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Fred Kinonotes

    Un tube de Nestlé concentré sucré, un Mac et je suis heureux.
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Avec par ordre alphabétique
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2006-12-28
Utopia Avignon - Que dire qui n'ait pas été encore dit sur ce film ? Pas de doute, Borat est un film qui fait tous les efforts pour ne pas tomber dans la critique politiquement correcte de l'Amérique. On y va dans l'outrance assumée, et il faut reconnaître que ça fonctionne souvent, car grâce à ses provocations et son look incroyable, Sacha Baron Cohen fait ressurgir chez ses interlocuteurs une part, sans doute inavouable autrement, de leurs véritables modes de pensée. Pas la plus glorieuse, évidemment, mais sans doute l'une des plus révélatrices.
Mes bémols concernent essentiellement le mélange, rarement explicite, entre personnages "piégés" et personnages mis dans la connivence. Car la force du film tient plus à ses aspects "documentaires" qu'à sa facette fictionnelle. Reste qu'en dehors de ces aspects, le film est souvent très drôle, avec une mention spéciale pour la séquence la plus texane du film, qui force le respect.
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2003-10-29
Allez, un petit avis pour dire que je pense que je considère Anything else comme un excellent Woody, l'un des meilleurs depuis bien longtemps.
Tout d'abord, une petite précision pour Kali, la narration à la première personne était déjà présente dans Annie Hall.

L'originalité de ce Woody ne réside pas dans sa forme, certes très proche d'Annie Hall ou de Manhattan, mais plutôt dans la dualité qu'il crée entre les deux personnage de Jerry et celui de Dobel (dont le nom ne nous cache pas qu'il est conçu comme un "double" vieilli du premier, impression confirmée par l'anecdote du taxi).

Le film - en utilisant habilement des éléments connus dans les précédents films du cinéaste - part pourtant dans une direction moins explorée jusqu'à présent. Plus qu'un mentor, Dobel est une sorte d'apparition pour Jerry. Il jouera à la fois le rôle de guide - en lui ouvrant les yeux sur ses erreurs, en lui montrant que sa vie est en train de s'engager dans une impasse - et de repoussoir, par ses accès paranoïaques (ici, il ne s'agit plus d'humour comme dans Annie Hall mais bien de névroses dangereuses).

Ainsi Dobel joue - tel le fantôme des Noël passés du Conte de Dickens - un rôle de catalyseur pour engager Jerry à reprendre sa vie en main, à éviter la dérive. Cette dimension de conte n'est pas involontaire, selon moi, car elle trouve un écho visuel dans la dernière apparaition de Dobel sous le pont, véritable arche menant sur une forêt presque irréelle. Dobel apparaît de nulle part et repart tout aussi subitement. Il est plus une projection de la conscience de Jerry qu'un simple ami. C'est par cet artifice que le cinéaste aborde ainsi la question des choix, la nécessité de garder le contrôle sur sa vie sans se laisser mener par faiblesse ou sentimentalisme.

Je pense qu'Anything Else est un film encore sous-estimé et j'espère qu'il prendra avec le temps la place qu'il mérite au sein de la dense filmographie du prolifique et décidément toujours talentueux réalisateur new-yorkais.

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2002-09-18
Bon, j'ai quand même fini par voir ce film en profitant d'une sortie DVD à prix modéré.
Pour ma part, je pense que cet impression bizarre de "vide" derrière toutes ces séquences hallucinatoires est un effet voulu par Gilliam. En tous cas, je l'interprète comme une manière de faire revivre l'ambiance de cette période particulière qu'était le début des années 70. L'Amérique, comme une grande partie du monde à ce moment-là, entamait la gueule de bois des seventies. Pour moi, les deux personnages montrent le désarroi qui a pris peu à peu la place du grand espoir des sixties : le flower power qui perd du terrain, les "paradis artificiels" qui virent plus souvent au cauchemar qu'au monde idéal (mauvais trips en cascade, parano galopante, sans parler du Dr Gonzo qui passe la moitié de son temps à gerber ou à agiter son couteau et son flingue).
Et de l'autre côté, pas d'alternative claire à l'Amérique de Nixon, conservatrice et catho. Las Vegas est un cadre parfait pour se permettre ce genre de contraste, ce melting-pot où la démesure et l'esbrouffe cotoient la richesse BCBG dans les hôtels de luxe.

Et sur ce fond de critique sociale, il faut avouer qu'on rigole bien en suivant nos deux olibrius dans leurs successions de mauvais plans (mention spéciale pour la fille qui peint des portraits de Barbra Streisand). On est certes loin d'une réussite comme Brazil, mais je pense que c'est un travail d'adaptation qui colle parfaitement à l'esprit des bouquins de Hunter S. Thompson.

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2002-09-12
Compte-tenu de la genèse de ce film (initialement tourné pour être le pilote d'une série), on pourrait s'attendre à un rafistolage plus ou moins réussi. C'est donc une excellente surprise de constater à quel point la cohérence finale de l'ensemble est admirable.
Je tiens Mulholland Drive comme une des plus grandes réussites de Lynch. Certes, la structure reprend un principe proche de celui employé dans Lost highway mais elle sert ici un tout autre propos. Là où Lost Highway ne se prononçait pas quant aux deux réalités opposées, Mulholland Drive propose dans sa deuxième partie une interprétation sensiblement plus explicite, limitant ainsi les possibilités d'interprétation.
[Attention: la partie suivante suppose que vous avez déjà vu le film]
En contrepartie, l'enchevètrement des indices est plus subtil : Ce ne sont plus les personnages mais les objets qui font la jonction entre les deux histoires (le téléphone de Diane, l'abat-jour ou le titre du film d'Adam), ce qui complique singulièrement le travail de reconstitution en le faisant en partie reposer sur des éléments accessoires. Reste la clé, élément essentiel puisqu'il permet de reconstruire une trame temporelle, qui est judicieusement mise en avant.
Au final, là où Lost Highway mettait en place des éléments excluant toute cohabitation des scenarii, la structure de Mulholland Drive en fait un puzzle brillant et complexe, mais dont une interprétation linéaire demeure possible.

Mais, loin d'être un simple exercice de forme, le film reprend d'autres thèmes chers à Lynch. Le parcours de Betty/Diane s'inscrit ainsi dans la continuité de celui de Jeffrey dans Blue Velvet et de Laura dans Twin Peaks - Fire walks with me. Une fois de plus, Lynch fait opérer à son personnage un plongeon au coeur des séduisantes lumières de l'Amérique hollywoodienne, pour le guider jusqu'au coeur de l'ombre, au-delà des apparences. Ce passage se matérialise particulièrement bien lors de la découverte du corps de Diane, à l'intérieur du décor chaleureux de ces petites maisons (pour la petite histoire, la résidence en question a été construite pour loger les employés de Disney). Enfin, reste l'image d'une grande beauté formelle (ah ! le superbe plan de la rue après l'accident de Rita), la bande son formidablement aboutie, et la maîtrise habituelle de Lynch pour recréer des ambiances oniriques intemporelles (la scène du théatre, absolument épatante).
J'hésite toujours un peu à établir des classements définitifs entre les films, donc je me contenterai de dire que Mulholland Drive se rapproche à mes yeux de la plus belle réussite de Lynch à ce jour.

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2001-01-19
Ce film est une véritable synthèse de l'oeuvre de Lynch.
On y retrouve son art de filmer des intérieurs irréels et opressants (Eraserhead, Twin Peaks), son portrait d'une amérique proprette en surface cachant, tant bien que mal, les vices les plus tordus (Blue Velvet, Twin Peaks). Mais le film va (heureusement) bien au-delá des thèmes récurrents du réalisateur. Lost Highway frappe avant tout par sa structure même.
Ici, Lynch filme la déraison, mais il la filme de l'intérieur. Lost Highway raconte deux réalités qui s'affrontent et se contredisent. Mais ici, pas question de laisser au spectateur des repères qui lui permettraient de "rationaliser" l'histoire. Là ou The Wall d'Alan Parker laissait parfaitement distinguer une frontière entre réel et imaginaire, Lynch brouille délibérément les pistes. Ici les deux "réalités" paraissent toutes deux factices (un rêve jazzy d'un côté, l'amérique de James Dean de l'autre, une femme splendide dans les deux) comme si chacune avait sa part de réel.
Enfin, au final, même le temps ne peut servir de repère, l'histoire se referme comme une bande de Möbius, laissant le spectateur avec la même question que le personnage principal : "Quand suis-je passé de l'autre côté de la bande ?"

A voir, revoir, revoir, revoir, etc.

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1994-10-10
Ce film représente définitivement la dernière place de cinéma que j'aurai payé pour voir un film de Besson (on ne pourra pas dire que j'y ai mis de la mauvaise volonté).
Tout d'abord, l'histoire :
Gary Oldman dans le rôle du méchant (ça, c'est super-original) tue toute une famille pour des histoires de mafia dont on se branle, mais rate une des filles (Nathalie Portman) qui va se réfugier chez le voisin, Léon (Jean Réno), brave type dont le passe-temps est d'arroser une plante et de tuer des mecs au fusil à lunette. Du coup, les méchants veulent tuer la petite, et Léon va devoir la protéger.

Ça vous rappelle quelque chose ?
Normal, l'idée est un pompage (version neuneuland) du superbe Gloria de John Cassavetes. Comme quoi le meilleur peut engendrer le pire.

La première question qu'on est en droit de se poser, c'est "Comment distinguer les bons des méchants puisque Léon est un tueur ?"
Facile : Léon ne tue "ni femmes, ni enfants". Nous voilà rassurés ; le méchant, c'est celui qui bute tout le monde, le gentil c'est celui qui applique la peine de mort en fonction du sexe. Certes, vous aller m'objecter que Léon est sensé être con-con et que c'est pas ça l'important, etc, et vous aurez raison.
L'important, c'est que, dans Gloria, Cassavetes filmait la détresse de son héroïne, partagée entre sa peur de représailles et son amour maternel naissant pour ce gamin insupportable et pourtant si émouvant. Chez Cassavetes, on tremblait pour Gloria se révoltant la peur au ventre contre une logique de la mort pour l'exemple, Gloria si impuissante face à une machine impitoyable.
Alors que dans Léon, non.
Chez Besson, il semble plus intéressant de faire des travelings à toute vitesse, de filmer Jean Réno montrant á Nathalie Portman comment on monte un fusil á lunette (sur l'air de Venus as a boy de Björk ; ça doit être la sensualité selon St Luc Besson). Rassurez-vous, á la fin.les méchants vilains sadiques meurent avec des grosses explosions (mince, c'est un spoiler ?), Léon aussi (bis repetita) et j'ai encore perdu 33F (heureusement qu'il y a les tarifs étudiants).

En résumé, si vous avez le choix, allez plutôt (re)voir Gloria. Si vous n'avez pas le choix, prévoyez de la lecture.