MindFood
Chavi Kinonotes

    rss ics

Avec par ordre alphabétique
***
2001-07-08
Petit film asiatique fort bien ficele, Betelnut Beauty est une petite friandise douce-amere. Un histoire joli d'amour qui tourne absurdement au drame: "deux jeunes paumés s'aiment dans un monde de brute" pourrait resume le film, mais si le theme est classique, la narration est de fort bonne facture. La realisation, de son cote, est propre et efficace. Bref, rien de d'innovant, ni de dejanté, mais un tout solide et bien ficele qui est agreable a voir.
***
2001-07-05
Timecode est basée sur un principe simple: quatre cameras en plan sequence. L'ecran est divisé en quatre et l'on suit donc les quatres actions en parallele, seul les nuances de volume entre les quatres bande-son effectuent la focalisation sur une des actions. Une fois de plus on retrouve le principe des histoires paralleles qui se rejoigne. Malheureusement, le scenario est un peu faible, pour ne pas dire "sitcomesque", mais les personnages sont suffisament farfelues pour rendre le tout distrayant. Dans l'ensemble se film ressemble plus a un effet de style qui eu mieux trouve sa place dans le format d'un court metrage, ou eu merite un scenario plus appronfondie pour veritablement tenir la longueur. Neanmoins, le resultat est agreable a regarder si on maitrise confortablement l'anglais: le sous-titrage est l'un des pires que j'ai jamais vu ne sachant pas se depatouiller des quatres bandes sons simultanees.
*****
2001-05-27
Quelques annees plus tard "Apocalypse Now" nous revient sous une forme refondue er ralongée. Au passage du 21ieme siecle, ce classique n'a rien perdu de sa force et a meme gagner en profondeur au passage. Seule la nouvelle duree pourrait faire peur: 3h20! Mais non, l'ensemble reste un bloc compacte et captivant. Realisation sublime, musique envountante pour ce periple initiatique ou l'on penetre petit a petit au fin fond de la jungle cambodgienne comme au fond de l'ame des protagonistes. Une remontée lente et rigoureuse vers les trefonds sauvages et indomptés. A voir (ou revoir) absolumment!
****
2001-05-23
Pierre Carles, le trublion de la télé, nous offre un long film documentaire sur Pierre Bourdieu, sociologue membre du Collége de France et sans doute le plus interessant a l'heure actuelle. Ce documentaire a été réalisé sur 3 ans, on y suit Bourdieu dans ses bureaux, ses conférences, interviews, etc... Petit à petit, on y decouvre le personnage et surtout ses idees... Pas seulement les siennes d'ailleurs, mais aussi celles des gens qui travaillent avec lui, on decouvre un peu cette science humaine qu'est la sociologie. Et surtout, on s'interesse au contenu des discours, on se prend a vouloir en savoir plus, toujours plus... Malgres les quelques 2h30 de durée du film, on en sort avec la faim au ventre, comme si on vous avez ouvert l'appetit intellectuel sans le combler... On en demande encore, devinant que ce qui vous a ete presente n'est qu'une infime partie de ce qui a pu etre enregistré durant les trois années du travail de Pierre Carles.
*****
2001-05-21
La derniere petite merveille de Jean-Pierre Jeunet: le conte de la jeune "Amelie"... Une histoire merveilleuse et pleine de poesie ou une jeune fille apprend a rendre les gens heureux et surtout etre elle-meme heureuse, a avoir le courage de ses sentiments et arreter de fuir ses problemes dans ceux des autres. Bien evidement, la mise en image est somptueuse, la musique signée Tiersen aussi, Amelie un petit bout de femme charmante et reveuse a souhait. Bref, tous les elements sont regroupes pour faire un beau film, et il arriva ce qu'il devait arriver, c'est un beau film dont il s'agit... Un peu decevant cependant, une partie de la magie serait-elle partie avec Caro? Ou plus simplement, est-ce juste la difficile comparaison avec les films precedents ? Un peu des deux certainement...
****
2001-05-06
Un nouveau Soderbergh, un nouveau style, un nouveau genre: un policier conté d'une maniere typiquement americaine, par tranche d'histoires paralleles qui vont convergentes. Une mise en image qui par des differences de tonalités permet de se reperer dans ses histoires paralleles dont le lien est au depart tres flou. Un scenario bien ficele qui conduit l'intrigue jusqu'a son terme, seules ombres au tableau: un parallelisme des histoires trop long qui entraine une baisse de rythme vers le milieu du film ( et une perte d'attention du spectateur ), certains personnages un peu trop cliché parfois. Neanmoins, ce film n'en reste pas moins un excellent polar par sa construction et sa mise en scene...
Stephen Frear

***
2001-05-02
Une famille catholique dans une ville anglaise en pleine crise... Des immigrés irlandais et des patrons juifs... Et c'est la porte ouverte aux demons du fascisme... Liam, le petit dernier de la famille, regarde le monde et s'effraie des demons qui sont agités devant ses yeux: les demons de l'eglise (les péchés, l'enfer), la derive fascite de son pere devenu chomeur, les tensions au sein de la famille... Ceci dit, rien de nouveau sous le ciel terne de l'angleterre, un bon film qui se rapproche de certains films de Ken Loach mais en plus gentil. Allez! a voir plutot comme un conte social qu'une vraie critique. Surtout pour le petit gamin qui tient le role principal et qui est absolument adorable...
Kim Ki-duk

***
2001-05-01
Un lac... Des bungalos flottants... Une tenanciere austere mais peu farouche... Des hommes qui vont et viennent le temps d'un week-end s'echappant de leur famille pour la peche et parfois aussi quelques demoiselles peu farouche... Un nouvel arrivant different fait basculer ce petit univers tranquille... L'histoire d'un amour extreme, un "je t'aime moi non plus" violent et implaccable vecu jusqu'au trefond de la chair... Une fuite en avant implaccable agrementée d'une esthetique joliment léchée. Est-ce suffisant cependant pour en faire un bon film ? L'image est parfois un peu trop crue et manque un peu dramatisme, mais il reste cependant etonnant, impressionnant...
***
2001-04-23
Allez hop, encore un petit tour fantasmatique dans le cinema gay.Ici, on part pour Lisbonne a suivre un jeune homme a la sexualite vancante au gres des rencontres. Eboueur, il parcourt la ville de nuit, fait des rencontres jusqu'a ce qu'il croise un jeune homme qui l'hynoptise. Mais celui demeure desesperemment inaccessible et c'est le debut d'une chute dans le desir inassouvi et le fantasme... Une etude du basculement du desir dans la folie. Un film legerement derangeant, rien n'est adouci, poetique. Les personnages sont perdus au milieu d'une vie dure et morne, contraints au glauqe pour faire semblant de l'egayer... Un film sur l'extremisme du fantasme avant tout...
Isao Takahata

*****
2001-04-21
Raaaaaah... A voir absolument... Un dessin animée empli de poesie qui nous conte la vie d'un famille japonaise contemporaine. Drole, ironique, tendre et d'une universalite incroyable... Un petit bijou aux personnages adorables et haut en couleur. Un petit plaisir simple qui met le sourire aux levres...
*****
2001-04-21
Je ne sais si ce film est visible en France, je l'ai decouvert dans un cine-club de Dresde. Mais si vous avez l'occasion, courrez-y vite, c'est un petit morceau d'antologie. Nous sommes a quelques jours de l'eclipse annoncant la fin du monde, un homme etrange sur le bord d'un autoroute et c'est le grand saut dans une histoire fantastique, pleine d'esoterisme et d'humour. Les amateurs apprieront avec delectation les nombreuses references de realisation au cinema expressioniste allemand et en particulier a Fritz Lang (special hint "Die mude Tot"). Un film anglais frais, inventif, drole, absurde et poetique: une petite delectation pour cinephiles...
***
2001-04-21
Encore un film japonais, decidement les distributeurs nous gatent... La, on a un film violent, fantasmatique, entre le Kitano des debuts, le Wong Kar Wai de "fallen angels" et le film gore... Un curieux melange pas toujours tres heureux mais interessant. En tout cas, un preuve de plus de la creativite et de la liberte du cinema japonais. A voir par curiosite si l'on a pas peur de l'hemoglobine...
Hideo Nakata

***
2001-04-17
Un film qui a subit une forte campagne publicitaire: le "scream" japonais... Le seul point negatif, c'est que c'est le plus mauvais films fantastiques japonais qu'il m'ait ete donne de voir depuis un an. C'est neanmoins un bon film de genre, mais tres loin derriere de ce qu'a pu nous offrir le cinema japonais en la matiere et en particulier Kioshi Kurosawa...
****
2001-04-15
Encore un petit delire du cinema americain independant... La derive d'une mere qui ne comprend pas les errances de son fils qui vit a son crochet. Elle se refugie dans la contemplation passive d'emissions televisées. Jusqu'au jour ou elle recoit un coup de fil lui faisant miroiter la possibilite de participer a son emission favorite... A partir de la, elle s'enfonce dans ce reve, jusqu'a ce qu'il en devienne un fantasme mortel... La realisation nous plonge dans un monde de fantasmes hallucinatoires, des images impressionantes et travaillées... Parallelement, on suit la decente du fils et de son amie dans les extremes de la dependance a la drogue: des mirroirs de l'argent facile a la déchéance absolue... Un film déjanté et cru, fort et dérangeant... Une petite hallucination glauque made in US... A voir! Qui sait peut-etre verrez-vous votre frigo differement ensuite ?...
***
2001-03-23
La difficulté de convertir une liaison de passage en une veritable vie a deux. Un amour physique en sentiments... Mais ne risque-t-on pas de tout perdre ? De casser le mince fil qui reunit un instant deux personnes une fois par semaine... Une relation montrée cruemment, a la limite de l'agicheur parfois comme dans la scène introductrice. Un film plaisant dont on se demande si la conclusion n'est pas qu'un libertinage vaut mieux que deux tu l'auras...
***
2001-02-16
Je serai assez mitigé sur ce film qui est au demeurant fort agréable. Kenneth Branagh n'en est pas a sa premiere adaptation de Shakespeare, et, dans celui-ci, il redevient un peu potache, eleve de cours d'art dramatique. Cette adaptation est fort distrayante, pleine de petites inventions de mise en scene: certaines typiquement theatrales, d'autres purement cinematographiques. Le théatre de Shakespeare meme dans ces pieces les plus legeres possede ce genie incomparable de se laisser malmener par toutes les mises en scene sans perdre de sa force: la comedie musicale est plutot une forme qui convient a l'histoire de "Peines d'amour perdues". Du point de vue d'un spectateur de salles obscures, ce film peut sembler brouillon, voire amateur, et il n'est certainement pas la meilleure adaptation de Branagh. Mais ceux qui auront un jour approche le theatre amateur et participe a une tentative shakespearienne retrouveront dans ce film des airs deja-vu, ou plutot de deja-vecu. Branagh aurait-il eu une nostalgie de ses annees de jeunesse ou a-t-il voulu faire un clin d'oeil a des generations de comediens en herbe qui ont vecu (et vivront encore) l'euphorie des pieces du divin anglais ?
****
2001-02-15
Ozon! Ozon! Osons un nouveau film de ce realisateur atypique! Osons aussi le retour d'une actrice loin des toiles depuis un certain temps: Charlotte Rampling! Rien a dire sur une réalisation de tres bonne facture, si ce n'est que petit a petit ce réalisateur devient ma coqueluche dans le cinema francais. Sautant d'un Bernard Giraudeau pederaste a une Charlotte Rampling perdue dans les mirages de son desespoir, ses films s'enchainent sans se ressembler. Un point commun peut-etre sa maniere de filmer l'amour charnel... Mais la n'est pas la question, la question est dans le refus de la reponse. On dit que l'amour rend aveugle mais peut-il rendre extralucide ? Une des finesses du film est de savoir entre-ouvrir les portes sans les ouvrir en grand, suggerer plutot que devoiler. Le spectateur n'y gagnerait certainement pas a percer les regards delave de Charlotte Rampling pour acceder a son ame. En tout cas, ce film m'a donne envie de lire. De lire Virginia Wolf et "Le lys dans la vallee"...
***
2001-02-13
Mankiewicz nous entraine dans un conte tragi-comique ou brille une Ava Gardner etincellante. C'est sans grande pretention, des dialogues qui relevent le scenario pas trop gentillet (mais, bon, Cendrillon, c'est Cendrillon!), une realisation de bonne facture. Rien de bien exceptionnel, mais au total un bon petit film vieillot et mignon (meme si la fin est triste, si! si! snifff...) comme on les aime, et une actrice principale: "Raaaaaaaaaaaaah! Lovely!!!"
****
2001-02-03
Le titre de ce film fait reference a l'oeuvre de Couperin, autant dire que ce film est baroque. Non pas grandiloquent mais profondement ancré dans l'art baroque, il porte aux travers d'un parcourt dans les oeuvres des grands peintres de l'epoque de la Hollande a Naples, a la découverte de l'atmosphere qui impreigne ces peintures, de leurs lumière, leurs ombres et des corps nus qu'elles representent. Des corps sublimes, transfigurés, des corps d'hommes... Car ce film se classe dans la categorie des films gay... Bref, un film atypique sur tous les points. On y suit le parcours d'un homme passionné de peintures, fuyant la realité dans les musée, incappable d'aimer le vivant, n'eprouvant de sentiments que devant les oeuvres de ces artistes, errant au grés d'amours physiques ephéméres. Tres esthetique, reussissant le tour de force de ne pas se laisser enfermer sous l'etiquette de simple film gay, une porte ouverte dont j'espere qu'elle decouvrira de nouveaux horizons.
***
2001-02-01
Les malheurs et les frasques d'une Sophie italienne en proie au mechant monde des producteurs, du star-system, à ses demons, à un romantisme violenté et quelques substances illicites. Cela aurait pu etre un film de Gregg Araki dans la lignée de Nowhere: un énorme clip déjanté et décadent. Mais ca grippe, ca coince, le coté "sex, drugs & rock'n roll" n'est pas si rock'n roll que ca: il contient un cri de detresse, une angoisse qui laisse mal a l'aise comme un lendemain d'abus de paskitanaise. Comme il est d'usage, le cote bassement humain n'est pas en reste, et l'on se prend parfois a confondre l'heroine avec une certaine Justine... Bref, ce film rassemble des ingredients attirants tant dans le scenario que la realisation malheureusement, l'ensemble reste brouillon, la realisation parfois facile. C'est un premier film soyons indulgent.
*****
2001-01-30
Jarmush encore et toujours dans un univers monochrome et insolite: les grands espaces americains. Une photographie travaillée et une musique somptueuse de Neil Young... On se laisse porter par ce film envoutant qui nous conte un voyage initiatique, un quete de soi. Les personnages secondaires y sont teintés d'un folklorisme matiné qui n'est pas sans rappeler les plus subtiles sketches des Monty Python. Allez soyons fou et qualifions ce film de quasi-shakespearien: un personnage central qui porte dramatiquement le poid de son destin et autour les personnages secondaires qui allègent la narration sans en detendre la tension. Jarmush nous coince entre Shakespeare, Jack London et son propre talent pour notre plus grand plaisir. Surtout, il nous permet enfin d'aller voir un western l'ame tranquille en clamant qu'il s'agit d'un film d'auteur.
***
2001-01-19
Peut-on discourir sur la parole sans parler pour ne rien dire ? Ce film qui s'introduit par cette pretention est loin de fournir une reponse satisfaisante. Réalisé par la compagne d'un Godard qui traverse, plutot survole le film comme un ange éthéré qui regarderait les hommes s'agiter, ce film est avant tout un film d'amateurs souhaitant se distraire, amateurs nostalgiques de la Nouvelle Vague dans ces retranchements intellectualistes. Le vieux sage Godard vaque de fauteuils en cuir en canapés confortables, autour de lui, deux femmes s'agitent, parlent et partent en longues tirades existentialistes. Finalement, ce petit film est un petit plaisir mondain que l'on s'offre au meme titre que le carré de chocolat au gingembre avec le champagne.