Trois coups de pinceaux : le suicide de Stephan Lux à la Société des Nations, une fanfare nazie dans une rue, une jeune fille handicapée qui sourit avec confiance à ses bourreaux. Et puis, mais qu'est-ce que cette farce ? Nous voici dans un amphithéâtre d'élèves-officiers du régime nazi, en train d'écouter leur professeur en chimie leur enseigner l'utilisation du gaz prussique dans la lutte contre le typhus et autres vermines. Dans une atmosphère policée mais cordiale, il met en garde ses élèves contre les dangers du gaz, à n'utiliser que dans des casernements hermétiquement clos et en respectant scrupuleusement les consignes d'utilisation.
Et pourtant, cet homme, Kurt Gerstein, est sincère : il veut servir son pays en protégeant les troupes de la Wehrmacht qui sont sur le front Est. Le voici ébranlé aux obsèques de la jeune fille dont la famille n'a reçu que des cendres : sa nièce qu'il aimait tant n'est pas la seule à être morte soudainement, et les rumeurs courent que l'État nazi élimine ses « citoyens improductifs ». Mais les « excellences là où il n'a pas de compétences » de Gerstein lui offrent une promotion terrible : les responsables des camps de la mort exploitent ses connaissances dans la chimie de l'acide prussique pour améliorer le rendement des camps de la mort. Il découvre que là où lui désignait sous le terme « d'unités à désinfecter » les casernements de soldats, ses nouveaux collègues signifient les Juifs, les Tziganes et tous les déportés qu'ils exterminent en masse...
Il est envoyé en mission à l'Est, où sa vie bascule. Pour une dernière fois, il a l'occasion de faire une démonstration de l'action bénéfique de « son » gaz pour rendre l'eau infecte, mais potable, avant de se retrouver l'un des rares témoins de l'agonie des déportés dans les chambres de la mort, dans un camp géré par un médecin cynique et sans moralité qui s'amuse de voir Gerstein se débattre contre l'horreur. Commence alors une course contre la montre, rythmée par les trains qui convoient les Juifs, trains prioritaires que rien n'arrête. Gerstein cherche à prévenir, rencontre un diplomate suédois, et surtout un prêtre catholique, mais les rares qu'il parvient à convaincre ne sont alors, à leur tour, pas entendus. Le prêtre tente tout pour obtenir une audience auprès du Pape, mais ce dernier ne trouvera à protester que lorsque les nazis en seront à arrêter les Juifs convertis de Rome. Les amis allemands de Gerstein s'insurgent, incrédules, contre la véracité d'une telle barbarie, ou bien préfèrent se résigner. Gerstein croise un Eichmann, un fonctionnaire zélé s'occupant de convoyer efficacement les trains de « marchandises » sans se soucier de leur contenu, il produit au Vatican une carte des camps de concentration, en vain. Le prêtre est rongé par son impuissance, Gerstein tente de faire détruire des chargements de Zyblon B en les déclarant éventés lors du transport, ou en en livrant de moindre qualité, soulevant l'acrimonie des SS gérant les camps. Maigres effets face à la machine de mort que jamais les bombardements alliés n'ont troublée. Désespéré, le prêtre monte volontairement dans un train de la mort, pour être envoyé par le médecin cynique dans les équipes de nettoyage des chambres à gaz, avant d'y finir. Et Gerstein, muni d'une valise de preuves, de factures et de cartes, se rend aux alliés, auxquels il rédige un long rapport, encore en vain, puisqu'il se retrouve incarcéré par les dénazificateurs.
Le film s'achève sur trois tableaux amèrement ironiques : un déporté dubatif face à la soutane qu'il vient de trouver dans la pile de vêtements des gazés, un officier français qui lève à peine un sourcil à la nouvelle du suicide par pendaison de Gerstein, dans sa cellule, et le médecin nazi qui trouve secours auprès de l'Église romaine pour s'exiler en Argentine.
Trois coups de pinceaux : le suicide de Stephan Lux à la Société des Nations, une fanfare nazie dans une rue, une jeune fille handicapée qui sourit avec confiance à ses bourreaux. Et puis, mais qu'est-ce que cette farce ? Nous voici dans un amphithéâtre d'élèves-officiers du régime nazi, en train d'écouter leur professeur en chimie leur enseigner l'utilisation du gaz prussique dans la lutte contre le typhus et autres vermines. Dans une atmosphère policée mais cordiale, il met en garde ses élèves contre les dangers du gaz, à n'utiliser que dans des casernements hermétiquement clos et en respectant scrupuleusement les consignes d'utilisation.
Et pourtant, cet homme, Kurt Gerstein, est sincère : il veut servir son pays en protégeant les troupes de la Wehrmacht qui sont sur le front Est. Le voici ébranlé aux obsèques de la jeune fille dont la famille n'a reçu que des cendres : sa nièce qu'il aimait tant n'est pas la seule à être morte soudainement, et les rumeurs courent que l'État nazi élimine ses « citoyens improductifs ». Mais les « excellences là où il n'a pas de compétences » de Gerstein lui offrent une promotion terrible : les responsables des camps de la mort exploitent ses connaissances dans la chimie de l'acide prussique pour améliorer le rendement des camps de la mort. Il découvre que là où lui désignait sous le terme « d'unités à désinfecter » les casernements de soldats, ses nouveaux collègues signifient les Juifs, les Tziganes et tous les déportés qu'ils exterminent en masse...
Il est envoyé en mission à l'Est, où sa vie bascule. Pour une dernière fois, il a l'occasion de faire une démonstration de l'action bénéfique de « son » gaz pour rendre l'eau infecte, mais potable, avant de se retrouver l'un des rares témoins de l'agonie des déportés dans les chambres de la mort, dans un camp géré par un médecin cynique et sans moralité qui s'amuse de voir Gerstein se débattre contre l'horreur. Commence alors une course contre la montre, rythmée par les trains qui convoient les Juifs, trains prioritaires que rien n'arrête. Gerstein cherche à prévenir, rencontre un diplomate suédois, et surtout un prêtre catholique, mais les rares qu'il parvient à convaincre ne sont alors, à leur tour, pas entendus. Le prêtre tente tout pour obtenir une audience auprès du Pape, mais ce dernier ne trouvera à protester que lorsque les nazis en seront à arrêter les Juifs convertis de Rome. Les amis allemands de Gerstein s'insurgent, incrédules, contre la véracité d'une telle barbarie, ou bien préfèrent se résigner. Gerstein croise un Eichmann, un fonctionnaire zélé s'occupant de convoyer efficacement les trains de « marchandises » sans se soucier de leur contenu, il produit au Vatican une carte des camps de concentration, en vain. Le prêtre est rongé par son impuissance, Gerstein tente de faire détruire des chargements de Zyblon B en les déclarant éventés lors du transport, ou en en livrant de moindre qualité, soulevant l'acrimonie des SS gérant les camps. Maigres effets face à la machine de mort que jamais les bombardements alliés n'ont troublée. Désespéré, le prêtre monte volontairement dans un train de la mort, pour être envoyé par le médecin cynique dans les équipes de nettoyage des chambres à gaz, avant d'y finir. Et Gerstein, muni d'une valise de preuves, de factures et de cartes, se rend aux alliés, auxquels il rédige un long rapport, encore en vain, puisqu'il se retrouve incarcéré par les dénazificateurs.
Le film s'achève sur trois tableaux amèrement ironiques : un déporté dubatif face à la soutane qu'il vient de trouver dans la pile de vêtements des gazés, un officier français qui lève à peine un sourcil à la nouvelle du suicide par pendaison de Gerstein, dans sa cellule, et le médecin nazi qui trouve secours auprès de l'Église romaine pour s'exiler en Argentine.