaire entre les personnages qui en est la faiblesse: on ne peut s'empêcher de penser que n'importe quelle autre fin aurait convenu, rien ne permettant vraiment de réevaluer le film à la lumière du dénouement. Un exercice de style ?
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2002-01-04
Allez, le Woody Allen annuel. Agréable, les dialogues fusent, il se fait plaisir en filmant une époque et en retrouvant un peu de l'insouciance et de la légereté des scénarios de ces temps-là, mais bon, tout cela reste assez léger, sans même le mordant kitsch de "Escrocs mais pas trop". Curieuse impression que depuis "Maris et Femmes" ou peut-être "Celebrity", ses films manquent d'enjeux.
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2001-12-23
C'est coloré, naïf et plat comme un livre d'image. Bien sûr, les paysages sont superbes, évidemment, les personnages correspondent parfaitement à l'idée que l'on s'en fait, certes, l'adaptation de l'action est plutôt réussie. Mais ce qui dérange est que tout cela manque singulièrement de souffle épique, de passion. Ce n'est pas en tournant en permanence autour des équipiers et en plongeant dans les décors en rajoutant de la musique pseudo celtique au volume maximal qu'on force l'émerveillement.
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2001-12-05
C'est un Lynch à la fois complètement enthousiastant et un peu frustrant. Enthousiastant d'abord parce que la mise en scène est maitrisée comme jamais (qui disait que pour filmer les rêves il fallait surtout que cela ressemble à la réalité ?), et un peu frustrant parce qu'après avoir déployé son puzzle à loisir, Lynch finit d'une façon curieusement explicative. Reste une structure beaucoup plus ouverte que Lost Highway, des acteurs absolument fabuleux, et un traitement sur le son encore plus bluffant que d'habitude. Autre trait notable: le changement d'ambiance et de climat entre les scènes (parfois, on rit beaucoup, étonnant, non ?).
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2001-12-02
Pour se faire peur, on pourrait penser à ce qu'aurait pu donner cette histoire racontée par un autre que Woody Allen: c'est un film constamment sur le fil du rasoir, qui risque à tout moment de sombrer dans le mélo ou l'appuyé et qui finalement arrive à louvoyer tranquillement. C'est évidemment très beau, tendrement souriant, et surtout nostalgique d'une époque et de son cinéma. C'est assez drôle de noter comment Woody Allen se tire des situations irréalistes (le saut hors de l'écran) en les poussant à terme (les dialogues avec les acteurs restés dans le film) plutôt qu'en les escamotant.
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2001-12-01
C'est un de ses films superbes qui sont construits en accompagnement, en interstice d'une histoire. Ici, c'est un couple de jeunes taiwanais qui se déchire et se rabiboche, filmé en travers des clubs et du monde de la nuit. C'est étonnant de voir HHH, après la sage maîtrise de ses films plus porté sur le passé, remettre son ouvrage à plat et filmer ainsi la modernité, et revenir à une sorte d'avant-garde. Tant dans le scénario, l'usage de la musique, que dans la mise en scène: jouer avec les flous, la composition du plan en équilibre de couleurs (cf. la scène d'amour), que le récit en deux époques. La confrontation avec le "Mulholland Drive" de Lynch est intéressante.
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2001-11-25
Curieux film, pas tellement par son sujet (opposition violente entre bandes de jeunes, assez manichéenne), mais plutôt par sa place dans la filmographie de Coppola, qu'on mettrait instinctivement avant Apocalypse now ou les premiers Parrain. Curieux aussi par sa manière de traiter le sujet, en laissant à l'arrière plan les bandes et la bluette, et en se concentrant sur le duo de jeunes, ce qui participe à l'impression globale d'avoir un peu un film en filigrane. La mise en scène est parfois assez surprenante, avec des très longs fondus enchaînés, des surimpressions assez voyantes et voulues (voir aussi le traitement des couleurs dans le générique), à moins que cela soit un effet de bord de la fascination de Coppola pour les nouvelles technologies ("Electronic Cinema", comme il dit dans le générique). Il est assez bluffant d'y croiser Matt Dillon, Patrick Swayze ou Tom Cruise plutôt gauches, sans le cabotinage qu'apporte l'expérience :)
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2001-11-19
Encore (et toujours) un Coen a ranger dans la catégorie des films "à la façon de", et cette fois-ci, c'est le film noir. Pas une copie pure et dure, bien sûr, jamais le thème de l'homosexualité, la petite dérive dans le fantastique ou la paranoïa n'auraient lieu dans un noir de la grande époque, mais une ambiance habilement retouchée. Tout cela donne un objet étrange, qui vaut pour beaucoup par le jeu (laconique, et pour cause) de Billy Bob Thorton et la beauté de la photographie, mais qui souffre sans doute d'être un peu en décalage par rapport à son sujet. "Miller's crossing", qui est sans doute le plus proche par son thème de leurs autres films était autrement plus implicant que "The Barber". Celui-ci souffre un peu d'un effet "film a sketches", avec des scènes souvent très réussies, surtout dans l'humoir noir, mais pas toujours très bien liées.
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2001-11-03
Bon, c'est léger, agréable, suffisement pétillant, et ça se laisse voir avec un certain plaisir. En fait, les scènes les plus intéressantes sont celles où transparaissent un fort vilain mauvais esprit (en particulier à l'encontre du personnage principal), le reste étant un fond happyendique plutot anodin. Ah, et Salman, il l'a négocié combien son passage à l'antenne ? Ce n'est plus du clin d'oeil, à ce niveau là.
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2001-10-27
C'est un film très curieux, et finalement un peu perturbant. Par sa forme d'abord, très théatral dans ses situations, dans son jeu avec les décors peints (à la façon des gravures d'époque), et dans sa parcimonie en lieux (quelques salons) et personnages. Inhabituel ensuite par le choix de voir les événements par les yeux de son personnage d'aristocrate anglaise et royaliste saisie par la terreur, et c'est sans doute là un des attraits principaux du film, avec le jeu de Jean-Claude Dreyfus, en Duc à la fois idéaliste, manipulateur, cynique, amical et dépassé par les évènements.
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2001-10-25
Au milieu des grands films fantastiques ou d'action de Jacques Tourneur, un petit régal de bon vieux film d'aventure, erollflynnesque en diable et sans défaut. Parfaitement premier degré, ou presque: après tout, on est en 1950, et même pour une action au moyen-âge, cet envahisseur allemand, ces compromissions et autres histoires d'otages en rappellent d'autres. Et Burt Lancaster, qui fut acrobate de cirque, s'amuse comme un petit fou à faire autant d'acrobaties que le permet le scénario ..
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2001-10-18
Un film de troupe, pétillant, toujours en mouvement et en parole, porté par Jeanne Balibar et sa voix de saxo jazz ( (c) B. ). Une comédie donc, mais de sentiments graves, de chasse à des objets incroyables, de duels, et de couples croisés. Un film qui n'hésite pas à nous laisser en plan, à regarder simplement les acteurs jouer, qui s'amuse avec la théatralité, sans message lourdement appuyé, mais avec une virtuosité confondante. Les dialogues, juste assez irréels, des mouvements de caméra magnifique (ah, ce passage du public jusqu'au planches), et une fugue permanente entre acteurs.
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2001-09-30
Un Cukor sans doute un peu mineur Le coupe Katharine Hepburn et Spencer Tracy, reporté à l'écran, tourne parfois un peu à vide, dans le comique de situation un peu facile (en particulier les scènes de tribunal), devient plus convaincant et intéressant dans les scènes d'intimité. Le film tient surtout par la vivacité des dialogues, comme souvent dans cette gamme de comédies de 40-50.
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2001-09-23
Une comédie, mais un peu en rupture de ton avec "Dieu seul me voit": c'est beaucoup plus grinçant, moqueur. Le personnage du père de famille, vague tyranneau domestique, qui se fantasme en plaisancier conquérant est plutôt loin du gentil ahuri du film précédant. Ce qui n'est pas sans plaisir d'ailleurs, vu qu'à peu près tous les personnages du films en prennent pour leur grade à un moment où l'autre, formant un jeu de massacre de l'enfer familial tout à fait réjouissant. Et les frangins Podalydès ont un talent sans pareil pour rendre les moments de gène insupportable: de grands moments de rire nerveux.
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2001-09-02
Revu. Un film que je n'avais pas vu depuis 5-6 ans. Peut-être un tout petit peu déçu par rapport à mon souvenir. J'ai été beaucoup plus marqué à cette vision par la qualité de la mise en scène (ah, ces plans larges avec les personnages a un bout, les scènes "muettes", ...) que par le scénario ou les situations, par rapport à des films comme Annie Hall ou même Maris et Femmes.
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2001-09-01
Bon, c'est sympathique, mais vite vu, et sans doute vite oublié.: yet another film d'as de la cambriole en quête du dernier grand coup. Evidemment, l'interêt du film vient de la présence du trio Norton/De Niro/Brando. Norton assez impressionnant dans son double rôle. De Niro assez impersonnel et inintéressant. Brando, peu présent, mais avec qui l'on se demande s'il pousse vraiment l'exagération ou s'il est parfaitement naturel.
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2001-08-27
Bon, disons-le franchement, c'est peut-etre un peu décevant pour un Burton. Ou peut-être pas. Le gros problème est de savoir par quel bout prendre la chose. On pourrait se dire que c'est une ancienne-nouvelle corde à son arc (la superproduction épique). Ou bien une déconstruction de l'intérieur, trés second degré (certains voient dans la planète des singes une métaphore des USA). Ou bien un film de commande qui gène aux entournures et où il n'y a pas beaucoup de place pour faire sa cuisine (a part les scènes de découvertes de la cité et la parodie de la femme-sauvage-blonde-en-peau-de-bête ?). Je ne sais trop, je n'ai pas réussi a être pris comme je l'avais été par Sleepy Hollow ou bêtement émerveillé comme plusieurs des autres films. Et il manque le coté dark de Batman 2. Mais dans le même temps, par un autre que lui, cela aurait sans doute été une bouille pas très intéressante. Bref, je ne sais pas trop quoi en penser, film à revoir plus tard.

Ah, et il reste une question importante: Charlton Heston en macaque haineux, c'est de la parodie ou la réalité ? :-P

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2001-05-27
Le nouveau montage de ce monument. Non seulement le film n'a pas pris une ride, mais cette version va encore plus au coeur du film, sans détour, presque plus expérimental. Quoi d'autre ? Un film plus équilibré aussi, avec ce rajout de de la nouvelle rencontre avec les "bunnies" ou l'incroyable séquence de la plantation française. Le retour dans le temps qu'est la remontée de la rivière n'est en que plus cohérent. Un film halluciné, et d'une construction sans faille.
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2001-05-06
Une belle tentative d'histoires mêlées sur le thème de la drogue, même si le ton reste peut-être un peu trop pédagogique et certaines situations trop téléphonées. Les séquences mexicaines sont sans doute les plus fortes, et doivent beaucoup au jeu de Benicio Del Toro, excellent. Michael Douglas et Catherine Zeta-Jones sont un peu en dessous. La difficulté du film est peut-être son rythme très changeant. Par contre, d'autres choix qui auraient pu se réveler très casse-gueule (comme l'emploi à outrance de filtres) passent finalement très bien.

Ce qui est fascinant avec Soderbergh, c'est sa capacité à changer de genre avec une facilité étonnante, et réussir à faire néanmoins quelque chose avec une touche très personnelle. Kubrick dynamitait et réinventait les genres à chaque fois, Soderbergh s'y glisse et y change un peu la décoration.

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2001-05-03
Disons tout de suite: les deux génériques sont excellents. L'idée est agréable (débarquement à la trompette d'une équipe de cinoche dans SmallTown, USA), mais l'on reste quand sérieusement sur sa fin. Le scénario est pourtant bien fichu avec tout ce qu'il faut comme personnages caricaturaux et situations à retournement. Mais... tout cela est lent, un peu mollasson, et même si quelques certains font ce qu'ils peuvent pour s'agiter dans le cadre, on s'ennuie vaguement. Tout cela manque singulièrement de rythme, ce qui est plutôt étonnant quand on repense à la "Prisonière Espagnole" du même, qui s'enchainait avec un coulé certain.
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2001-04-28
"Amélie", c'est le même principe qu'une attraction de fête foraine, un tunnel de l'amour ou (au hasard) une galerie de la peur. On sait que c'est factice, irréel, on se fait balader par le bout du nez, on se prend des courants d'air dans le cou, mais on marche quand même, et on adore ça.

Même si certains gimmicks de son propre cinéma ressurgissent ici et là (zooms brusques, la "scène du lit" de Delicatessen), Jeunet a heureusement réussi à piocher bien plus loin. Des listes à la Perec, un petit trait de Stanley Donen, et la distance qu'il faut pour ne pas tomber dans le rose bonbon (ah, la voix off de documentaire concerné) et surtout, une peinture en petites touches, comme des miettes de madeleine pour nous faire revenir à chaque fois une bouffée de souvenirs. Qui disait qu'il était bien plus difficile de faire un vrai film de bonheur que de sombrer dans la noirceur ?

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2001-04-07
Entrée en matière implacable. Du sexe nu, sans pudibonderie, mais sans glamour non plus. Puis un film très troublant sur un histoire (on n'ose dire "une histoire d'amour") sans fioritures. Avec Chéreau qui bien sûr ne se permet pas un point de vue moral, et qui explose sur son passage bien des clichés. Film de plus en plus fluide, aussi, après quelques figures de style initiales: les personnages, rien que les personnages, tout pour les personnages et leurs blessures. Un film comme une étreinte, de la frénésie à la passion, et vers une inévitable mélancolie.
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2001-04-01
C'en est presque le point faible du film: Rita Hayworth tire tellement l'écran à elle que les séquences où elle n'apparait pas semblent presques fadasses. Bon, évidemment, il y a les scènes de night-club, le gant et le bas. Mais le trio amoureux Johnnie / Ballin / Gilda est déjà intéressant en soi. Par l'homosexualité latente entre Johnnie et Ballin, peut-être ? Ou bien l'ambiance très fin-du-monde du film (et on est forcé de penser à "Casablanca"). Sinon, la plupart des canons du film noir sont respecté, du noir et blanc tranchant à la voix off. L'apparition de Gilda, assez tardive, n'en est que plus incongrue.
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2001-03-31
Des malheurs d'une pauvre riche jeune fille rebelle et intègre dans ce milieu pas forcément reluisant des grands de ce monde (du New-York du début du siècle). Entrée en matière peut-être un peu dure. Le film n'est pas si mauvais que cela. L'entrée en matière est plutôt plaisante d'ailleurs, avec juste ce qu'il faut de cruauté et de piques sous le velours. Par contre, la mise en scène pêche plus par son convenu: lumière (forcément) diffuse, décors (obligatoirement) somptueux, demeures (immenses) vernies. La descente vers l'abyme est plutôt maladroite en comparaison: ton pseudo-documentariste historique et édifiant, et final romantico-tragique. Bon, il reste que c'est un film plutôt agréable, que Gillian Anderson est beaucoup moins pire que ce que l'on pourrait craindre et qu'il reste quand même un peu du roman de Wharton.
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2001-03-25
Bon, évidemment, il y a la frimousse d'Audrey Hepburn et Cary Grant grisonnant, et rien que cela vaut le déplacement. Scénario un rien retors, changements de tons incessant entre la comédie et le thriller. Les seconds couteaux sont des "tronches" et on retrouver les dialogues étincellants de Funny Face. Très belle réussite, qui n'a vieilli en rien (et qui permet de retrouver les poinçonneurs des Lilas).
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2001-03-11
Un bon vieux Capra (de 34, eh oui, vous n'y croyez pas ? moi non plus). Une magnifique petite comédie, avec Clark Gable en journaliste à moitié poivrot et Claudette Colbert en héritière arrogante. En résumé: le scénario, les dialogues et le acteurs sont tous excellents. Le film ne vise pas plus loin qu'une légereté enivrante, et c'est amplement suffisant.

La légende dit que c'est en voyant la séquence de Clark Garble grignotant une carotte que Tex Avery eu l'idée de Bugs Bunny.

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2001-03-09
Le film-cerveau par excellence. Cela doit faire une quinzaine de fois que je vois ce film, et à chaque vision j'arrive à y trouver quelque chose de neuf. Là, c'est l'aspect ironique du film qui m'a frappé. Les ronds-de-cuir face à l'impensable, les astronautes-machines face à une mécanique bien plus émotionnelle qu'eux, la bande-son trop empathique. Kubrick est un génie.

Et le 70 millimètres, ça assure.

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2001-02-26
C'est un film assez curieux, car complètement bancal. La première partie démarre assez bien, sur un ton assez grinçant, un peu dans le style des grandes "comédies du malaise". Mais avant même la moitié du film, on retombe dans le consensuel et la guimauve. C'est fort dommage, car Auteuil se sort plutôt bien du rôle et aurait pu faire beaucoup mieux avec un scénario plus futé. Par contre, Depardieu, et Lhermitte ne sortent guère du cabotinage ou de la figuration; Laroque et Aumont s'en tirent mieux (et le personnage d'un vieil homo est suffisement atypique pour être noté). On se retrouve vite dans un film labellisé qualité-France - distrayant mais insipide.
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2001-02-14
Charmante tentative de Branagh pour rendre hommage aux comédies musicales du milieu du siècle, en prenant Shakespeare (surprise, surprise) comme prétexte. Intention louables, partie musicale honorable (et pour cause, ce ne sont que des Gershwin, Kern et autres d'époque), mais, comment dire, les talents de danseur de ce cher Kenneth et de sa petite bande ne sont pas forcément à hauteur. Il est vrai qu'ils compensent par l'enthousiasme et la farce. Cela manque néanmoins de liant: entre shakespeare, l'uchronie, les scènes d'hommage aux musicals et le gros comique, le film se dandine un peu trop.
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2001-01-26
Un très bon Chabrol, sans les gros sabots de la critique sociale. Le thème n'est pas nouveau (quelque perversion meurtrière dans une bonne famille bourgeoise), mais le traitement est particulièrement fin. L'intrigue est en filigrane, elle transparait par instant entre les personnages, on ne trouvera pas là une structure de polar avec grande explication finale, plutôt une peinture en petites touches, très jubilatoire.

Huppert, forcément épatante. Mais c'est plutôt Dutronc qui creuse sa place dans le film. Discret, disert, il "joue juste". Autre plaisir: l'intelligence des dialogues et des situations, pétillants, mordants, on sourit beaucoup.

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2001-01-23
Eh non, je ne l'avais jamais vu. En fait, ça a un petit côté de film expérimental: intrigue réduite au strict minimum, pas de musique (hormis quelques crissements électroniques), personnages juste assez posés pour les faire réagir aux situations, aucune explication. Toute l'étrangeté passe par la mise en scène, avec en plus de très belles images sur les séquences finales. La relation à la mère crée également une ambiance très particulière, même si cela s'estompe complètement dans la seconde moitié du film.
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2001-01-21
Malgré une première partie un peu démonstrative et longue à mettre les éléments en place, le pari est plutôt réussi. Montrer un couple de meurtrières, engoncées dans un psychodrame familial et les barrières de classes en réussissant à rester focalisé sur les individus n'était pas forcément facile. Le jeu des deux soeurs est vraiment excellent (en particulier Sylvie Testud), les seconds couteaux peut-être moins convaincants.

Le côté peut-être un peu génant est le statut du film: reconstitution historique, réinterprétation, pure fiction ? Rien dans la mise en place de l'indique, et le texte "factuel" de la fin du film oblige un peu à accepter ce qu'on vient de voir comme la vérité.

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2001-01-14
On prend les mêmes, on change de coin et on recommence.
Après l'interlude Kikujiro, Kitano revient aux Yakuza, en transplantant l'intrigue aux USA. Le tour de force est de réussir d'éviter les poncifs (le duo disparate) tout en gardant le ton froid, violent et grinçant de Sonatine ou Violent Cop.

C'est aussi la limite du film: la guerre des gangs de Beat au pays du MacDo n'est finalement pas si lointaine des clans de l'autre côté du pacifique. Cela fait que la partie centrale du film tourne un peu à vide, et ressasse encore et toujours les mêmes thèmes. Et finalement, c'est bien le début et surtout la fin de l'aventure américaine qui passionne. L'efficacité U.S., même en matière de mafia, n'est pas un vain mot.

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2001-01-01
Ou comment démarrer le millénaire avec un vieux joyau.
Le démarrage du film est en soi un pur chef-d'oeuvre. Tout le film y est exposé, et le reste ne sera que réinterprétations, conséquences et discours sur ce plan fondateur. Tout comme De Palma (avec Body Double ou Snake Eyes), Oliver Stone (JFK) et Bryan Singer (Usual Suspects), qui reprenderont plus ou moins le principe - et pas forcément avec cette puissance-, Coppola lance un personnage à l'assaut d'un mystère vaguement paranoïaque et l'observe se faire briser.

Ambigü, troublant, avec un rythme très particulier. Gene Hackman est extraordinaire dans un personnage douteux et en plein doute, Harrison Ford dans un de ses premiers rôles. Une palme d'Or méritée.

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2000-12-25
Tout pour le rythme, sans souci de faire le malin et de se prendre au sérieux. C'est suffisement rare (comparé à des adaptations boursouflées comme X-men ou MI2). Résultat: ça marche très bien, avec un pur moment de divertissement, très parodique. Avec Frank'n'Furter dans un des rôles principaux, eh oui.
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2000-12-13
Un joli petit film doux-amer sur un vieil établissement de bains chinois, et tout un monde qui s'en va. Beaucoup de moments de pur comique visuel qui font parfois penser à Tati, avec une galerie de seconds rôles assez fabuleux, surtout pour les vieux habitués bagarreurs. Le prologue est absolument hilarant, on se demande où on est tombé, un peu comme pour "Peut-être"
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2000-11-26
Une histoire très banale, deux couples qui se font et défont, mais mise en scène avec une douceur et une subtilité peu commune (à l'opposé d'Happy Together, bien que très bon également). L'habilité de la mise en scène: ne jamais voir 2 des 4 personnages principaux, le jeu des profondeurs, des arrières plans. Des marques visuelles qui reviennent sans cesse, ovales, miroirs et horloges. Et surtout deux personnage qui ne se rencontrent que par frôlements, répétant presque les mêmes gestes. Un film au temps suspendu, envoutant, avec une musique ton pour ton avec l'image.
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2000-10-28
Quel dommage que Lars von Trier gâche son talent à faire le manipulateur. Dancer n'est que ça: un mélo où les pleurs du public doivent être télécommandés, une compilation de tous les malheurs du monde accablant une pauvre femme. Le pire est que c'est souvent très bien mis en scène, bien dirigé, avec quelques moments de pure magie (dont la scène du train). Mais la roublardise est tellement visible qu'elle m'a enlevé tout plaisir devant ce film. Et pourtant, d'Element of Crime aux Idiots en passant par les Kingdoms, je suis plutôt pro-LvT...
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2000-10-08
Un petit bijou, d'abord par la mise en scène, d'une fluidité et d'une élégance peu commune - surtout pour un film "d'action" (même si le terme sonne singulièrement faux). La photo est magnifique, que ce soit pour les scènes de paysages de roches et de verdure frémissante et plus encore pour les plans nocturnes dans la ville. On est ici très proche de l'ambiance singulière du "Tabou" d'Oshima.

L'autre aspect étonnant du film est la prééminence des femmes, entités véritablement agissantes et non simplement déclenchantes de l'action. Et - fait rare ces temps-ci - , le film brille aussi par l'absence totale de second degré: aucun jeu de dupe avec le spectateur, simple plaisir de raconter des légendes. "On fait comme si c'était vrai": l'arrivée de la magie et du fantastique dans le film est un vrai plaisir tellement elle se met en place par petites touches, sans irruption brutale qui romprait le rythme.

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2000-02-13
Un démontage en règle de l'American Way of Life. Tout y est: la frustration familiale, le carriérisme, les rambos de banlieue, le voyeurisme et la misère sexuelle. Résultat: un quadra qui pète les plombs et qui envoie en l'air ce petit monde aux apparences si bien rangées.
Le film fonctionne bien, très bien. Scénario habile, tout ce qu'il faut comme personnages bizarres (mention spéciale au voisin vidéaste), Kevin Spacey est excellent, hors de son emploi habituel.
On pourrait même se demander si cela ne fonctionne pas trop bien, comme si ce genre de film n'était qu'un défouloir passager pour la société américaine, dont la dénonciation est en fait complètement intégrée au système.
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2000-02-12
Un Woody Allen mineur. On a un peu l'impression qu'il a voulu avant tout se faire plaisir. L'histoire est un peu répétitive, et pour qui n'est pas un fanatique du Jazz de cette époque (comme moi :->) peut être par moment un rien ennuyeuse. Restent quelques idées amusantes (les versions de la rencontre avec Django), Sean Penn pas si mauvais et quelques gags, mais bon...
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2000-02-09
Un conte, avec la foret profonde, la gente damoiselle, les paysans un peu frustres et le seigneur des lieux. Oui, mais passé à la moulinette Tim Burton: donc une ambiance incomparable, un plaisir du décor. Une très belle mise en scène pour une histoire somme toute plutôt complexe, avec quelques idées très surprenantes (les petits jouets précurseurs du cinéma), une image tout en clair-obscurs avec très peu de couleurs franches. Et toujours un film sur le fil, ni pure horreur, ni parodie. Il n'y a qu'à se laisser entrainer sans remords dans l'histoire.
Côté acteurs, Johnny Depp qui s'amuse bien à faire le blanc-bec, avec un personnage pas si stéréotypé que cela, et des seconds rôles bétonnés (Casper Van Dien, Christopher Walken, ...).
Et forcément, quelques clins d'oeil, que ce soit à Mario Bava et les bonnes vieilles séries Z (oh, mais c'est Christopher Lee qui précipite ce bon Johnny dans les ennuis), ou bien un emprunt fort chirurgical à Cronenberg... Rien que le prologue mérite le détour.
Revu le 24/1/2001
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2000-02-05
C'est excellent, bien évidemment :-)
L'originalité de Pixar, c'est de ne jamais faire passer l'excellence technique avant le discours artistique, et c'est particulièrement net dans ce film. Avant tout, il faut jouer avec l'ironie, la parodie, l'émotion brute, et - plus étonnant - la mise en scène. C'est très troublant de voir le soin apporté au découpage et aux mouvements de "caméra" pour un film totalement virtuel. Cela ne fait d'ailleurs que mieux pourfendre ceux qui confondent allègrement réel et réalisme.
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2000-01-29
Ça fait vraiment film de potaches. On rassemble une bande de copains, on se fait plaisir à aller tirer les sonnettes des bourgeois en gueulant des insanités pour choquer les grands-mères, et on rentre quand même sagement se coucher à la fin, parce que demain, il y a école et il ne faudrait pas rater ses examens.
C'est gentillet, quelques scènes rigolotes (dont l'apparition finale - que Dieu me tripote, comme disait Desproges), mais surement pas un souvenir durable.
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2000-01-22
Beaucoup de bruit pour rien, ou comment étirer une (bonne) idée jusqu'à lui faire perdre toute sa substance. Oui, effectivement, cela marche bien, l'entrée en matière est très bonne, la fin surprenante, mais la partie centrale tourne vraiment en rond (bouh, fais-moi peur) pour essayer de faire patienter le chaland.
Bien d'accord avec Luc: cela aurait fait un très bon court/moyen métrage.
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2000-01-14
Un beau mélange des obsessions de Kitano, des jeux enfantins sur la plage, l'amour en filigrane, les bouffées de violences, les plans qui s'allongent jusqu'au malaise...
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2000-01-08
Les angoisses existentielles post-quarantaine. Evidemment, tout le film tient debout grâce à Bacri qui fait la tronche avec délectation, et cette idée géniale de l'obsession (et la mythomanie) du personnage pour Kennedy, comme rêve de jeunesse brillante et immortelle.
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2000-01-06
Un film d'animation très marqué contre-culture / milieu des années 70. C'est un croisement étrange, Tarzan qui serait rentré par erreur dans Fritz the Cat. C'est franchement gonflé, et malheureusement très inégal, les trouvailles géniales alternent avec des moments de pur ennuis (aggravés par la qualité très moyenne de l'animation). Le côté sexualité libéré est plutôt amusant, mais a beaucoup vieilli malheureusement... Restent quelques bestioles au look phallique plutôt étrange :-). La bonne idée est d'avoir pris Tarzan en opposition (le pauvre est minable, timide, et le contraire d'un sex-symbol). Le ton n'est pas si loin des "Mondo Plython", pour donner une idée.
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1999-12-26
C'est un très joli livre d'images, effectivement. Les plans de montagne sont à couper le souffle, les villages et les intérieurs sont fascinants. Mais l'histoire est tellement passe-partout qu'on en ressort deçu.
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1999-12-16
Ah, ça fait du bien de temps à autres un bon vrai navet. Un James Bond tellement standard qu'il en est ridicule. Etriqué, même. Et ce n'est pas la frimousse de Denise Richards qui va souver le tout.
Ah oui, et quand, en écoutant le film en VF, en rigole parce qu'en traduisant mot à mot une réplique (par exemple la dernière) on tombe sur le jeu de mot original - et shocking - c'est que la traduction est du même niveau que le reste...
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1999-12-12
C'est un petit bijou irréel, vu complètement par hasard, qui promène ses personnages dans un Paris difficile à reconnaitre, où les poivrots chantent des polyphonies, les amants se rencontrent en joggant, ou par les canaux. Un film à l'odeur d'après la pluie. Saisissant.
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1999-12-11
C'est une excellente idée, mais peut-être un peu trop étirée. Le film tient avant tout à l'interprétation de Malkovich (avec ce qu'il faut de perversité auto-flagellatoire pour donner du sel), mais la mise en scène reste plutôt anonyme et n'arrive pas vraiment à bâtir là-dessus. Et pourquoi avoir voulu à toute force donner une conclusion si bêtement explicative ?
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1999-12-06
Un curieux film, bancal, mal fichu, un peu brouillon, mais vraiment attachant. D'abord, il faut signaler l'ouverture: une séquence (dans le mode "mais dans quel film suis-je tombé ?") tellement délirante, kitsch, et jouissive qu'elle vaut à elle seule le déplacement.
Une certaine tentative d'anticipation à la française sympathique, dépaysante et sans trop d'effets de manche (même Bebel !), où tout le monde se retrouve un peu paumé dans une situation hors-norme. Il y a aussi une véritable tendresse pour les personnages, pour les seconds rôles. Le final est tout à fait dans ce ton d'ailleurs.
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1999-11-21
Tazaam ! Le cinéma à la conquête de l'histoire. Faire de Jeanne une hystérique égocentrique et asociale, c'est une hypothèse de départ plutôt sympathique. Mais bon, le reste n'est pas tout à fait à la hauteur, entre les hallucinations très kitsch, l'aspect "regardez-moi comme c'était sauvage le ces temps-là, bâaah" et la mise en scène grandiloquente, ça finit par lasser. Reste John Malkovich et Faye Dunaway, et quelques très bonnes idées. La "conscience", à mi chemin entre diable tentateur et dieu dégouté, et le joli second degré de Besson s'amusant de son imagerie avec la scène de l'épée "et qu'est-ce que le plus crédible, ceci, celà ou bien une arrivée du ciel sur une colonne de lumière". Musique forcément d'Eric Serra, parfois génante tant le plagiat d'Orff est évident.
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1999-11-13
... Faut que j'aille le revoir, trop vu le film en état second ... Mais pour ce que j'en ai vu, c'est excellent :)
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1999-11-02
Bon. Bonne petite comédie américaine, qui tient surtout en la précense de deux splendides cabotineurs en la présence de Billy Crystal et De Niro. Malgré cela, l'intrigue n'est ni très crédible, ni vraiment passionnante, ce qui fait que le film tient avant tout par les jeux de dialogues et le rapport un rien sado/maso du psy et du truand dépressif. Bah, gentil.
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1999-10-25
La trilogie agissait comme un formidable broyeur de mythes et de genres Incarnation du mal, rédemption, exil, sorcellerie, féodalisme, western, geste arthurienne même, un melting-pot inhabituel. Quelque chose aussi qui n'hésitait pas à montrer une perversité absolue, un désespoir ambiant, finalement très peu consensuelle.

Ici, la Menace Fantôme semble plus se nourrir de sa propre chair et de sa descendance: des "gimmicks" que l'on retrouve (plongée dans un vaisseau ennemi pour le détruire de l'intérieur, cadres curieusement bucoliques, grosses bestioles qui bouffent un vaisseau) ou des emprunts à d'autres films qui portent déjà eux mêmes l'héritage StarWars (comme par exemple l'influence de Dune: décors baroques, thème de l'Elu et de la Prophétie, la Guilde du commerce).

Cet épisode là m'a paru curieusement ... explicatif. Du conseil des jedis qui fait un peu assemblée de vieillards vaguement réacs à l'explication quasi-scientiste de la Force, ou les détails de la bureaucratie en action, on n'est pas dans l'enthousiasmant. Et ce n'est pas un vilain au visage peinturluré et cornu (trop figuratif, Georgie) qui sauve la mise. Associé à une mise en scène assez plate (hormis les décors et personnages), cela en fait presque un documentaire sur le monde Starwars.

Finalement, l'intérêt que l'on porte au film était peut-être plus dans les hypothèses que l'on forge sur le futur (comment va-t'il devenir Vador, comment la République va-t'elle s'écrouler) que sur l'action elle-même. Le mythe est là, en germe, on le devine, mais on ignore comment il va se déplier.

Bref, je reste sur ma faim de merveilleux et d'ampleur. La trilogie avait ce côté "bigger than life" que je ne retrouve pas. Humains, trop humains.

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1999-10-23
Un peu en marge d'Hana-bi ou Sonatine pour l'ambiance (pas de bouffées de violence, pas de trame de polar), mais toujours le même goût pour des situations qui s'étirent, les ellipses ironiques. Une succession de petites scènes, un "livre d'image" un peu tendre d'un voyage entre un gamin et une vieille crapule. Peut-être un peu moins marquant que ses précédents, mais vraiment très sympathique.
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1999-10-22
Manga au tempo plutôt étrange. Cela démarre comme un sorte de thriller politique en pleine uchronie, plutôt sombre, cela ralentit pour devenir une idylle improbable et finit en manipulation et contre-manipulations politiques. Un peu entortillé et inégal, même s'il est vrai que l'animation (et surtout les décors urbain) est magnifique.
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1999-10-16
C'est effrayant. On se retrouve hypnotisé, sans trop savoir s'il faut rire ou pleurer... Ce qui est excellent dans le documentaire de Thierry Michel, c'est la démonstration de la lente montée d'un arriviste vers le pouvoir, la dictature et finalement la mégalomanie et la paranoïa la plus totale. Malgré tout, on rit (jaune) à plusieurs moments devant un tel étalage de kitsch et de naïveté. Le documentaire est également précieux par ses témoignages receuillis auprès de proches immédiats de Mobutu.
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1999-10-02
C'est avant tout une galerie de portraits. A commencer par Catherine Frot qui joue le rôle titre, absolument parfaite. Tout comme la dilettante, le film change de thème et d'occupation par à-coup, passant du polar à la comédie, abandonnant des personnages en route, en retrouvant d'autres, mais se tirant de tout. Très amusant, un brin cruel (aaah, la grande famille bourgeoise, le collège paumé, le prêtre médiatique...), léger. Un petit régal. Très amusant juge lpressé et las joué par J-F Balmer, Odette Laure en vieillarde insupportable.
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1999-09-25
Que dire ? C'est une gemme. D'une richesse incomparable, en contrepied de toute attente. Hors du film de genre, de l'envolée métaphysique, c'est un film profondément humain, centré sur l'infinment subtil d'un sentiment fugace. Un rêve éveillé, un moment de rupture ou l'autre devient parfaitement incompréhensible. Mais aussi un film merveilleusement construit, symétrique, universel, toujours en léger décalage, mordant, baignée de lumières glaciales et mordorées. Un chef d'œuvre, un des plus beaux films de Kubrick. Revu le 12/10/1999
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1999-09-11
Manga malin. Une chanteuse de girls band qui se recycle en actrice, laissant tomber sa pureté d'icône au passage et provoquant l'ire de quelques psychopathes. Assez schizo dans la forme et dans le fond aussi d'ailleurs: se réclamant du cinéma classique par la subtilité des "mouvement d'appereils", il emprunte un scénario qui serait plus à chercher du côté de Lynch ou Ferrara, le tout avec un montage brusqué, haché, presque expérimental, au services de thèmse adultes: aliénation, emprise des médias, violence psychologique...
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1999-09-11
Youpie, encore du gros mauvais goût qui tache pour flinguer à vue le politiquement correct américain. Prototype de film qui frappe tout ce qui passe: les puritains crétins, la MPAA (arf), les médias, les bons voisins canadiens, la subtilité des médias et une société qui se choque plus de trois jurons ou un quart de pouillème de sexe plutôt qu'un assassinant. Pas un chef d'œuvre quand même, mais plus que distrayant. V.O. obligatoire.
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1999-09-07
Sympathique. Petit film d'initiation, entre deux minettes bien caricaturales (l'arriviste yuppie, tellement outrancière qu'elle en devient sympathique, et la pas-trop-mignonne intellectuelle-mais-sensible). Autant le film fonctionne dans certains cadres (la boîte de nuit, les bars), autant dans d'autres il devient artificiel: l'appartement, lieu d'affrontement, la boîte d'édition, très sitcom. Très intéressant pour quelques personnages - Des, le physionomiste, le patron du Club, ...- et pour un ton doux-amer et vachard, un scénario qui n'hésite pas à faire des zigzags dans une ambiance forcément wiizz, mais pas si désagréable. Ah, la nostalgie :-)
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1999-09-05
Assez réjouissant. Terence Stamp en justicier buté, anglais pas très net venant chercher à venger la mort de sa fille. L. n'a pas tort quand il compare Wilson aux tueurs de Kitano: en apparence insensibles, traversant le monde sans dévier du regard. Tout le film est construit sur ses souvenirs, ce qui donne un montage assez original, très coupé, tout en retours et mélangeant allègrement réminiscences, entre futur proche et images vues, revues, ou fantasmées par le personnage. C'est quelque chose que l'on trouvait à quelques moments de "Out of sight" mais qui a été généralisé ici. Un trait intéressant est l'utilisation d'images d'un vieux Ken Loach avec Stamp, période 67, pour les flashbacks sur quelques tranches de vies familiales, et d'une troublante "authenticité".
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1999-09-05
Un an de KinoNotes...

Bah, peut-être un peu décevant, mais nettement moins que ce que l'on m'avait dit. Certes, le scénario est un peu faiblard, mais par contre, quelle mise en scène... Tantôt ironique, tantôt flamboyante, elle compense complètement le côté un peu désabusé du récit. Il n'y a qu'à penser à l'introduction, avec ce suicide du collectionneur, aussi stressante qu'hilarante. La photographie est magnifique, avec ces tons passés, dorés et chaleureux du monde des livres, les lumières de crépuscules, hors-temps. Du coup, on en oublie les devinettes assez inintéressantes de l'intrigue. C'est peut-être aussi ce côté négligé, très second degré (ah, l'arrivée de Balkan dans une réunion d'adepte), pas toujours explicite, qui en fait le charme.

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1999-08-01
Tiens, encore un chef d'œuvre que je n'avais jamais vu. Rien que le générique de début est un bijou. James Dean, plein comme un oeuf, face à un jouet. Pfff. Quel acteur. Solitude, colère, mort, relations, il y a tout dans ce film. Splendide.
Andy et Larry Wachowsky

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1999-07-26
Les réalités multiples, avec comme un petit sentiment de gâchis. Il y avait de quoi faire quelque chose d'extraordinaire avec une idée de scénario aussi tordue et originale. Malheureusement, c'est gaché par des incursions dans des scènes très pan-pan boum-boum. Restent quelques excellentes idées, tout le début du film avant la Révélation, l'idée de l'oracle tellement ordinaire, et un climat général et une photo et des effets plutôt originaux. Nettement moins fin qu'eXistenZ sur un concept assez proche....
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1999-07-19
Curieux film. Un mélange entre un thriller bien violent, une bluette d'adolescents, et une comédie familiale. Un vieux couple de voleurs (James Woods et Melanie un peu junkie qui prend sous on aile une petite frappe et sa copine pour monter des coups ensembles. Une impression de décalage plane souvent: on croit connaître certaines scènes par cœur, et finalement un détail, une expression trop franche ou un insert viennent perturber complètement la vision avant de retrouver un instant plus tard la normalité d'avant. Curieux aussi dans sa manière d'étirer le temps de certaines scènes, en particulier les points de tensions entre les 4 personnages, poursuivies un peu après leur résolution, ou bien les "coups" et attaques, quasiment gommées. Très déjanté par moment.
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1999-07-05
Très sympathique. Un documentaire sur l'enregistrement d'un disque de vétérans de la musique cubaine, sur l'initiative de Ry Cooder. Assez envoûtant, par la douceur des couleurs et des mouvements de caméra (superbe scène où l'on tourne autour d'Ibrahim Ferrer et Omara Portuando), et la vitalité des musiciens. Des vieux de 70 ou 90 berges qui s'amusent comme des petits fous, avec une pêche et un amour de la musique communicatif. Beau film d'émotion retenue, jusqu'au concert final, en forme de revanche d'une certaine culture sur les USA.
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1999-06-06
Pour l'amour des femmes. Très beau film, avec une volonté, un courage et une humanité saisissantes. C'est impressionnant comme Almodovar arrive à louvoyer autour de situations qui traitées par d'autres que lui aboutiraient à un effroyable mélo. En plus, la réalisation est en accord, imaginative. L'accident d'Esteban, la sortie de la mère de Rosa de la chambre, menue et perdue dans le cadre, les scènes du théatre... Cecila Roth est excellente, mais n'en masque pas pour autant les autres actrices (dont Penelope Cruz, rah).
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1999-05-29
C'est d'abord la performance d'Al Pacino, complètement habité par la petite frappe cubaine assoifée de fric, et de pouvoir. La vision de la violence est étonnement 90's - un personnage autour des autres - très dure et qui fait rapidement glisser le film hors du schéma mafia/gangster standard. En plus, la mise en scène est toujours aussi brillante et diaboliquement efficace. Même le générique de début arrive à inscrire d'emblée le film dans autre chose, un mélange d'histoire et de tragédie. Just bigger than life.
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1999-05-15
Ah, j'ai beaucoup aimé. D'abord, parce que c'est peut-être la première adaptation cinématograhpique de l'univers de Gibson - ou du cyberpunk en général - réaliste que je vois: des couloirs, des chambres plus ou moins anonymes, bars et néons, une violence sourde, la bio-tech comme dernière frontière technologique. Et systématiquement cette idée d'affrontements invisibles entre corporations, entre groupes, entre éléments d'un même groupe, entre codes. Ce n'est plus le temps des guerres: de simples guérillas policées et feutrées.
Le générique en lui-même est une parfaite mise en condition: une scène de nuit, urbaine, un peu de néon, des jeux d'ombres, et une action violente que l'on est complètement incapable de comprendre. Le générique en trois langues, des flots de lettres qui se croisent, et des bribes de paroles de tous les coins du monde. Ok, c'est bon, c'est la Conurb. Autre réussite du film: la B.O. de Schoolly D, entre minimalisme boucles de guitare hyper-traitées et grosses basses.

L'intrigue en creux. Fox - Walken en maître cabotineur - et X - DaFoe, tendu, austère - vieux routards de l'espionnage industriel sont forcément des losers, manipulateurs manipulés. La seule chose qu'ils savent, c'est qu'il est impossible de connaître tous les tenants et aboutissants des luttes dans lesquelles ils essaient de louvoyer. Asia Argento, très bonne, en gamine diaboliquement habile.... Et le réseau/matrice, convaincant car invisible. On n'en voit que certaines manifestations - l'image immédiate d'un point à l'autre du globe, la surveillance. Pas besoin d'effets spéciaux (ce qui rejoint d'ailleurs quelque peu eXistenZ). Les citations à Blade Runner, un sushi bar, les vues aériennes de cheminées industrielles crachant leur fumée dans un fog jaunatre.

Et bon, la fin... On reste sur X hanté par ses souvenirs après le coup de . Le "rewind" sur l'embauche de Sandii où le jeu du chat et de la souris s'inverse complètement, qui montre à quelle point cette scène est impressionnante car totalement crédible dans chacune des deux lectures.
La fin autant là pour rapporter quelques bribes d'information que pour continuer à hypnotiser, replonger dans ce monde, une succession de petits chocs qui remettent en cause la vision du film que l'on vient d'avoir.

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1999-05-09
Film très dur sur les gamins paumés des banlieues sordides du Portugal. Moitié voleurs, moitié victimes. La première moitié du film est un peu crispante, car tournant par moment aux effets de style, ce qui choque un peu par rapport au sujet. La seconde est beaucoup plus équilibrée et plus poignante, en particulier quand on s'attache au trajet de la jeune fille et de son enfant à naître (la scène de l'accouchement dans la station service est une des plus dures que j'ai jamais vu), et à la disparition de Ricardo. Des scènes au silence assourdissant. This a tough world.
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1999-05-09
Joli film sur le tournage d'un film dans une patinoire, bourré de petits gags visuels (et sonores), d'effets de contrastes, et magnifiquement servi par Tom Novembre en réalisateur revenu de tout, Michelle Perrier en assistante papillonnante, la Miss Chaplin en cruche et Jean-Luc Cassel en vieux schnock caractérisé. Très drôle et léger malgré quelques longueurs. Fait penser un peu à Tati.
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1999-05-06
Oh le bijou. Un étranger qui arrive dans une bonne petite grande famille bourgeoise et qui va complètement retourner (au sens propre et figuré) chaque élément bien figé du cadre. De la bonne qui va connaître une crise mystique au père qui va faire sa remise en cause personnelle et politique, etc. Mordant, très ironique - peut-être encore plus maintenant - mais malgré tout très beau, avec des gestes de la séduction et de l'intimité magnifiquement filmés, en particulier dans les scènes avec la fille.
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1999-05-04
Un huis-clos géométrique. Points positifs: le décor, minimaliste et très efficace. Tout se passe dans des pièces cubiques interconnectées et plus ou moins piégées (et d'une manière plus ou moins vicieuse), et le jeu sur les couleurs et les textures des cubes. Par contre les personnages sont à peine esquissés, très caricaturaux, et dès que le film prend aux sérieux les dialogues mathématico-téléphonés, cela devient un peu ridicule. A part quelques scènes choc, cela traine un peu trop sur la même idée et il n'y a pas grand chose à grignote, à part quelques allusions au nazisme et une ambiance fin de siècle. Mais au premier dégré, cela reste très ludique et plutôt stressant.
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1999-05-02
Premier film de Kitano, distribué seulement maintenant en France. Un vague polar un peu décalé. C'est intéressant de voir que tous les traits de Kitano sont déjà en place. Les plans sur des personnages figés pendant de longues secondes, les plages, les flambées de violence extrème inattendue et le montage très sec et très ironique. C'est en même temps une critique assez féroce de la société japonaise et des Yakuzas, qui jouent les durs en n'étant finalement que quelques pauvres types. C'est un peu plus farce que Violent Cop ou Hana-bi. Pas mal quand même, mais nettement en dessous.
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1999-04-26
Ouh, c'est cool. Peinard, laid-back, tranquille comme un morceau de JJ Cale. Une sorte d'enquête policière dans le calme d'un petit bled du sud. Personne n'a rien à faire des lois et des usages (c'est bien plus important de savoir qui pêche avec qui), mais on fait comme si. Et tout ça parce qu'une vieille dame a choisi de rejoindre son Buck.
Tous les personnages sont superbes, et le trio Close / Moore / Tyler est excellent (rah, Liv).
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1999-04-26
La livraison annuelle de Clint Eastwood... Oh, c'est pas si mal. Moins bon que le "Jardin" ou certains précédents, mais plutôt plaisant. Cela ressemble beaucoup aux films polar/procès américains, mais avec l'ajout plutôt réjouissant que le héros est tout sauf politically correct, il fume, boit, est vieux, saute sur tout ce qui bouge et fume comme un pompier. Et il y a un petit numéro à deux entre Eastwood et James Wood qui vaut son pesant de pellicule.
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1999-04-19
Une sorte de jeu réel/virtuel avec l'obligatoire mise en abyme associée. C'est en contre-pied total par rapport à ce que qu'on en attendrait: très calme, sombre, très peu d'effets spéciaux mais une ambiance. Démonstration par l'exemple qu'un jeu vidéo du futur pourrait être tout aussi crispant que ceux que nous connaissons. Pas mal d'idées étonnantes: les objets "féminins", toujours l'obsession du biologique et du technique mêlés (le pistolet en décomposition, l'étonnante usine à gamepods). Et du sexe partout et hyper-explicite, mais absolument pas censurable, bien joué David.
Attention, c'est très ironique, presque trop second degré même par rapport à ses autres films, j'étais moins dedans, malgré des idées géniales. La mise en scène est impressionnante.
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1999-04-16
Attention, navet. C'est lourd, faussement provocateur, un film complètement centré sur lui même et pénible. En fait, c'est même un film profondément macho, aussi peu respectueux des femmes que des hommes, et qui tente de masquer clichés et analyses de comptoir derrière quelques bites. Quand à la symbolique assenée à chaque pas... Le rouge du diable, le blanc virginal, le passage franchi en même temps au propre et au figuré au bout de 5 minutes de film, le cri et le gaz. Argl, pitié.
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1999-04-10
Curieusement un tout petit peu déçu par rapport à la réputation du film. Est-ce que c'est le jeu qui fait un rien forcé de Bogarde ? Tadzio qui a quelques reflets de look seventies ? ou des plans un peu plats sur la fascination de Gustav ? Bref, ça ne va pas faire partie de mes chefs-d'oeuvre personnels, bien que cela reste un excellent film, avec une ambiance vraiment extraordinaire, dans une Venise déchirée, dormante. Et la manière, l'exactitude, avec laquelle Visconti rend les ambiances et les émotions du roman est fascinante.
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1999-04-03
Bon petit film en noir et blanc qui fait un peu "truc de copains", sur deux petits malfrats qui tirent la gueule et qui s'évadent avec un italien à la gomme. Plutôt fendard, très très humour décalé et second degré. Avec deux musiciens (Tom Waits et John Lurie) en acteurs principaux (et compositeurs de la B.O.) et Roberto Benigni qui fait son numéro d'expatrié baragouinant deux mots d'anglais entre deux tirades et italien et finit par trainer les deux phénomènes à presque se dérider.
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1999-03-26
La guerre vue comme un viol de la nature, une chose étrange, profondément incommunicable, plus que traumatisante. La guerre comme porte-à-faux entre des situations hors de la réalité et des êtres humains incapables de les assumer. Le propos philosophique est intéressant, mais paraît singulièrement réducteur: l'ouverture sur le "bon sauvage" fait curieusment datée. Par contre, la mise en scène est splendide: la guerre à auteur d'homme, le combat dissimulé dans les jeux d'ombres et de lumières des collines, les rêves trompeurs, autant que les raisons dans l'affrontement.
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1999-03-17
Très sympathique. Des portaits de femmes justes et pas si tendres. C'est à la fois très plaisants, pour les dialogues, les situations un peu décalées, et la galerie de portraits de divers phénomène, mais aussi un peu énervant pour les mêmes raisons: éclaté, sans vraie cohérence, un film qui tient par un fil rouge - ou plutôt rose - en accumulant des petites scènes, des portraits à peine brossés. Le côté le plus intéressant est sans hésitation le personnage de Nathalie Baye en actrice de la beauté. Complexe, en retrait, sur lequel on n'apprendra pas tant que ça, à part une bizarre conception de la solitude et de l'amour.
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1999-03-01
C'est glauque, jaunâtre. Perpetuellement sombre et pluvieux, une hypnose, un cauchemar lent. Un aspect fantomatique renforcé par la bande son: des bruits étrangements lointains et étouffés - en contradiction avec l'image-, et des stridences soudaines, des montées de musiques. Le prétexte ? Une enquête policière, une théorie où le policier doit entrer de plus en plus profondément dans les tréfonds de l'âme de sa proie, une histoire qui se love et se déploie lentement. Un film habile, remarquable, mais qui me laisse plus que dubitatif.
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1999-02-18
L'image maîtresse... Cela commence par un plan séquence hallucinant de 15 minutes, qui contient en fait tout le film. La suite ne sera qu'un retour, des explicitation sur ce moment fondateur. Les 30 premières secondes sont étonnantes: on est piégé et retourné 3 ou 4 fois... Cela semble être la télé, ce n'est qu'une caméra qui filme un moniteur, cela semble être un reportage, cela n'est qu'une répétition. Tout le film fonctionne sur ce jeu pervers autour de ce qui peut être vu. C'est un signe que le seul personnage à sortir physiquement intact ne peut plus voir, justement... Un film théorique déguisé en thriller. Fascinant.
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1999-02-17
Documentaire sur la vie de Charlie Parker. Vraiment très inégal. Splendide par moment, en particulier quand il donne la parole à des jazzmen ayant connu Bird (ah, Dizzy Gillespie et Bessie Smith), mais plutôt raté dans les petites saynètes vaguement métaphoriques. L'idée de centrer beaucoup sur New York est plutôt bonne, mais c'est un peu gâché par des vues de quartiers un peu superficielles - très "frenchie fasciné par la grosse pomme" - .
John Lasseter et Andrew Stanton

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1999-02-14
Bourré d'idées, émerveillant. On marche à fond, comme des gamins. Ca a l'avantage d'être beaucoup moins superficiel et clin d'œils que AntZ; sur une histoire qui ressemble un peu aux 7 samouraïs. Visuellement (et techniquement) c'est hallucinant, les couleurs, les mimiques, la texture des décors.. Les personnages ont vraiment une âme. J'adooore la sauterelle psychopathe.

Et le générique final est à pleurer de rire.

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1999-02-13
Wouaouh, un film magnifique. Des couples de la génération X qui se cherchent, avec une mort en filigrane. Les personnages sont merveilleux, complètement portés par les interprètes: Amalric, Balibar, Ledoyen, Cluzet, tous excellents de mesure et de subtilité, tous entourés de la même tendresse par Assayas, caressés par la caméra. Des personnages loin d'être parfaits, réalistes, amoureux, mais avant tout tellement aimables. Cela fait penser à Despleschin, mais c'est plus sensuel, moins mental. Et du coup le film en devient si proche.
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1999-02-12
C'est un film sur deux autismes. Une passion bloquante, incompréhensible et destructrice d'un côté, et une avidité sexuelle de l'autre. De la paranoïa et de l'obsession. Martin cherche à savoir la vérité, comprendre la réalité, alors que toute analyse possible est déformée par son besoin de Cécilia. Superbement joué, Charles Berling buté, frénétique et rationalisant; Sophie Guillemin 100% crédible dans le personnage de Cécilia. Même Arielle Dombasle est excellente, avec ses fissures et sa fascination pour cette relation.
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1999-02-07
L'archétype du film français nombriliste. Oui, c'est une jolie bande de copains, oui le regard sur la petit monde pseudo-intellectuel libertaire est amusant. Mais alors qu'est-ce que c'est prétentieux, appuyé, lourd et mal joué. C'est sûr que l'on rit (parfois sincèrement, comme pour la scène "fantasmatique" du plombier bien bâti), mais c'est souvent au troisième degré devant tant d'insistance. Entre les acteurs en permanence en train de s'admirer jouer, le scénario de bric et de broc, irréaliste sans raison ni poésie, il faut avoir de la résistance. J'en ai profité pour inventer une nouvelle unité, le "sue" (voir plus bas mes notes sur le film de Kollek) qui caractérise l'envie de baffer un personnage. Je situe Anne Buridan à 1.5.
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1999-02-06
Hé hé... C'est un peu ce qu'aurait pu être Eraserhead si Lynch avait lu le pendule de Foucault. Un noir et blanc très sale. Des ordinateurs désossés, très 70's (avantage: le film ne vieillira jamais). Et un jeu intellectuel sur la recherches d'un ordre caché, d'un nombre mystérieux structurant tout, de la bourse à la Kabale, à grands coups d'hallucinations et de paranoïa. Quand même un peu superficiel.
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1999-02-06
Un tout petit peu déçu quand même. Le début est très beau, avec les silhouettes en ombres chinoises et le récit de la mésaventure du clown qui porte en germe tout le reste du film. C'est quand même un film très sombre, à la lisière d'un certain désespoir. L'étonnant est que l'on reste assez distant des personnages et de leurs démêlés romantiques. Les métaphores de l'image et des miroirs sont un peu appuyées.. Par contre, toute la scène de la représentation au cirque est merveilleuse.
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1999-02-02
Beaucoup aimé. Très féroce, complètement caricatural mais en même temps très juste, très révélateur. Ce qui est aussi amusant, c'est la manière qu'a le film de déjouer les scènes obligées. Le plan fatal arrive, et dix secondes plus tard, tout se retourne. Tout le film gravite autour de Karin Viard qui, en plus d'être trèèès mignonne, est absolument excellente. La critique de Libé est assez juste: "un rire panique".
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1999-01-30
Je comprends maintenant l'excellente réputation du film. Pour un film muet de 1928, ça a des années et des années d'avance... La manière de jouer des gros plans, le montage très nerveux. Et si on rajoute quelques plans coup de poing (le crâne, la saignée), c'est guère étonnant que cela a provoqué la censure de l'époque. Ah, et l'interprétation de Maria Falconnetti. Il parait que certains critiques disent que c'est la plus grande interprétation d'un rôle féminin du cinéma. Ca semble justifié...
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1999-01-30
Plutôt décevant pour un Woody Allen. Premier problème: Kenneth Branagh est crispant. Il en fait des tonnes en singeant Woody acteur sans être convaincant. Le film est assez décousu, pas très cohérent malgré deux ou trois très belles scènes comme les débuts à la TV de Robin ou bien la déclaration d'amour de Lee à son "personnage" Nola. Et surtout, on se demande un peu trop "et alors ?". Pourquoi tout ça ? pourquoi cette sorte de dénonciation baclées des célébrités-qu'on-mérite. C'est bizarrement creux et attendu. La chose la plus intéressante du film est sans doute cette interrogation "y'a-t'il forcément un élément négatif dans la célébrité ?" ... eh non.
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1999-01-24
Bah, un bon Chabrol, mais pas forcément inoubliable. Sandrine Bonnaire et surtout Jacques Gamblin sont vraiment excellents. Par contre, Valeria Bruni-Tedeschi est un peu crispante et caricaturale en comissaire à la limite de l'hystérie. Antoine de Caunes et moyennement convaincant également (trop ironique vis à vis du rôle ? ). Quelques très belles scènes qui sonnent justent entre Sterne et sa femme.
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1999-01-21
Une solitaire à New York, paumée, de plus en plus refermée sur elle-même. Effrayée par les mains tendues, multipliant les réflexes de fuite... Anne Levine est impressionnante, passant d'un visage d'ange à un profil abimé par la douleur et la vieillesse en l'espace d'un seul plan. Par contre, le film est tellement sans pitié, la déchéance tellement implacable qu'il est vraiment dur à supporter (et on finit par avoir une envie assez démangeante de coller deux claques à Sue...).
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1999-01-20
La soif du mal... un chef d'œuvre de moins sur ma liste de films à voir. Un film noir pervers, poisseux. Argl ! rien que le premier plan-séquence est une merveille absolue de suspense, d'ambience. Welles est ambigu, fabuleux.
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1999-01-17
Hypnotique, une succcession de plans-séquence discrets, des huis-clos qui se succède dans les maisons de plaisir de Shangaï de la fin du 19ème siècle. Des personnages enfermés dans leurs relations courtisanes-maîtresse de maison, amant-courtisane, ... qui croisent le fer sous le velour, des danses lentes de la séduction, des hypocrisies, et quelques fois à la limite d'un plan, un abandon fugace de l'un pour l'autre. Eclairé aux lampes à pétroles, le film m'a beaucoup fait penser aux chandelles de Barry Lyndon de Kubrick, pour ce tissu de pouvoir tramé dans des chambres et couloirs..
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1999-01-16
L'image est extraordinaire: un noir et blanc dense, profond. Le film lui-même est un alliage subtil, des décors épurés, le jeu des acteurs très particulier - à la fois complètement retenu et très expressif -, et enfin cette histoire de crise de foi dans les landes du Jutland, entre religions, doutes et amours contrariés. Hyper-maîtrisé, vraiment impressionnant. André Bazin écrivait en 1954: "c'est le dernier vrai film en noir et blanc"...
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1999-01-14
Trame ultra classique: le "vieux" rangé qu'un chien fou vient remettre dans la danse. Se rajoutent poker, gros sous et evil guys bien glauques. La mise en scène en curieusement assez plate, et du coup ça se distingue plus du côté des acteurs, tous excellents... John Turturro, grand joueur à la petite semaine, Martin Landau en doyen et John Malkovich, un pur régal en mafieux russe. En regard, Matt Damon et Edward Norton presque un peu en deça. En fait, un des grands plaisirs du film tient au fait de n'y comprendre absolument rien aux scènes de pokers, et de se faire confortablement entraîner par l'ambiance.
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1999-01-10
Eh eh, une petite comédie très fleur bleue. Regards langoureux, valses hésitations, couleurs pimpantes en technicolor, il y a tout ce qu'il faut. La seule différence avec une bleuette des années 50 est que ça se passe dans le milieu gay. Les personnages principaux sont quand même un peu falots, les seconds couteaux (Perry & Georgiana) nettement plus intéressants. Dommage qu'il y ait quelques longueurs (les passage musicaux, certains des rêves). Bah, sympa et frais, sans prétentions.
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1999-01-03
Le seul bon moment de ce film est le long prologue poétique, avec un péage en plein désert, un vieil homme jouant du tuba pour son chien et trois documentaristes français... Le reste est très décevant: John Torturro en Guest Star sans raison, un trio de veillards énervants, un symbolisme de bas étage et une narration à l'abandon. Ca se veut subtil et un peu surréaliste et ça n'arrive qu'à être ennuyeux. Heureusement, il y a quelques belles scènes et des images surprenenantes, mais globalement, très bof.
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1999-01-02
(1er film de 1999 !) Beaucoup aimé. Le côté brouillon, caméra à l'épaule passe très bien: un faux film de famille au caméscope qui tourne au la crise et à l'explosion. Tout comme pour les idiots, le film est bien meilleur techniquement que ce qu'il donne l'impression d'être (ah, les premiers plans avec l'arrivée des voitures et des invités). Superbe interprétations: l'évolution de la sœur (sans doute le personnage le plus intéressant) , la veuleurie de Michael, la mère raccrochée à ses mythes, et Christian en vengeur déconnecté de son jeu de massacre. C'est filmé en vidéo: est-ce une violation de la 9ème règle de Dogma 95 ? (le film doit être tourné en 35mm standard). Le fait est que cela m'a un peu gêné, non pas pour la caméra en mouvement "approximatif", mais surtout pour le grain de l'image vidéo dans ces faibles lumières.
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1998-12-19
Comme chacun semble avoir sa vision du film, voici la mienne: le diable joue un jeu pervers avec Fred en prenant au mot certaines de ses pensées secrètes, lui fait vivre un passé possible, un miroir de ses obsessions, et le condamne à revivre sans fin le pire: un Sysyphe du 20ème siècle...
Mise en scène extraordinaire, avec un climat oppressant en continu, en particulier via un travail splendide sur la bande son: grondements souterrains, B.O. glaciale (mais de très haute volée, à rapprocher de Natural Born Killers ou Until the end of the world pour l'ecléctisme et la maîtrise des ambiances). Interprétation parfaite (ah, Bill Pullman au visage décomposé par la fatigue et l'angoisse). Reste néanmoins une impression durable d'être une souris dans les griffes de Lynch: aucune échappatoire, aucune compassion dans ce film...
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1998-12-18
Un film raté qui laisse un goût amer, car on a l'impression que derrière ce côté bancal, trop bref et simplificateur de Dune se cache LE film qui aurait rendu justice à la saga. Enormément de séquences dans le film sont excellentes (le monde Harkonnen, le sauvetage de la chenille, les scènes Atréides) mais isolément seulement: le film étouffe de choses à dire, à montrer, de déséquilibre dans la narration. Cet aspect "Jules Verne" des décors et des machines (bien avant l'Ile des enfants perdus), la construction d'un mythe, le côté essentiel du jeu de pouvoir... Mais tout est trop court, trop compact, monté à la hache: il aurait quasiment fallu une trilogie "Dune".
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1998-12-17
Je n'en avait vu qu'un tiers il y a longtemps, et en vidéo... Pas déçu par le reste. Très curieuse approche: la trame de l'histoire est ultra-classique, mais chaque aspect est pris à contre-pied. Tant les motivations des personnages, la violence par bouffées imprévisibles, la narration qui dilate particulièrement certains épisodes, la musique décalée. Et globalement, l'humour ultra-corrosif (quasiment toutes les scènes où Sailor & Lula sont ensembles sont des moments d'anthologie), ce qui serait peut-être le seul reproche à faire au film: on se sent forcémenent "en dehors". Un film noir sur-saturé. Très, très curieux.
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1998-12-15
Superbe, lumineux, vif. Un choc d'individus aveuglés par leurs obsessions (la pute innocente, le docteur et sa lubie hépatique, le morphinomane, l'amoureux fou), qui avancent en marchant de guingois, en se soutenant les uns les autres. Et se rajoutent la beauté de la photographie, l'équilibre merveilleux de l'histoire: un dosage subtil de lenteur, d'émotions, d'humour plus ou moins noir, de merveilleux qui se mêle, s'entrechoque à chaque fois de façon imprévisible. Magnifique.
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1998-12-12
Attention, ce film est une atteinte tout à fait déterminée au bon goût (position annoncée dès les premières secondes). En fait, ni la bande annonce, ni l'affiche "quand Tex Avery rencontre Pulp Fiction" ne sont tout à fait en phase avec le ton du film, beaucoup plus provocateur. C'est plus à Fritz the Cat que l'on pense, avec cet esprit un peu brouillon, vaguement anar, mais bien dérangé, tirant autant que possible sur l'american way of life. Visuellement, c'est impressionnant: tout dessiné main, inventif en permanence, systématiquement décalé. Et s'il faut du sexe, des tripes et des boyaux, il y en aura.
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1998-12-09
De la trahison comme art, ou comment chercher l'esprit sans se focaliser sur la lettre. Il fallait oser vouloir réinventer les 70's, le glam, tout ce cortège maquillé où l'on croise des reflets de Bowie, Iggy Pop ou Brian Ferry. Une fiction conçue comme une projection d'un passé: on n'est pas dans le document, on n'est pas dans une recréation laborieuse, c'est quelque chose de plus vrai que nature. Tout comme la relation entre un homme et son image est le thème du film, on sent que le film lui-même rentre dans son propre jeu: entre ce monde disparu et l'image que l'on peut en donner, forcément ludique, déformée, bouclée sur elle-même. Superbement construit, très bien joué, un sacré hommage. Rated R for strong sexual content, nudity, language and drug use. Hi hi hi...
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1998-12-03
Oh le beau petit film sympathique ! Polar compliqué et humain, très bien filmé, juste assez futé pour être agréable. C'est amusant de voir que sur un thème et une ambiance très proche de Jackie Brown (d'après des bouquins d'Elmore Leonard dans les deux cas), le résultat final très différent (même avec les clins d'oeils Michael Keaton et Sam Jackson). Là où Jackie Brown fait assez exercice d'un style, Out of sight reste fidèle au sujet, pas trop ostentatoire, et finalement bien plus subtil et agréable. Superbe B.O. de David Holmes. Et Georges Clooney est très bon.
Eric Darnell et Lawrence Guterman

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1998-11-29
Bon, c'est agréable, on sourit souvent. C'est néanmoins pas un chef d'œuvre, et la seule "voix" à vraiment apporter quelque chose est celle deWoody Allen. Deux trois moments d'anthologie (la loupe "idenpendance day", les insectes aux coins du feu). Sympathique, sans plus. Technologiquement, c'est impressionnant.
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1998-11-22
En droite ligne de "The Game" ou "La prisonière espagnole". A savoir: on prend un scénario, et on met autant de zigzags que possible. Ce qui est un peu bête c'est que le sujet était à priori très intéressant, mais le traiter sous forme de polar-devinette fait qu'il n'est pas possible de l'aborder en profondeur: le cygne et le vilain petit canard, c'est quand même un peu couru, et gratuitement dur. Et c'est d'autant dommage que le reste du film est un peu mou, malgré une mise en scène qui a la bougeotte - mais guère de style, malgré une scène de démarrage sur une ville déserte excellente.
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1998-11-21
Bon, cela semble se confirmer: je n'arriver pas à accrocher aux films d'Angelopoulos. Plans séquences magnifiquement cadrés, mais vraiment trop visibles, trop démonstratifs. Pourquoi ces mouvements lents, décomposés ? ces dialogues complètement décalés par rapport à la réalité des personnages (les textes des enfants) ? Ce symbolisme si lourdement appuyé ? Le plus troublant c'est que cela survient en même temps ou à côté d'instants de pure magie: le mélange présent et passé dans les plans, les étreintes et évitements d'Isabelle Renauld et Bruno Ganz, ...
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1998-11-16
Let's doooooo the tiiiiiiime waaaaaaaarp aaaagaaaaaaaiiiiiiiin !
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1998-11-15
Un film kaléidoscope, toujours en mouvement, en train de changer de rythme, de vue, dont les personnages se refondent, confrontent et se repensent sans cesse, alors que les personnages avaient vraiment des "types" très marqués. J. Binoche et M. Amalric très bons, en particulier dans toute la première partie avec Alice butée, stressée, aggressive et en train de se mentir, avant de s'engoufrer d'un bloc dans autre chose. Et cette très belle scène vers la fin où Martin se dégèle et effleure la joue d'Alice- pendant que la caméra recule derrière la vitre, les laissant à leur intimité. Le seul reproche qu'on pourrait faire est peut-être le côté un peu grandiloquent du scénario et de certaines situations. L'histoire était suffisement forte pour ne pas en avoir vraiment besoin.
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1998-11-13
Joli film sucré-salé sur l'adolescence. Des coups de pinceaux, petites scènes esquissées qui finissent en fondu au noir. Un peu amer car on n'a l'impression que le personnage voit des portes se fermer au fur et à mesure de son parcours, que les situations se figent de plus en plus, même s'il trouve mieux sa place. Moins eu de problème à entrer dedans que la Maman et la putain, mais moins emballé aussi.
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1998-11-11
Amusant, furieux, mais quand même un petit peu décevant par rapport à ce que j'en avais entendu. Une histoire policière qui louche plus qu'un peu sur le style Pulp Fiction: on prend des "gueules", des personnages complètement stéréotypés, on arme le tout, on fait se téléscoper les intrigues et on déguste bétise, bastons et bons mots.
Misc en scène pour le moins vivante: ralentis, angles de vues pas possibles, couleurs retouchées, etc. Bande sonore très réussie, à grands coups de second degré et d'effets sonores en contrepoint . Et Sting dans un second rôle assez savoureux.
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1998-11-09
Ou comment détester un film pendant deux heures et l'adorer les deux heures suivantes... Enormément de mal au début: la diction très peu naturelle des acteurs, les situations qui ont mal vieillies, le discours pompeux et ridicule d'Alexandre. Puis un changement... les bouffées de violence dans l'amour, les contrechamps vertigineux, Veronika qui commence avec Marie à accaparer les paroles et redéfinir leur jeu amoureux, et le très, très beau passage final en forme de confession (.. ou profession de foi ? ) de Veronika, devant Alexandre diaphane. Très, très beau film.
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1998-11-08
Je n'ai guère réussi à accrocher. Une comédie certes, mais beaucoup trop cruelle, on ne peut vraiment avoir de tendresse pour aucun des personnage, entre la gourde, le plouc, l'imbu de lui-même. Ce qui fait qu'il est difficile de s'y attacher, mais presque plus difficile encore d'en rire.
Sans doute une question d'appréciation, car à part cela le film est plutôt bien construit et filmé. Il n'y a que dans la toute dernière partie du film (la confrontation) que je me suis plus amusé.
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1998-11-07
Habile, très habile. "Dogma 95" n'est vraiment qu'un prétexte, même pas camouflé (voir le diplôme autoparodique)... c'est peut-être de la caméra à la main, mais quelle maitrise... Des choses fascinantes dans ce film. Le refus de "faire le tri" pour le spectateur, quasiment tous les personnages sont à égalité, le message qui se réfute presque instantanément, en fait un équilibre assez étonnant parmi des excès qui n'en sont pas vraiment. Des personnages sans vraies explications, très conscients de n'être pas forcément plus libres. Avec le sel supplémentaire des contrepoints ironiques de l'interviewer, entre de très belles scènes (la piscine, l'amour entre Jeppe et Fine, ...)
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1998-11-06
Film énervant, car bien en dessous de ce qui aurait été possible. Au lieu d'un film un peu sombre sur la paranoïa et la manipulation, Weir décide de faire un film plutôt léger en laissant un rien cabotiner Jim Carrey (le scénario et de A. Nicoll, l'auteur de l'excellent Gattaca).
En fait tout le début est très bon, avec la plongée dans la "ville parfaite", mais dès qu'on entre dans la partie centrale du film, c'est une succession de saynettes autour de Truman-découvrant-la-vérité plutôt faiblardes. Et vers la fin, de nouveau quelques scènes magnifiques, en particulier ces instants cauchemardesques de légions de figurants en train de fouiller la ville... On se croirait dans un Carpenter.
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1998-10-29
Film vu quasiment par hasard (merci J!). Quasiment un film muet, une succession de petites scènes aériennes autour d'un couple qui se forme d'un train à l'autre. On pense à Buster Keaton.

Léger, très drôle, un régal.

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1998-10-24
Commence par une scène coup de poing, sans rapport direct avec le reste du film, mais qui en pose bien le ton. Une sorte d'histoire d'amour improbable paumée dans la Roumanie d'après la révolution, entre friches urbaines et militaires bornés. Deux très bons acteurs, une minette "voyelle" à hésiter, et un porcher faussement cynique, qui va jusqu'au bout d'une passion un peu superficielle. Sombre, très bien mis en scène, toujours un peu acide, un humour très noir.
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1998-10-23
Décevant. Autant Smoke et Brooklyn Boogie étaient des petits bijoux pétillants de légèreté et d'intelligence, autant Lulu paraît forcé et maladroit. Pourtant il y avait de bons départs: Harvey Keitel en amoureux fou, un peu de magie, une histoire en complet zig-zag, et Mira Sorvino est mignoooonne. Mais c'est gaché: trop appuyé, trop de coups de zoom, trop confus. Heureusement restent quelques très belle scènes entre Lulu et Izzy (sur le toit), et la résolution finale, magnifique, et des petits bouts de Lounge Lizards. Bon, vivement le prochain roman d'Auster, quoi...
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1998-10-22
Très beau. La légèreté et la finesse étaient obligatoires. Le côté "Buster Keaton" du début passe très, très bien. La seconde partie est étonnement juste: tout comme les efforts forcés du père passent plus ou moins bien, rires et sourires changent, et les pastels s'effacent.
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1998-10-18
Bad mood, donc parti voir un film efficace. Pas raté de ce côté là: tous les tics actuels du polar américain y sont. Couple richissime, vue d'hélicoptère de Central Park avec levée de caméra sur les immeubles au dernier moment, Michael Douglas, scène d'amour dans loft d'artiste, et surtout l'inévitable scénario hyper-emberlificoté. à la "The Game" ou "Prisonnière Espagnole" (je ne connais pas la version d'Hitchcock). Le problème c'est que dès qu'on sait que tout le monde va manipuler tout le monde, ça ne laisse pas beaucoup de surprise... Reste le "comment", et ce n'est pas trop suffisant pour tenir en haleine...
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1998-10-17
Un excellent Ken Loach. Ca commence à faire un petit peu méthode Woody Allen: banlieues grises au lieu de Manhattan, chomeurs débrouillards au lieu de new-yorkais névrosés, mais le tout se retrouvant de film en film. Une choses un peu génante, l'histoire un peu trop policière à mon goût. Mais des scènes magnifiques, une image de Sarah penchée embrassant Joe assis, ou bien les dernières secondes du film. Et les secrets des personnages qui le restent. Et il y a l'accent écossais... "Turrrrn left, turrn rrright, strrraight 'til the rrroundabout".
Alfonso Albacete et David Menkes

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1998-10-11
L'anti-"Tokyo Eyes", d'un certain côté: branché, frénétique, et foncièrement déjanté. Au moins, ça correspond à l'idée que l'on peut s'en faire avant d'entrer dans la salle, avec le film qui fonce en parcourant Madrid, sexe, machos et femmes plaquées, vilain méchant et boîtes de nuit. Sympa à voir, répliques délirantes, mais mal fichu et traité à la légère.
Pas très marquant, en fait. (les chemises espagnoles sont-elles toutes aussi laides ?)

 

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1998-10-10
Super film. Frais, reposant. Un faux thriller qui cache une histoire d'amour un peu décalée, hésitante, entre deux tentatives de pureté. Premier film que je vois où la B.O. techno ne fait pas effet de mode. La ville filmée différement, de l'intérieur, à hauteur d'homme (aux antipodes de Black Rain, par exemple, ...). Et Takeshi Kitano, en humble Yakusa en bas de l'échelle, gaaaaah.
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1998-10-07
Une happy-end, deux chats, les petits trafics du Danube en arrière plan, une splendide scène d'amour espiègle dans les tournesols, des oies, une Trabant machée... On recroise des thèmes déjà vus, mais qu'on est si content de retrouver: les citations, toujours des gitans, la musique qui ressemble à celle de Goran Bregovic sans en être, les plans forcément foireux, les mécanismes à la Tex Avery. Bon, peut-être un peu lent à démarrer, mais on en ressort avec un sourire d'une oreille à l'autre... Piiitbull ? Terrier !
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1998-10-04
Sensibilité et pudeur. Un acteur de seconde zone qui revient dans un village d'arrière-pays. Vivre la mort de sa mère, les conflits qui se réveillents, les racines plus ou moins digérées. Et les secrets qui blessent. des cicatrices lointaines qui reviennent. Quand il est parfois nécessaire de s'effacer face à d'autres désormais figés dans leurs attitudes. Superbe.
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1998-10-03
Pas trop accroché. Film beau, très beau certes. Trop beau: un peu cette impression que le film est en permanence en train de chuchoter "attention, je suis un chef-d'œuvre"... des plans longs, magnifiquement filmés, chargés d'émotion, mais tellement peu naturel qu'ils m'ont empêché d'entrer vraiment dans le film.
Sauf ces scènes où Jeanne Moreau tente de transmettre son histoire, et cette dernière scène magnifique, où des rangées d'hommes en jaune tendent cette ligne pendant que la caméra traverse le fleuve.
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1998-10-02
Première demi-heure saisissante, effrayante, énorme claque aux imbécilités hollywoodiennes habituelles sur le D-Day en particulier et la guerre en général. Dommage que ça devienne un peu trop classique après, paradoxalement.
Bon, on ne dira rien sur les 5 dernières minutes. Bah, fallait que ça passe bien aux USA.
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1998-09-30
Adaptation très fidèle du roman d'Emmanuel Carrère, qui fonctionne autant sur l'ambiance et les rêveries que le bouquin. J'ai été un peu moins conquis par le film que par le livre. Parce que j'en connaissais la trame ? parce que les rêves forcément un peu ridicule du gamin deviennent trop explicites - presques génants ? Bon film quand même, très bien joué.
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1998-09-19
Deux galères croisées de jeunes filles, deux amies dans un environnement tout sauf rose. Une certaine tension, une violence contenue, quasiment à tout moment. Rien n'est plat, sans point de vue. Toujours une chaleur, une émotion. Des confrontations, des scènes d'amour qui sont presque des combats. Et grâce à deux actrices extraordinaires.
Très, très bon
Sauf la fin... Louuuurde, appuyée, autant que le reste du film sonnait juste.
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1998-09-13
Film bizarre. Plutôt mal fichu, un peu trop branché, un peu caricatural, un peu coincé dans ses propres effets de styles. Mais des "moments" très beaux: quelques fois une scène, d'autres fois quelques secondes seulement - un regard, une attitude -. Et Sandrine Kiberlain, magnifique en résistante butée, complexe, incompréhensible, décevante, qui porte complètement le film.
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1998-09-06
Plutôt déçu. Trop long (2h20), avec de longs moments pas très exaltants, d'autre où il essaie de faire plutôt dans la farce sans grand succès, et des manière de filmer l'acte de création bien, bien appuyées. Bon, néanmoins il y a beaucoup de bons moments (les passages avec l'éditeur), toujours la même beauté formelle, et à la moitié du film, un grand moment (à partir du mariage) qui fait penser à Unbelievable Trush et Trust Me. Mais la fin tombe assez platement.
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1998-09-01
Un polar sur un Sherlock Holmes moderne, génial mais pathologiquement asocial. Un film un peu "trop": trop surchargé, trop d'effets de styles, trop de sujets en même temps, jeux un peu trop prononcés. Ca reste un bon film, mais on sort avec le sentiment qu'il n'aurait pas fallu grand chose en moins pour que ça devienne un très bon film: le début du film était excellent, avec le générique, les témoignages croisés d'Arlo et l'appartement paranoïaque de Zero. Sinon, Bill Pulmann et Ben Stiller sont très bons, mais Ryan O'Neal a un peu vieilli depuis Barry Lyndon. ;-)
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1998-08-29
Ni dialogues, ni narration. Rien que la musique tzigane que l'on suit au fil des errances, de la source, aux Indes, jusqu'en Espagne. En passant pour l'Egypte, la Turquie,la Roumanie et la France. Assez envoûtant.
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1998-08-22
Fabuleux. Ca part dans tous les sens, le scénario est aussi loufoque que les situations et vice-versa, Cary Grant se lache complètement, à l'opposé de son sérieux-ironique habituel, les jeux de mots n'arrêtent pas, et tout le monde est complètement atteint.
"Insanity runs in my family... It practically gallops. CHAAAARGE !"
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1998-08-21
On a le sourire aux lèvres d'un bout à l'autre du film. Johnny Depp et Benicio del Toro sont excellents. Mais il y a quelque chose d'autre qui ressort du film, une certaine amertume, un vide, un "mais où veut-il donc en venir ?". Soit c'est un ratage, Terry Gilliam n'a pas complètement réussi son film, tant pis; soit c'est volontaire et fait de main de maître, et ça faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu un tel film sur les creux et les bosses du Rêve Américain.
Cela donne en tout cas envie de lire le roman de Hunter Thompson.
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1998-08-20
Bonne surprise, finalement. En fait, l'esprit est très proche des premières saisons (celles en noir et blanc): du loufoque, du second degré et plus, des machines forcément mystérieuses et pseudo-scientifiques, et un méchant Sean Connery obligatoirement richissime et aristocrate. Uma Thurman est excellente (doutez de mon objectivité en la matière), et Ralph Fiennes pas mal du tout (bien qu'il fasse un peu jeune). Il y a même Patrick Macnee dans un rôle peu voyant. A voir obligatoirement en v.o. tant les accents anglais sont outrés.
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1998-08-18
Un autre film revu - l'été est un désert cinématographique à ce point ? -, la première fois était assez lointaine et en vidéo, donc bonne occasion. Fascinant trip autour de ce qui devrait rester caché - des rideaux qui frémissent, les corps dissimulés, Sandy, Frank. Curieux éclairage des scènes dans l'appartement de Dorothy, qui m'ont fait un peu penser aux peintures d'Edward Hopper. Par rapport aux autres Lynch déjà vus, il m'a fait une impression un peu bizarre: très ironique et distant, du début à la fin.
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1998-08-15
Encore un film revu, profitons de l'été et des ressorties. J'étais étonné en sortant de la salle de voir qu'il durait près de deux heures, j'aurais pensé moins de 90 minutes.. Comme quoi, on ne s'ennuie pas une seule seconde. C'est rempli de scènes d'anthologie, et en plus, il y a vraiment des "tronches" incroyables (entre autres Osgood et un des hommes de main de Spats). Je sais plus qui disait que Marilyn Monroe n'était jamais aussi bonne que quand elle avait à jouer des idiotes, et ici c'est parfaitement vérifié, l'ingénue face aux deux travestis, ça a un petit côté Tex Avery par moment .
"Just like jello on springs". :-)
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1998-08-11
Revu ce film (et encore revu le 16), encore une fois en version "Director's cut". Toujours une splendeur, un film noir déguisé en S.F. J'ai été le voir tout en étant au milieu du livre excellent "Future Noir: the Making of Blade Runner" de Paul M. Sammon, ce qui donne pas mal d'idées de pistes à suivre et de détails à observer: l'association entre un personnage et un animal, le thème de l'oeil, les détails urbains, Deckard est-il un réplicant ? ...
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1998-07-01
Grosse déception. En fait, je n'avais vu aucun des Arme Fatale, et donc David m'a fait un cours de rattrapage avec le 1 et le 2 en vidéo. Beaucoup aimé tous les deux, donc direction cinéma pour le 4. Et là, mauvaise surprise: ça cabotine, rythme très mou, sentimentalisme à l'eau de rose et grandes valeurs familiales plus politiquement correct tu meurs... Beuh, j'aime pas le navet.
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1998-07-01
Une très bonne surprise. J'ai vu en fait dans la même soirée Arizona Junior et Miller's Crossing à la suite, et le contraste n'en était que plus saisissant entre l'outrance d'Arizona et la maîtrise de celui-ci. Non seulement le scénario est un petit bijou, mais de plus les acteurs sont excellents (en particulier Gabriel Byrne, comme d'hab), et chaque plan est magnifiquement filmé, avec juste ce qu'il faut d'ironie et de distanciation pour que l'on ait pas l'impression d'être devant un bel objet un peu vide.
Mon film préféré des frères Coen, je pense, juste devant Fargo, le Grand Saut, Fargo, et the Big Lebowski.
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1998-07-01
Hilarant, bordelique, et caricatural. Les meilleurs moments sont amha la manière dont se noue l'idylle initiale avec les retours successifs en prison, la "présentation" du Hell's Angel qui dégomme tout ce qui est mignon (très Monty Python, en fait), et l'attaque à main armée pour aller chercher les couches pour le p'tit... Ca défoule, même si ça ralentit un peu vers la fin.
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1998-07-01
Le début de l'intégrale Coen qui passait aux cinémas "Diagonal". Bien fichu, avec toujours des "tronches" incroyables, un humour tant devant la caméra que dans la manière de tourner le plan (le moment quand la caméra "enjambe" un poivrot écroulé sur un bar).
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1998-07-01
Plutôt déçu. La séquence d'ouverture est une mise en abyme très futée, mais pas très effrayante par rapport au bijou qu'était celle de Scream 1. Un peu comme si Craven disait en permanence, "regardez comme mon film est malin" juste au moment où on allait prendre du plaisir. Beaucoup moins mauvais esprit que le premier, plus appuyé, plus ironique. Sequels suck.
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1998-07-01
Polar britannique, sur la désagréagation d'un gang de petits malfrats. Avec l'indispensable tube anglais en B.O., et le gros arrière plan politique amené à la louche. Histoire quand même sympa et suffisemment tordue, mais globalement, ce n'est pas extraordinaire. Robert Carlyle est pas mal.
Encore un film à voir en vidéo, en fait.
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1998-07-01
Beau film sur la tragédie tibétaine, à l'opposé d'un traitement "hollywoodien". Un film sans stars qui prend le temps, qui installe un rythme, une respiration très particulière. Le contraste avec Casino montre à quel point c'est un maître.Et on sent un tel souci d'honneteté, de respect de Scorcese pour son sujet. La fin du film, qui montre la fuite du Dalaï Lama, est la plus belle partie du film. Presque plus de paroles, rien que des images et visions superbement montées, avec la musique de Philip Glass.
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1998-06-01
Toujours aussi fabuleux. Quand on pense que le producteur avait voulu couper la fin.... Il faudrait que je revoie "12 monkeys" que je n'avais pas trop aimé (paradoxalement trop riche)

Et cette fois-ci, je crois que j'ai bien reconnu tous les coins de Marne-la-Vallée... Revu le 15/1/2000

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1998-06-01
Le dernier film vu à la fête du Cinéma de cette année. Superbe. Applaudi à la fin du film (ça doit être quasiment la seule fois où j'ai vu ça cette année). Un film de S-F qui ne ressemble pas à un film de S-F. Une société d'un fascisme ordinaire basé sur la discrimination génétique, ou comment accomplir ses rêves quand on n'est pas un surhomme.
Des décors glacés et racés, avec une ambiance très particulière et omniprésente, la lumière, les couleurs et la mise en scène complètement maitrisés. Et les acteurs sont impressionnants (Ethan Hawks qui joue Jérôme et Vincent, avec un petit côté Jeremy Irons), Uma Thurman splendide en blonde psychorigide qui se fissure peu à peu. J'ai adoré.
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1998-06-01
Un film "jeu de massacre". Le principe est simple: toujours plus fort, toujours plus loin. On commence avec une bonne petite famille bourgeoise, on rajoute un rat, un come-out, un suicide raté, des tentations SM, une bonne complètement nympho et délirante, et on observe le résultat. Pas très fin, mais plutôt amusant. O-sons !
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1998-06-01
Excellent film ! Un indécis pathologique qui invente des stratégies particulièrement alambiquées pour parvenir à ses fins. C'est surprenant, léger, un peu délirant, hilarant, avec des trouvailles dans tous les sens (aaah, la drague à la prise de sang), des clins d'oeils (faire diner les personnages dans le restaurant de Tintin dans le Spectre d'Ottokar, il fallait y penser..). Il ne reste plus qu'à en faire de la pub... Mais pourquoi ont-ils choisi un titre si peu accrocheur ? Versailles Chantier tout court aurait été bien mieux, d'ailleurs...
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1998-06-01
Aaah, un film de S.F. L'idée est plutôt originale, et il y a une ambiance très particulière, mais le tout est traité d'une manière un peu lâche. Le meilleur personnage est sans doute la ville, et les plans qui montrent les transformations de celle-ci sont splendides. Dommage que quelques scènes cassent un peu l'effet (le vol assez ridicule des créature et la confrontation finale, vraiment trop "action"). Tout le début du film (en fait, jusqu'à ce qu'on commence à comprendre) est excellent. Et il y a Riff-Raff du "Rocky Horror Picture Show" qui joue dedans.
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1998-06-01
Déjanté. Ressemble un peu à Arizona Junior côté caricature de beaufs embarqué dans une histoire qui dérape. Les seconds rôles sont assez savoureux: John Turturro, en hispanique outrancier, Steve Buscemi, souffre-douleur quasi-muet. Il y a quand même des moments ou les "trucs" de mise en scène deviennent un peu des recettes de cuisine. Ca fait un peu inégal, un peu foutoir, un morceau de bravoure par ci (le "style" de peinture de Maude, la chasse à la voiture), une scène un peu bâclée par là, mais alors qu'est-ce qu'on rigole...
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1998-06-01
Film vu un peu par défaut (je voulais aller voir Butcher Boy, qui était déprogrammé à l'improviste et que je n'ai toujours pas vu). Petit film sur un architecte italien qui va clore un héritage en turquie et qui se prend à restaurer un vieux bain turc. Un film qui fonctionne énormément sur l'ambiance et le rythme d'Istanbul. On entre dedans ou pas (peu dans mon cas). Joli scénario avec des destins finalement croisés et un personnage complètement divisé entre deux cultures, deux sexualités, deux langues...
Luc Schuiten et Benoît Peeters

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1998-05-01
Soirée "Les Cités Obscures" au à propos du cycle de B.D. (Urbicande, Brüsel, Nogegon, etc..). En présence de François Schuiten et Benoit Peeters.Au programme, 20 minutes de petites séquences en images de synthèse "Les Quarks", sur des sortes de bestioles-objets. Absolument splendides et pliant de rire.
Ensuite, un "documentaire-fiction": le "Dossier B", qui explique les errements de l'urbanisation de Bruxelles par l'influence de ville "parallèle" Brüsel des Cités Obscures. Très drôle. Cela m'a fait penser à ces "faux documentaires" qui passaient de temps en temps sur Arte le samedi soir, à propos de prétendus phénomènes extrasensoriels.
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1998-05-01
Le long métrage: "Taxandria", de Raoul Servais. Film mixte animation / acteurs, sur une sorte de ville totalitaire dessinée par François Schuiten. Très beau, un peu surréaliste. Miam. Malgré un happy end un peu fleur bleue.
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1998-05-01
Un peu déçu, j'y prefère encore Pulp Fiction et surtout Reservoir Dogs.Bien appuyé sur les marques de fabrique: la musique, forcément très années 70 et avec des goupes complètement inconnus, les effets visuels (la carte dessinée), la reprise de la scène du supermarché, le dialogue déjanté mais un peu attendu. Choses plus positives: Robert Foster, De Niro, et surtout Michael Keaton, excellent en flic speedé, et aussi quelques très belles scènes (le mouvement de grue dans la scène de la mise dans le coffre). Maturité peut-être, mais il n'y avait pas besoin d'être ennuyeux pour autant...